Cameroun : 200 boutiques consumées au marché Congo de Douala

L’incendie qui s’est déclaré dimanche 24 février 2019 a ravagé deux grands secteurs de cet espace marchand et des maisons d’habitation.

« Il ne reste plus rien du marché Congo !!! » . Le jeune homme qui s’exclame en secouant la tête de gauche à droite, est médusé. Plusieurs minutes
qu’il est figé là, à regarder les flammes s’élever dans le ciel au-dessus de ce qui tenait lieu de boutiques et magasins au marché Congo de Douala, il
y a encore quelques heures. Le feu qui s’est déclaré peu après 1h30 ce dimanche 24 février 2019 a ravagé au moins 200 boutiques dans deux grands secteurs de cet espace marchand. Les premières victimes se comptent parmi les vendeurs spécialisés dans le textile, la mercerie et la bijouterie. Les boutiques construites le long de la rue en face du commissariat de sécurité publique du 3ème arrondissement ont été presque toutes rasées. Seuls quelques commerces y ont échappé.

Les commerçants recasés sur la chaussée entre la rue Pariso et l’avenue Bertaud à la suite de l’incendie du 03 au 04 juillet 2012 ont également vu
leurs échoppes partir en fumée. Les matériaux provisoires utilisés pour la construction de ces hangars ont plutôt servi de combustibles pour
amplifier la vitesse de propagation du feu. En lieu et place des commerces, il ne reste plus qu’une épaisse couche de cendres noires qui flotte au-
dessus d’une grande mare recouvrant la chaussée. Cette large nappe d’eau témoigne du combat acharné des sapeurs-pompiers pour circonscrire le
feu. A 11h30, trois camions d’eau sont encore stationnés à Congo. Les « soldats du feu » sont toujours à pied d’œuvre pour maitriser des foyers
persistants. L’ardeur des flammes a été telle que des maisons riveraines ont été consumées. D’autres immeubles léchés par le feu pompent encore
des flammes par les différentes ouvertures.

Des recasés sinistrés

Des badauds fouillent au milieu des braises ardentes pour tenter de récupérer de la ferraille ou autre objet recyclable. Les commerçants, impuissants, observent les colonnes de fumée qui résistent. Des traits de désespoir se dessinent sur leurs visages. «Il y a sept ans, mes deux boutiques ont été consumées dans un incendie qui a ravagé une partie du marché Congo. On nous a recasés ici sur la chaussée. Aujourd’hui, le feu a brulé mes deux boutiques de mercerie et l’immeuble où était logé le magasin dans lequel je gardais mon matériel » , déplore Odette Keumami, qui estime les pertes à plus de 10 millions F.Cfa. Fadimatou Ngoutanou, une autre sinistrée, a accouru immédiatement au marché lorsqu’elle a été alertée du départ du feu. Celle que l’on surnomme dans le coin « femme d’affaires » est si émue qu’elle est à peine audible. Elle n’a rien pu sauver de sa bijouterie.

Les pertes sont évaluées à 1,5 million F. Cfa.

L’origine du feu reste pour l’heure inconnue. On sait tout juste d’après des témoignages que les flammes ont été aperçues autour de 1h30 dimanche. Les jeunes riverains ont aussitôt essayé plusieurs actions à l’aide de seaux d’eau et de sable, en vain. Des camions d’eau de la gendarmerie nationale et du Corps national des sapeurs-pompiers ont ensuite effectué plusieurs tours sur les lieux, pour maitriser le feu. Mais le déploiement des « soldats du feu » a été freiné par le l’accès étroit et obstrué. «Il fallait déplacer des planches et casser certains étals pour faire circuler les camions qui ne pouvaient pas tous intervenir à la fois. Il fallait qu’ils interviennent à la chaine, les uns après les autres. Or si ça avait été de manière groupée, le feu aurait été vite circonscrit », a relevé Samuel Dieudonné Ivaha Diboua.

Travaux à l’arrêt

Le gouverneur de la région du Littoral, descendu sur le terrain pour s’enquérir de la situation, a indiqué qu’une enquête administrative et judiciaire a été mise sur pied pour déterminer les causes. Il a en outre affirmé qu’une organisation sera mise sur pied avec les commerçants pour évaluer le niveau des dégâts. Il s’agira ensuite de voir avec « la hiérarchie » ce qu’il y a lieu de faire. Des sinistrés, mécontents, déplorent l’arrêt des travaux de construction du marché ultra moderne annoncé à Congo depuis 2013, dont le chantier s’est arrêté au niveau des fondations. Et depuis lors, plus rien. Certains sinistrés proposent d’ailleurs que cette reconstruction soit attribuée aux commerçants.
Mais pourquoi le chantier de reconstruction du marché n’évolue –t-il pas ? Nsangou Mama, le coordonnateur principal de Congo fait savoir qu’un
partenaire privé, la Southwest International Construction Coporation (Sicc), avait gagné la construction de ce marché pour le transformer en un
équipement marchand ultra moderne. « Mais certains problèmes entre les promoteurs de cette structure ont fait que les travaux se sont presque
arrêtés juste au niveau des fondations spéciales. Nous avons porté nos remarques aux autorités compétentes. Peut-être que d’ici quelques temps
nous aurons à faire à un autre partenaire privé qui prendrait les choses en main. Parce que si ça avait été fait, nous ne serions plus à ce type
d’incendie » , explique-t-il.

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