Brume sur le Cameroun

Même les observateurs les moins avertis ont pu se rendre compte du profond changement qui s??est opéré dans la physionomie du climat yaoundéen. Depuis près de deux semaines, suite à une pluie diluvienne, un brouillard dense et épais s??est installé sur la ville aux sept collines. Le phénomène n??est pas véritablement inconnu, sauf que la période actuelle ne correspond en aucun cas avec ce qui a été observé les années passées. Il nous a fallu l??éclairage d??un spécialiste pour avoir des explications car selon nos sources, c??est l??ensemble du territoire qui est concerné et des scènes de panique auraient été observées du côté de Foumban et de sa

région où le phénomène est plus accentué.Selon le professeur Maurice Tsalefack, climatologue, expert en changement climatique, il n ya pas véritablement lieu de s??alarmer. Le brouillard observé serait en réalité de la brume plus connue sous l??appellation générique de « brume sèche ». Il s??agit de microscopiques particules de poussière en suspension dans l??air provenant de l??alizé du nord-est. En d??autres termes, le vent provenant de la zone sahélienne et plus connu sous le nom d??harmattan serait le responsable de cet état de chose. Le professeur précise que le phénomène est normalement observable durant la saison sèche et plus précisément entre les mois de décembre et de janvier. Sauf que nous sommes en fin mars et théoriquement, nous ne sommes plus ancrés en saison sèche !A cela, le Pr Tsalefack objecte que suite aux hivers longs qui ont été observés dans l??hémisphère nord, le FIT (Front Inter Tropical) a subi un mouvement tardif qui l??amène à se situer à 3° au dessus de notre pays alors qu??en cette période, sa position aurait dû être de 9°.Pour faire plus simple, disons que le front inter tropical est la surface de contact entre deux masses d??air nettement différenciées par leur température et donc leur densité. Cette zone de contact est en fait inclinée, l??air froid, plus dense, s??enfonçant en biseau sous l??air chaud, plus léger. Lorsque l??air froid venant du Nord rencontre l??air plus chaud du Sud, il se forme des dépressions. En traversant le Sahara et la zone sahélienne, cet air se charge de particules de poussière qui restent en suspension. Les violentes pluies observées avant l??installation de cette brume indiquent la violente confrontation de l??harmattan et de la mousson.Le phénomène selon le climatologue relève plus de la variabilité climatique que du changement de ce dernier. Les dysfonctionnements climatiques ainsi observées peuvent certes êtres rattachées au réchauffement de la planète, mais, selon Maurice Tsalefack, de tels phénomènes ont déjà été observés dans les années soixante dix.Devons nous avoir peur de la brume sèche ? Pas vraiment. Certes, cet air chargé de poussière et de pollen est susceptible de causer des désagréments aux personnes allergiques, mais grâce à l??état relativement propre de l??atmosphère au dessus de notre pays et au déplacement de la masse d??air stable du Jet Stream, les risques majeurs sont écartés. L??air ambiant n??étant pas saturé de pollution, la poussière se dépose et ne reste pas en suspension. Signalons néanmoins que les risques de méningite sont réels et les populations devraient prendre des mesures dans ce sens. Florian NGIMBIS, www.237online.com

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