237online.com

L'ouverture sur le Cameroun

Balthazar Engonga libéré : derrière le scandale, la guerre de succession en Guinée équatoriale

Balthazar Engonga – libération prison Guinée équatoriale 2025

Balthazar Ebang Engonga est libre. Après deux ans de détention à la prison de Black Beach à Malabo, le neveu du président équatoguinéen Teodoro Obiang Nguema a été relâché, dans un silence officiel assourdissant. Son affaire avait pourtant défrayé la chronique en Afrique et bien au-delà, en novembre 2024, quand des centaines de vidéos intimes tournées dans son bureau avaient inondé les réseaux sociaux.

Un scandale sexuel qui cache une lutte de pouvoir

Les faits, d’abord. Engonga dirigeait l’Agence nationale d’investigation financière de Guinée équatoriale quand il a été arrêté le 25 octobre 2024, accusé d’avoir détourné des fonds publics vers des comptes aux îles Caïmans. Quelques jours après son incarcération, entre 150 et plus de 400 vidéos intimes, selon les estimations, ont commencé à circuler sur Telegram avant d’envahir WhatsApp et les plateformes sociales.

C’est là que l’histoire devient autre chose qu’un simple scandale de mœurs.

Parmi les femmes filmées figuraient des épouses de ministres et de proches du président. Le vice-président Teodoro Obiang Mangue a ordonné aux opérateurs télécoms d’arrêter la diffusion dans les 24 heures, sans succès. Il a ensuite réclamé l’installation de caméras dans les bureaux gouvernementaux pour « lutter contre les actes indécents ». La séquence est étrange pour qui connaît un peu le régime.

Selon l’activiste équatoguinéenne Nsang Christia Esimi Cruz, basée à Londres et interviewée par le podcast BBC Focus on Africa, ce qu’on a observé, c’est « la fin d’une ère » et « une lutte interne » pour la succession d’Obiang, 82 ans, au pouvoir depuis 1979. Engonga, neveu du président et fils d’un haut responsable de la Cemac, était un prétendant potentiel. Un rival gênant, donc.

Libéré, mais dans quel pays ?

La Guinée équatoriale reste l’une des sociétés les plus fermées d’Afrique centrale. Pas de presse libre. Des opposants emprisonnés ou exilés. Des élections régulières qui ne changent rien. Le vice-président, condamné pour corruption en France et dont les biens ont été saisis dans plusieurs pays, se pose en pourfendeur des malversations. Le paradoxe ne semble gêner personne au sommet de l’État.

Pendant ce temps, les 1,7 million d’habitants du pays vivent en majorité dans la pauvreté, malgré des décennies de rente pétrolière désormais en déclin.

Engonga est donc libre. On ignore à ce stade les conditions exactes de sa libération et ce que deviennent les charges retenues contre lui. Rien ne confirme un abandon des poursuites.

Ce que l’affaire a révélé, selon Cruz, c’est moins un scandale sexuel qu’un « symptôme d’un système corrompu ». La maladie, elle, est ailleurs.

Ne manquez aucune actualite !

Google Suivez-nous sur Google Actualites

Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop

✍️ À propos de l'auteur
Jean-Paul Dzomo Nana
Jean-Paul Dzomo Nana

Journaliste pour 237online.com, Jean-Paul Dzomo Nana couvre l'actualité politique et diplomatique du continent africain.

📰 Voir tous ses articles →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *