Autochtonie-Allogenie en république: Mauvaise approche par une mauvaise élite

La grande lacune actuelle de cette réflexion vient de ce que le modèle politique occidental n’entrevoit pas le statut juridique des clans, tribus et Nations qui ont préexisté à l’avènement de l’Etat-nation.

Dans le modèle africain, toutes les communautés migrantes reconnaissaient ce statut juridique des clans et tribus avec des frontières reconnues et respectées (cours d’eau, tombes, arbres symboliques de rencontres des confréries comme l’essigan ou le fromager, etc.). Puis, ces communautés migrantes se retrouvaient dans le sénat local et autochtone de la tribu réceptrice, élargi pour les besoins démocratiques de la palabre aux chefs de toutes les communautés migrantes.

La gestion de la Cité cosmopolite était discutée collégialement, chaque communauté s’occupant du respect des institutions consensuellement admises par le biais de la loi fondamentale : Maât, l’ordre de l’Univers indépassable. Dans ce modèle africain, pas de vol, pas d’enfants de la rue, plein emploi, pas de prison, coopération et entraide, puis redistribution équitable des terres, organisation de la santé, mise place des infrastructures et de l’éducation, etc., par la fédération. Puis le modèle occidental est venu avec sa citoyenneté et son individualisme rationnel, gommant ainsi tous les acquis culturels.

Ensuite est venu le chaos : pauvreté, injustices sociales, enfants de la rue, prisons, violence de l’Etat, confiscation des pouvoirs avec les sous-préfets qui vendent toutes les parcelles aux bourgeois appelés citoyens, corrompent les chefs traditionnels, bradent les terres aux forestiers, bourrent les urnes.

Puis les Chefs de l’Etat organisent leur longévité avec l’aide de ses mêmes fonctionnaires, au nom de la démocratie occidentale. Même les pygmées, si savants, maîtres de la forêt dont la pharmacopée et la médecine auraient pu être porteuses d’un réel dynamisme de développement dépassant même l’Occident, ne bénéficient pas, avec les Mbororos, d’un statut spécial. De qui se moque-t-on? Notre élite copie tout, sans réfléchir. Elle répète inlassablement le maître. Elle adore l’odeur du maître.

Mbombog Mbog Bassong

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