Politique

Augusta Epanya: « Njawé a été le premier Dp à donner la parole à l’Upc »

Militante de l’Upc-Manidem, à Paris, elle raconte les luttes du fondateur du quotidien Le Messager, qui a ouvert ses colonnes aux activités du parti historique d’opposition aux différents régimes politiques depuis l’indépendance du Cameroun.

Quand on lui demande ce que lui invoque le nom de Pius Njawé, Augusta Epanya, militante de L’Upc-Manidem, à Paris, démarre au quart de tour. «Le nom de Pius Njawé, évoque pour moi, un homme courageux, debout, travailleur et audacieux, au-delà de son parcours parfois hésitant, oscillant entre le pouvoir établi et les forces progressistes, il a su trancher et faire son choix, se positionnant aux côtés des forces du changement, de ceux
qui luttaient contre une dictature féroce», soutient-elle. Elle explique: «Pius Njawé, a été le premier directeur de journal à permettre l’expression de l’Union des populations du Cameroun (Upc), relayant nos activités, couvrant le retour de nos dirigeants exilés en 1990, à une époque où l’UPC des fidèles, l’UPC révolutionnaire, aujourd’hui UPC-Manidem, était la seule à avoir maintenu la flamme de ce parti historique anti-colonialiste depuis deux décennies après l’assassinat du président Ernest Ouandié en janvier 1971». Un modèle à ses yeux. «Il a été un précurseur et a donné l’exemple. Nous ne pouvons oublier qu’il nous a donnés la parole au moment où tous les médias partiellement ou totalement inféodés au pouvoir, nous l’ont refusée».

Le sens du sacrifice

C’est aussi du combattant, militant engagé jusqu’au sacrifice, dont Augusta Epanya se rappelle. «Pius Njawé a su se positionner à des moments décisifs, il a su les relayer à travers Le Messager prendre des risques en relayant les mots d’ordre populaire, la Conférence Nationale à partir de 1990, “Biya must go”, la sortie du pamphlet de de Célestin Monga contre Biya. Le 27 décembre 1990 , ils sont tous deux arrêtés, ce n’est qu’après une vaste campagne à l’intérieur comme à l’extérieur pour obtenir leur libération, qu’ils furent libérés», dit-elle, appuyant: « Quelques années plus tard, Pius Njawé fera dix mois de prison de fin 97 à octobre 98 pour avoir révélé un malaise cardiaque de Paul Biya lors de la coupe du Cameroun de football, il n’a jamais révélé ni l’auteur de l’article ni la source qui avait donné l’information. Le Messager a relayé dans ses colonnes toutes les répressions organisées par le pouvoir néocolonial durant les villes mortes, en 2008 durant les émeutes de la faim et le tripatouillage constitutionnel. Il a su se faire le relais à travers Le Messager, de toutes les périodes historiques marquantes».

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On comprend donc le vide qu’il a laissé dans la vie quotidienne. «Son absence crée un manque en terme de lutte, d’organisation, de dénonciation au niveau de la profession mais également au niveau de la société civile. Il est vraisemblable qu’il aurait fait preuve d’audace dans cette période de répression accrue, d’assassinats de journalistes, de crise du NOSO… Il aurait aidé à l’organisation, pour combattre ce régime qui décime son peuple et aurait peut-être incité la profession à faire preuve de plus de combativité».

Alors peut-on imaginer que le Cameroun rende enfin hommage à ceux et celles de ses fils et filles qui, comme Pius Njawé, marqué l’histoire du pays? « Si nous avions un pouvoir politique qui reflète les intérêts du peuple, il commencerait par répondre aux besoin de la population sur le plan social, économique, éducatif, sanitaire, culturel. Honorer la mémoire de celles/ceux qui ont écrit les plus belles pages d’histoire devrait se traduire par les noms des rues, par des monuments, des fondations, des prix mais également dans les livres d’histoire en commençant par ceux qui ont contribué à la libération de ce pays tant durant la période germanique que durant la période de domination par la France et la Grande Bretagne, les Héros/fondateurs de l’Union des Populations du Cameroun».

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Jean-Célestin EDJANGUE

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