Au-delà des salons

Sans tambour ni trompette, la deuxième édition du Salon de l??artisanat a fermé ses portes dimanche dernier à Yaoundé. Peut-être n??a-t-on pas encore la distance nécessaire pour tirer de manière objective toutes les leçons de cet événement qui entend aussi s??imposer comme un grand rendez-vous couru susceptible de valoriser la culture camerounaise à travers le formidable génie de ses artisans. Mais pour le peu qu??on en sait, beaucoup reste à faire pour que ce rendez-vous de l??art camerounais trouve ses marques et se forge une véritable personnalité. Nombre d??observateurs ont ainsi pu noter que le taux d??affluence dans le site des

expositions est resté timide. Pourtant tous sont unanimes à reconnaître que la vitrine était alléchante. Les artisans exposants ont pu présenter les fruits de leur savoir-faire et se sont révélés comme des maîtres incontestés de leur art. Peut-être ne le dira-t-on pas assez, mais l??art dans sa conception originelle et dans tous les domaines où il se déploie apparaît comme la captation même de l??excellence, c??est aussi la quintessence du génie culturel d??un peuple, une marque déposée en réalité inviolable.Pour autant, son développement puissant, harmonieux et dans ses multiples facettes ne mérite-t-il pas toutes les attentions ? Après le Salon de Yaoundé, on a la fâcheuse ompression qu??on entre dans une période d??hibernation meublée par une routine qui n??est pas propre à entretenir quelque génie, en attendant de se remettre fébrilement au travail à quelques mois de la prochaine édition. Ce saut dans une parenthèse de vide ne campe pas les défis, pourtant nombreux à relever pour enraciner durablement une véritable culture de l??art dans notre environnement. Sur le plan purement local, peut-on dire que les ??uvres de nos artisans sont suffisamment valorisées ? Les sculptures du terroir sont-elles à la portée des bourses de la majeure partie de tous les concitoyens ? Pourtant, à l??observation des pratiques qui ont cours dans certains pays du continent, notamment en Afrique de l??Ouest, au Maghreb pour ne citer que ces espaces culturels, l??artisanat est au centre d??une activité économique dense et intense qui occupe des centaines de milliers de personnes et rythme leur existence quotidienne et gère des revenus substantiels qui font vivre ces familles, certaines de génération en génération. Dans bien de ces pays, les salons du même type attirent beaucoup de visiteurs à des intervalles réguliers et contribuent de manière efficace à y booster l??activité touristique. N??est-ce pas une manière efficace de lutter contre la pauvreté en comptant sur les ressources endogènes ? En ce qui concerne le rayonnement de cette activité dans notre pays, il apparaît clairement que de nombreuses pistes restent encore à explorer valablement. Mais pour y parvenir et mettre à profit le génie de ses artisans qui certainement ont encore tant à dévoiler, il faut continuer à faire preuve de beaucoup d??imagination. Dans ce domaine, les voies à suivre ne sauraient être exhaustives. Mais déjà, on peut valoriser davantage la culture de consommation des produits des artisans camerounais par divers mécanismes que les spécialistes dans ce domaine n??ignorent pas. On peut relever le défi d??être présent lors des rendez-vous importants de la même nature et en tirer les meilleures expériences susceptibles d??enrichir l??art national. Certes comme partout ailleurs, le nerf de la guerre demeure l??argent. Il faut pouvoir en trouver. C??est un défi réel à relever pour se hisser dans ce secteur au niveau de la politique des « Grandes Ambitions » prônée par le Chef de l??Etat et qui met l??homme came
WAFFO MONGO, CT

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