Attaques terroristes au Tchad: Boko Haram frappe à N’Djamena

La secte terroriste a perpétré une série d’attaques suicides dans la capitale tchadienne avec à la clé plus de 27 morts.Les habitants de la ville de N’Djamena, capitale de la République du Tchad se sont retrouvés hier, pris entre plusieurs explosions qui ont causé la mort de plus de 27 personnes, selon les sources officielles. Les explosions ont eu lieu dans des lieux jugés stratégiques. D’abord la direction de la sécurité publique, puis le commissariat central de la ville et l’Ecole de police. Pour le ministre tchadien de l’intérieur, il s’agit d’une «action kamikaze». Tout ceci s’est passé aux environs de 10 heures du matin ce lundi 15 juin 2015. Les descriptions faites par les principaux témoins montrent l’horreur et la violence qui a résulté de ces explosions. Joint par Radio France internationale (Rfi), l’une des personnes ayant vécu la scène déclare : «[i]On ne comprend pas ce qui s’est passé. Il y a eu une explosion, il y avait beaucoup de corps, beaucoup de morts. J’ai paniqué devant tous ces ossements, ces cadavres. Les policiers sont rapidement arrivés, avec plusieurs véhicules, ils ont bloqué la route qui mène à la présidence[/i]», apprend-on de ce dernier.
Selon des témoignages, les assaillants étaient soit à moto (pour ce qui est de la direction de la sécurité publique), soit à véhicule, comme dans le cas de l’attaque de l’Ecole de police. Une école qui a été attaquée par deux véhicules bourrés d’explosifs. L’un explosant dans l’enceinte de l’école et l’autre devant le portail. Situation qui a abouti à un état de panique dans la capitale tchadienne.
Hassan Sylla Bakari, le ministre de l’Information a immédiatement donné un point de presse dans lequel il évoquait un bilan de 27 morts, dont 04 terroristes et 101 blessés. Les attaques, à en croire la version officielle, n’ont pas été revendiquées jusqu’à l’heure où nous mettions sous presse. Une source sécuritaire quant à elle parle de sept morts au commissariat central et 35 personnes tuées dans l’explosion de l’Ecole de police. Cependant pour les autorités, il ne fait aucun doute que ces actes sont l’œuvre de la secte terroriste Boko Haram.
Il faut souligner que ces attentats se sont produits au moment où le président Idriss Deby Itno se trouvait en Afrique du Sud au sommet de l’Union africaine (Ua). Son retour était annoncé pour la soirée d’hier.
Ces attentats, condamnés vivement par la France, ont provoqué un branle-bas au sein de l’establishment tchadien qui, malgré les mesures de sécurité qui étaient déjà en vigueur dans le pays, a pris des dispositions d’exception et a déclaré une guerre totale aux djihadistes. Le pays d’Idriss Deby participe à plusieurs opérations sur le continent, visant à combattre les velléités terroristes. Le dernier engagement étant celui contre Boko Haram aux côtés du Cameroun, du Nigeria et du Niger, tous des pays de la Commission du bassin du Lac Tchad et qui subissent par ailleurs les assauts de la secte à intervalles plus ou moins réguliers.
N’Djamena ne se trouve qu’à une cinquantaine de kilomètres du nord-est du Nigeria où sévissent les islamistes de Boko Haram mais la ville est quadrillée par les forces de sécurité et les services de renseignements tchadiens.
Le parlement tchadien a approuvé le 20 mai une prolongation de l’intervention militaire contre Boko Haram, lancée en février. Selon des sources militaires tchadiennes, environ 5.000 soldats tchadiens sont engagés dans la lutte contre Boko Haram. En avril, N’Djamena avait déploré la mort de 71 soldats dans le cadre de cette opération.
La semaine dernière, le Nigeria et ses voisins ont convenu de mettre sur pied d’ici juillet une force régionale de quelque 8 700 hommes pour lutter contre le groupe islamiste, et son quartier général sera installé à N’Djamena.

[b]Georges Parfait Owoundi[/b]

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