L’Ordre National des Médecins du Cameroun (ONMC) met les pieds dans le plat. Lors de son Assemblée Générale Extraordinaire du 5 avril 2024, l’organisme entend briser le tabou de l’emploi des jeunes praticiens. Un enjeu crucial pour l’avenir du système de santé camerounais, selon des informations exclusives obtenues par 237online.com.
Un constat alarmant, des perspectives incertaines
Le thème de cette grand-messe annuelle résonne comme un cri d’alarme : « Problématique de l’emploi des jeunes médecins : États des lieux et perspectives« . Un choix qui en dit long sur l’ampleur du malaise qui traverse la profession.
« Trop de nos jeunes confrères peinent à trouver un emploi stable après leurs études, confie un membre de l’ONMC sous couvert d’anonymat. Beaucoup survivent grâce à des remplacements précaires, quand ils ne sont pas tout simplement au chômage ».
Un gâchis humain et économique, quand on sait les moyens investis dans la formation de ces médecins. Mais aussi un risque sanitaire, dans un pays qui manque cruellement de personnel soignant.
Des débats pour trouver des solutions
Face à ce constat alarmant, l’ONMC entend mobiliser toute la profession. L’Assemblée Générale sera l’occasion d’exposés, d’échanges et de débats pour dresser un état des lieux sans concession et imaginer des solutions d’avenir.
Ce rendez-vous crucial se tiendra dès 8 heures à la Maison du Médecin, siège flambant neuf de l’ONMC à Nkol Eton, dans la banlieue de Yaoundé. Les participants pourront y trouver toutes les informations pratiques en appelant le 656.06.21.49.
Au programme également, des expositions et des stands pour valoriser les initiatives innovantes et les bonnes pratiques en matière d’emploi médical. « Nous voulons montrer qu’il existe des alternatives, des modèles qui marchent, explique notre source. Il faut les faire connaître et les dupliquer ».
Le gouvernement interpellé
Mais les médecins refusent d’être les seuls à porter ce fardeau. L’ONMC compte bien profiter de son Assemblée pour secouer le cocotier politique. Ministères, élus locaux… Tous les décideurs seront mis face à leurs responsabilités.
« L’État doit prendre la mesure de cette crise de l’emploi médical et y apporter des réponses à la hauteur, martèle un responsable de l’Ordre. Cela passe par des créations de postes dans les hôpitaux publics, mais aussi par un soutien à l’installation des jeunes médecins en libéral, notamment dans les zones rurales ».
Un rendez-vous crucial pour l’avenir
Au-delà de la profession médicale, c’est tout le Cameroun qui sera suspendu aux débats de cette Assemblée Générale. Car c’est bien l’avenir du système de santé du pays qui se joue dans l’emploi de ses jeunes praticiens.
Si rien n’est fait, c’est la pénurie qui guette, avec son cortège de déserts médicaux et d’inégalités dans l’accès aux soins. Une bombe à retardement sanitaire et sociale, dans un contexte déjà tendu.
L’ONMC aura à cœur de faire de ce rendez-vous un moment charnière, le point de départ d’une mobilisation générale pour l’emploi des jeunes médecins. Le sort de toute une génération de soignants, et à travers elle celui des patients camerounais, en dépend. Les débats s’annoncent passionnés.




