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Cameroun: Enquête judiciaire de la Catastrophe de Nsam en février 1998

Cameroun: Enquête judiciaire de la Catastrophe de Nsam en février 1998

16 ans après la tragédie, les responsabilités tardent à être établies. Deux commissions d’enquête prescrites par le chef de l’Etat ont vu le jour suite à la catastrophe de Nsam.

Les conclusions et les recommandations de l’enquête administrative ont été élaborées et communiquées. 237online.com Qu’est devenue l’enquête judiciaire ? Cette question appelle d’autres, soulevées dans une tribune publiée par Le Jour, dont l’auteur est l’ex-directeur général de la Société camerounaise de dépôts de produits pétroliers, Jean-Baptiste Nguini Effa incarcéré pour détournements de deniers publics. Où sont en effet passés les relevés des appels téléphoniques pour alerter les forces de maintien de l’ordre et les autorités administratives de l’occurrence de la catastrophe le 14 février 1998 à la gare ferroviaire de Nsam ? A en croire Jean-Baptiste Nguini Effa, ces relevés ont disparu des listings des Postes et Télécommunications (P.T.T.). Les Sapeurs-pompiers, la police de la Regifercam, les commissariats de sécurité publique, la gendarmerie de l’Aéroport de Yaoundé, le Préfet du Mfoundi et les sous-préfets de la capitale ont-ils réagi promptement ce jour fatidique du 14 février 1998 ? Y

a-t-il eu de la part de ces forces de maintien de l’ordre et des autorités administratives une réaction tardive et mal coordonnée pour l’établissement d’un périmètre de sécurité afin d’éloigner les populations et pouvoir tapisser les wagons citernes accidentés avec de la mousse spéciale anti-incendie ? Pour M. Nguini Effa, la responsabilité des autorités administratives et les forces de maintien de l’ordre du Mfoundi « se trouve être engagée compte tenu des appels téléphoniques du chef de dépôt feu Ella Jacques Simon de 9 h 30 mn à 13 h 30 mn en ce triste jour du 14 février 1998, appels visant à établir immédiatement un périmètre de sécurité afin de tenir éloignées les populations. » L’ex-Dg ajoute que « La disparition des listings téléphoniques desdits appels du Service Public des Postes et Télécommunications est révélatrice à plus d’un titres. » L’ex-Dg n’épargne pas la Scdp S.A., la Régifercam et CAT/CN (propriétaire des wagons citernes en cause), des entreprises dont la responsabilité pourrait être engagée pour « le non-respect éventuel des procédures en matière d’entretien du matériel roulant, de traction de wagons, de système de freinage et d’immobilisation, l’information des populations quant aux dangers encourus par la manipulation hasardeuse des produits pétroliers. » Là aussi, l’enquête judiciaire aurait dû établir les faits et surtout permettre de déclencher les systèmes d’assurance pour les réparations. 237online.com Les victimes elles-mêmes se sont exposées à un danger évident par l’accaparement et le vol de carburant appartenant à autrui et ce, dans une emprise totalement privée. Etaient-elles bien au fait des dangers encourus ? La commission d’enquête judiciaire avait un travail indispensable pour établir les faits et déterminer les responsabilités des uns et des autres. Les suites de ce travail restent un mystère. Et pourtant certaines victimes vivent dans le dénuement et espèrent toujours l’aide des pouvoirs publics.

Claude Tadjon

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