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Intégration : Guinée équatoriale, le dernier obstacle à la libre circulation

Intégration : Guinée équatoriale, le dernier obstacle à la libre circulation

Le pays du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo recourt à des manœuvres dilatoires pour repousser la mise en œuvre d’une décision prise par les chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) en juin 2013.


Selon toute vraisemblance, la libre circulation des personnes ne sera pas effective dans tout l’espace Cemac dès janvier 2014. La faute, pressent un fonctionnaire communautaire, au dilatoire de la Guinée équatoriale. Son inquiétude niche dans ces trois lignes glissées dans l’avant dernier paragraphe du communiqué final ayant sanctionné la 25è session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (Ueac) tenue le 23 septembre 2013 à Libreville au Gabon. «…le Conseil a recommandé la convocation urgente d’une réunion ad hoc des ministres en charge des questions d’émi-immigration, en vue d’examiner les modalités de mise en œuvre de la décision des chefs d’Etat généralisant la libre circulation dans l’espace communautaire ».
D’après des indiscrétions fiables, cette rencontre qui devrait se tenir en novembre prochain dans la capitale gabonaise est une initiative de la Guinée équatoriale. A la surprise générale, souffle un participant à cette 25è

Le courant électrique tue. Faisons-y attention
session ordinaire du Conseil des ministres de l’UEAC, la délégation équato-guinéenne a posé comme préalable à la libre circulation la mise en œuvre de la feuille de route consensuelle sur cette question adoptée en…2005.
« Les chefs d’Etat de la Cemac, constatant que l’application de cette feuille de route trainait, ont remédié aux pesanteurs en décidant de la libre circulation des personnes à partir de janvier 2014 au cours de la session extraordinaire de leur conférence le 14 juin 2013 à Libreville. Comme jouant avec le temps, la Guinée équatoriale a attendu trois mois avant l’entrée en vigueur de cette mesure historique pour remettre sur la table un problème déjà résolu », s’énerve une source de cette manœuvre dilatoire.
Un fin connaisseur des atermoiements de l’intégration en zone Cemac s’émeut d’autant moins que ce n’est pas la première fois que les chefs d’Etat décident de la libre circulation dans la sous-région. Il rappelle que le 22 décembre 1972 déjà, la conférence des chefs d’Etat de l’Udeac, ancêtre de la Cemac, avait déjà pris la même décision sans qu’elle soit suivie d’effets, comme plus tard l’acte additionnel sur la libre circulation pris le 29 juin 2005.
Le dernier Etat réfractaire à l’intégration
La libre circulation dans tout l’espace communautaire à la date fixée par les chefs d’Etat apparait d’autant plus improbable que M. Ali Bongo Ondimba, le président gabonais, devrait, au cours de leur Conférence ordinaire prévue en décembre prochain, passer le témoin à M. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, chef d’Etat équato-guinéen, à la présidence de la Cemac. Surtout que la posture de ce dernier sur tout ce qui concerne l’intégration a toujours brillé par son ambigüité.
Jusqu’en septembre 2013, ce pays n’avait pas, avec la République centrafricaine pour des raisons évidentes, reversé sa quote part de la taxe communautaire d’intégration (TCI) cruciale au fonctionnement et au financement des projets menés par les institutions communautaires. Dans le budget 2014 de la Cemac évalué à 99,7 milliards de FCFA, la TCI doit l’alimenter à hauteur de 49,4 milliards de FCFA.
Or, se rappelle une source au sein de la Commission de la Cemac, « lorsque la Guinée équatoriale pilotait le Programme dédié des réformes institutionnelles de la Cemac, elle faisait toujours partie des premiers pays à verser la TCI.» Et le Conseil des ministres de l’Ueac du 23 septembre l’a félicitée pour la construction en cours des résidences des députés communautaires.
Si la Guinée équatoriale et le Gabon ont longtemps nourri la réputation des deux pays réticents à la libre circulation des personnes, en exigeant un visa à tout ressortissant d’un autre Etat désireux d’entrer dans leurs territoires, la position de ce dernier pays a évolué depuis l’arrivée au pouvoir de M. Ali Bongo Ondimba. « C’est un président plus jeune, et qui, croit savoir un proche collaborateur, mesure mieux les vertus de l’ouverture. Bien que la population gabonaise dans sa quasi-majorité nourrisse encore beaucoup de préjugés et d’inquiétudes, on le sent déterminé à faire évoluer les mentalités et à donner un véritable souffle à l’intégration ».
Une disposition que la Guinée équatoriale est encore très loin d’épouser. Pour d’aucuns, elle apparait aujourd’hui comme le pays le plus réfractaire à l’intégration. Qui semble même cultiver la xénophobie comme d’autres l’hospitalité. Abus et mauvais traitements ainsi sont le lot quotidien des originaires des autres pays en règle ou pas.
Peu importe le nombre d’années passées sur le sol équato-guinéen, pour un rien vous êtes au pire abattu comme cette Camerounaise en 2012. Ou, au mieux, dépossédé de tout bien avant rapatriement. Le cas de cet autre Camerounais vivant en Guinée équatoriale depuis…1947 et expulsé en 2001, laissant derrière lui dans ce qu’il considérait désormais comme sa vraie patrie plantations, véhicules, maisons. En somme le fruit de toute une vie.
Quand M. Obiang Nguema Mbasogo sollicite la solidarité africaine
Il arrive pourtant souvent au président équato-guinéen de solliciter la solidarité africaine. Traqué par les ONG, la Justice hexagonale et pris en grippe par les médias internationaux au sujet des biens mal acquis, à ces moments difficiles M. Obiang Nguema Mbasogo a bien mesuré l’intérêt d’une union sacrée des Etats africains. Il ne lésine pas alors à financer un voyage des journalistes africains à Malabo.
Dans le sillage de ce séjour, le Conseil africain des médias (CAM) voit le jour le 15 mai 2013. Cette organisation, qui se veut panafricaine, a élu domicile dans la capitale équato-guinéenne et n’a personne d’autre que le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo comme président d’honneur, poursuit comme objectif « la promotion d’une image positive de notre continent » pour servir de « contrepoids à une certaine presse occidentale qui ternit l’image de l’Afrique».
De là à penser que le CAM a justement vu le jour pour servir de caisse de résonance ou polir l’image et la réputation écornées du satrape au pouvoir à Malabo depuis… 1979, il n’y a pas loin de la coupe aux lèvres. Car, en temps ordinaire, la meute de journalistes accueillis dans la capitale équato-guinéenne aurait eu tout le mal du monde à s’y rendre.
Un ancien journaliste du quotidien privé camerounais Mutations muni d’une invitation en bonne et due forme de la Beac à se rendre aux festivités marquant les 40 ans de la banque centrale de la Cemac à Malabo en novembre 2012 a ainsi été rudoyé, le personnel de la représentation diplomatique de Yaoundé lui exigeant une lettre du ministère équato-guinéen des Affaires étrangères. Pour toute démarche, l’usager n’est pas admis dans l’enceinte de son ambassade à Yaoundé : il est reçu à la guérite. Les tracasseries sont telles, que pour un diplomate en poste depuis plusieurs années dans ce petit Etat pétrolier, il vaut mieux envisager un voyage dans un pays occidental que d’essayer de se rendre en Guinée équatoriale.



Dominique Mbassi, INTEGRATION

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