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Cameroun - Opération épervier: Bekolo Ebe, William Sollo et Ayina Ohandja écroués à Kondengui

Cameroun - Opération épervier: Bekolo Ebe, William Sollo et Ayina Ohandja écroués à Kondengui

Un mandat de détention provisoire leur a été délivré hier au Tribunal criminel spécial de Yaoundé.

Trois personnalités d’envergure viennent de passer leur première nuit à la prison centrale de Yaoundé (Kondengui): Jean William Sollo, ancien directeur général de la société CAMWATER, Bruno Bekolo Ebe, ancien recteur de l'université de Douala et Louis Max Ohandja Ayina, secrétaire d'État au ministère des Travaux chargé des routes. L’opération de lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics est remontée d’un cran depuis quelques semaines. Le 14 mars dernier, la légion de gendarmerie du Littoral avait diffusé une note invitant ses différents démembrements de prendre toutes les dispositions en vue d’interdire Bruno Bekolo Ebe de quitter le pays. On se rappelle qu’en 2014, le professeur agrégé d’économie avait écopé d’une interdiction d’occuper toute responsabilité publique jusqu’en 2019, à la suite d’une décision du Conseil de discipline budgétaire et financière (CDBF). Limogé en 2012 de la tête l’université de Douala, Bruno Bekolo Ebe avait été reconnu coupable

d’un préjudice financier subi par l’entité publique de plus de deux milliards de Fcfa. En sus, l’ancien recteur était frappé d’une interdiction d’être responsable de l’administration ou de la gestion des services publics ou des entreprises d’Etat, à quelque titre que ce soit, pendant un délai de cinq ans, jusqu’en 2019 en fait. Jean William Solo figure parmi les anciens gestionnaires des fonds publics qui ont reçu hier en début de soirée leur mandat de détention provisoire. Sans entrer dans les secrets de l’instruction, des informations concordantes ont circulé avant sa mise aux arrêts et faisaient état de ce que Jean William Solo a été traduit au TCS sur la base d’une dénonciation de l’ANIF, l’Agence nationale d’investigation financière, du moment où il officiait comme directeur général de la CAMWATER. Jean William Solo aurait laissé un trou de trésorerie d’environ 50 milliards Fcfa, plus de 10 milliards Fcfa de dettes dues aux fournisseurs, la cessation de paiements des cotisations à la CNPS.


Gestion financière
Dans l’imbroglio de la CAMWATER de ces dernières années, on se rappelle que par une décision du 19 septembre 2016, le successeur de Jean William Sollo comme directeur, Alphonse Ondoa Akoa , lui également limogé, avait décidé de suspendre Jean Dieudonné Maah et Jean Marc Essomba Bomba, de leurs postes respectifs de directeur administratif et financier et de directeur du patrimoine, pour « distraction de fonds publics ». Ces deux hauts responsables ont été pendant des années des proches collaborateurs de l’ancien directeur général Jean William Sollo, en détention provisoire depuis hier, après deux jours passés au TCS. Selon un rapport de l’expert-comptable Libong René du cabinet KPMG, qui était jusque-là entre les mains du Tribunal criminel spécial, la valeur immobilière de la CAMWATER était évaluée à plus de 34 milliards de Fcfa. Aujourd’hui, Jean Dieudonné Maah, ancien de l’ONADEF qu’a dirigé Jean William Sollo est aux arrêts, en attendant le sort qui sera réservé à Jean Marc Essomba. Au cours d’une audition devant le juge, l’ex directeur administratif et financier avait même déclaré qu’il virait certains fonds sur ordre de son directeur général (350 millions de Fcfa en direction de quatre comptes privés). Louis-Max Ayina Ohandja est l’autre personnalité dont l’interdiction de sortie du pays avait été notifiée il y a quelques jours. En février 2013, il avait pourtant été constitué de la somme de 91,89 millions Fcfa envers l’université de Douala par le Conseil de discipline budgétaire et financière du Consupe. Une amende de deux millions lui avait été infligée par à cet effet. D’où l’étonnement de plusieurs observateurs qui ont douté de ce qu’un personnage déjà accablé, « un éperviable » est subitement en mesure de gérer les juteux marchés de l’entretien routier, avec son entrée au gouvernement en 2015. En attendant la poursuite des procédures, le Pr Dieudonné Oyono, « M. Bonne gouvernance » et ancien recteur de l’université de Douala comme le Pr Bruno Bekolo Ebe est l’autre personnalité d’envergure à se retrouver dans les serres de l’Opération Epervier. Il s’agit encore une fois de plus d’une gestion calamiteuse dans cette institution qui s’avère comme le tombeau des universitaires de renom.
Aujourd’hui, il est regrettable de relever que le Pr Dieudonné Oyono, ancien coordonnateur du Programme national de gouvernance pendant des années, n’ait pas pu mettre à profit les recommandations à lui faites par Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur lors de son installation à grandes pompes en juillet 2012 comme recteur de l’université de Douala : « élaborer le budget et respecter les lois de la République en matière de gestion financière ». Six ans après, le Pr Dieudonné Oyono pourrait donc être rattrapé par la justice pour ses casseroles universitaires et rejoindre Bekolo Ebe, Jean William Solo et Ayina Ohandja à Kondengui.


Marc Mounga

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