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Cameroun : révision à la baisse à 3,7% de la croissance économique en 2017

Cameroun : révision à la baisse à 3,7% de la croissance économique en 2017

Plombée par la baisse continue des prix du pétrole et des tensions sécuritaires dans diverses régions du pays, l'économie du Cameroun, qui a contracté un programme d'ajustement structurel triennal jusqu'en 2019 avec le Fonds monétaire international (FMI) en juin, enregistre un net repli à 3,7% du PIB fin 2017, révèle le ministre camerounais des Finances, Alamine Ousmane Mey.

Initialement, le gouvernement, espérant une remontée significative des cours mondiaux du baril de pétrole, principale source de revenus en devises du pays d'Afrique centrale, avait tablé sur une progression de 6% du PIB national et un taux d'inflation de 3%, un objectif porté par un budget public de l'ordre de 4.373,8 milliards de francs CFA (soit l'équivalent de 8,748 milliards de dollars américains).
Mais dès la fin du deuxième trimestre, le Comité monétaire et financier national avait, dans une analyse de l'évolution de l'économie nationale, fait part du constat que "le double choc sécuritaire et pétrolier a affaibli considérablement la croissance du Cameroun pour la situer à 4,2% en 2017".
A ce moment, le FMI, avec lequel le pouvoir camerounais a conclu un programme d'ajustement structurel assorti d'une aide de l'ordre de 666,2 millions de dollars pour permettre le redressement de cette économie, rapportait une conjoncture encore moins favorable à

un repli de 3,7% du PIB.
C'est finalement le chiffre avancé au quatrième trimestre de l'année par le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, lors d'un passage jeudi devant les députés de l'Assemblée nationale (Chambre basse du Parlement) réunis en session depuis mi-novembre pour l'examen et le vote du projet de loi de finances pour l'année 2018.
Pour justifier cette décélération de croissance, le ministre mentionne à son tour le lourd impact de la baisse continue des prix du pétrole et des crises sécuritaires qui affectent le pays.
Depuis 2014, la principale économie de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC, composée en outre de la Centrafrique, du Congo-Brazzaville, du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Tchad) est notamment confrontée aux attaques à répétition de la secte islamiste Boko Haram dans la région de l'Extrême-Nord, qui héberge plus de 90.000 réfugiés nigérians.
A cela s'ajoutent plus de 240.000 réfugiés centrafricains dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua fuyant les incursions de groupes rebelles centrafricains, où vivent aussi plus de 240.000 réfugiés centrafricains, le climat sécuritaire s'est en outre dégradé dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les deux régions anglophones du pays où des groupes d'activistes sécessionnistes mènent à leur tour des attaques visant principalement les forces de défense et de sécurité.
Pour 2018, le gouvernement table toutefois sur un rebond de croissance de 4,2%, pour un budget public projeté à 4.513,5 milliards de francs CFA. En 2016, ce taux était estimé à 4,7%, après un grand bond de 5,9% consécutivement en 2014 et 2015, selon les sources officielles.

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