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Cameroun: Sphère de batailles d'égo dans les universités d'Etat

Cameroun: Sphère de batailles d'égo dans les universités d'Etat

Les sorties récentes de responsables des universités de Yaoundé II-Soa et de Douala remettent au goût du jour les guéguerres qui ont bien souvent secoué les institutions universitaires.

Lesquelles se retrouvent sur la place publique. Mutations revient sur quelques cas qui ont marqué les esprits et décrypte un phénomène qui tend à se banaliser.
Enseignants: comme dans un ring
Frustrations, injustices et insubordination sont identifiées comme causes des chamailles, au grand dam des étudiants qui paient le prix fort.
« Du choc des idées jaillit la lumière». Cette citation du philosophe français Nicolas Boileau peut être considérée comme l’un des fondements du monde universitaire. Lieu par excellence où rien n’est pris pour acquis. Toutefois, discussions et contradictions peuvent rapidement virer en polémiques. En date du 13 février 2018, le recteur de l’Université de Yaoundé II-Soa, Adolphe Minkoa She, rappelle à l’ordre le doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp), Magloire Ondoa. Ce dernier se serait rendu coupable d’«acte de provocation, d’insubordination caractérisée et de violation grossière et délibérée de la réglementation et de l’éthique

universitaire ». Une interpellation par voie de correspondance au sujet des doctorats professionnels. Adolphe Minkoa She demande dans la foulée l’annulation de la soutenance du nommé Gilbert Ngomou en vue de l’obtention du doctorat professionnel Ph.D. Thèse dirigée par le doyen de la Fsjp.
Des «malentendus» qui aboutissent parfois à des actes plus emportés. Des étudiants de l’Université de Yaoundé I se souviennent par exemple d’une rixe entre deux enseignants, l’un de la faculté des lettres et l’autre de la faculté des sciences, au sein du campus de Ngoa-Ekelle. A l’origine de la bagarre, l’occupation d’une salle de classe. Certains apprenants sont des témoins privilégiés de ces spectacles donnés par des dispensateurs du savoir. «Je me souviens en 2015 d’un de mes enseignants à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic) qui ne manquaient pas une occasion lorsqu’il donnait cours de se plaindre de son collègue. Leurs différends portaient sur le cahier des charges de chacun pour ce qui est de la réalisation professionnelle», se rappelle une étudiante.
Des cas pareils ne manquent pas, au grand regret des étudiants. Christophe A. a encore en mémoire la déconvenue qu’il a essuyée lors de la soutenance de son mémoire en 2011. « Mon directeur de mémoire n’entretenait apparemment pas de bons rapports avec le président du jury qui était aussi un de nos enseignants. Je n’avais pas encore terminé mes phrases, lorsqu’une question m’était posée, qu’il me retirait déjà la parole. Et bien entendu, j’ai écopé de la note de 11 sur 20», regrette ce détenteur d’un master II en informatique, obtenu à l’Université de Yaoundé I.
Les injustices sont invoquées comme principale raison de ces « combats ». « Dans nos universités, des personnes prennent l’engagement de ramer à contre-courant des normes universitaires, brouillant tous les textes, sacrifiant les profils de carrière pour placer des hommes parfois dépourvus de toute personnalité et valeur intrinsèque, […] qui les accompagnent et les aident à étouffer tous les crimes qu’ils organisent contre l’académie», analyse Jean Roger Bogning, secrétaire général du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes).
La gestion de ces guéguerres respecte une procédure bien précise. « Les universités sont autonomes. Ces cas relèvent de problèmes internes au fonctionnement d’une université ou d’une faculté. Il y a des conseils d’établissements et des conseils d’université qui doivent connaître respectivement de pareilles divergences. Ce n’est qu’une fois ces recours épuisés que l’intervention du ministère peut être sollicitée », explique une source au ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup).


Nadine Guepi

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