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Cameroun- Examens 2018 : 127.690.350 FCFA dépensés pour les résultats par SMS

Cameroun- Examens 2018 : 127.690.350 FCFA dépensés pour les résultats par SMS

Mise sur pied depuis moins de cinq ans, le service de communication des résultats aux examens officiels par voie de message est de plus en plus sollicité du fait de sa promptitude ; toute chose qui occulte l’impressionnant bénéfice et autres conséquences qui vont avec.

SMS qui coute la vie
Pour avoir tenté de savoir son résultat au Probatoire, le jeune Gustave a échappé à la mort ce dimanche 5 août 2018. Alors que nombre de ses camarades célébraient leur réussite à l’examen, le cadran de son téléphone lui annonçait sans détour qu’il n’a pas eu ce privilège. En effet, alerté par ses camarades de ce que les résultats sont déjà accessibles en formant le code 8070, cet élève d’un établissement de la ville de Yaoundé s’est muni de la somme de 150FCFA, a suivi toutes les instructions ; le message reçu du numéro court lui apprend qu’il n’est pas des admis à l’examen du probatoire par un « REFUSE ». Tout seul au domicile familiale à cette notification, il a ingurgité plusieurs plaquettes de médicaments pour se donner la mort, c’est quelque une heure après qu’il a été accompagné par sa mère, rentrée plus

tôt que d’ordinaire, dans une institution hospitalière. La dame a rassuré à 237online que son fils est hors de danger et s’insurge contre ce service de publication de résultat « mon fils aurait pu mourir comme ça ! les enfants échangent entre eux régulièrement ; mettez-vous à la place d’un enfant qui se rend compte qu’il est le seul de sa classe qui n’a pas passé…s’il n’est pas assez fort ou accompagné de gens qui peuvent l’épauler, le pire peut arriver…ceux qui ont mis sur pied ce service aident quelque part, mais n’imaginent pas les dégâts qu’il peut causer ». Parlant de dégâts, une source nous a confié que cette transmission de résultat par message n’est pas toujours fiable ; « l’année passée plusieurs amis et camarades ont reçus des messages disant qu’ils ont réussi ; mais leurs noms ne figuraient pas sur les listes affichées dans les centres d’examen » et c’est vice-versa a-t-elle confié.

Large bénéfice
Les cas d’erreurs ne sont pas aussi impressionnants que la recette que se font les initiateurs de ce service. Il est à noter qu’il est utilisé pour tous les examens organisés par l’office du Baccalauréat, par le Gce Board (…). Pour l’année 2018, 72 000 apprenants ont candidaté pour Baccalauréat technique et professionnel, 115 359 ont été enregistrés pour le Baccalauréat de l’enseignement général, pour le Probatoire il y a eu 172 210 candidats, un peu plus de 362000 ont participé aux examens du Bepc, et 129 700 candidats ont été inscrits aux Advanced level in Cameroon et au Cameroon general certificate ; pour un total de 851269 candidats à ces différents examens. Etant donné que la consultation concerne l’ensemble des candidats, il n’est pas osé de croire que chacun d’eux a souscrit (à 150FCFA) pour avoir son verdict. On en serait à quelque 127.690.350 FCFA déboursés par les candidats pour ce procès-verbal, et pas seulement. En raison des trafics sur le réseau, des parents confient avoir essayé le code à plusieurs reprises, ce qui coutaient autant d’argent. Eu égard à la possibilité pour tout le monde d’accéder au résultat d’un tierce à condition d’avoir son numéro de matricule, il est autant fondé de croire que pour un seul candidat il y a eu plusieurs tentatives d’accès au résultat.


Mieux aider ?
Attendre la lecture des résultats à la Radio nationale ou l’affichage des notes dans les centres d’examen comme d’accoutumée arrivent bien souvent sur le tard, moins rapidement que les nouvelles de personnes ayant formé le code utile mis en service depuis 2014 par l’OBC et autres partenaires. On peut voir en cette initiative une volonté manifeste de faciliter la vie aux apprenants et autres parents bien souvent en déplacement par ces temps de vacance. Mais il est loisible de constater que l’Office du Bac tient un site web où l’une des rares informations à jour est le mot de son directeur ; les informations pour la plupart y datent de 2014 (candidats inscrits…), et pourtant c’est une plateforme qui, comme dans nombre de pays, peut être utilisée pour relayer les résultats selon des protocoles de confidentialité définis ; ce serait tirer profit de la promptitude et de l’ouverture qu’offre l’internet. Mais à bien y voir les priorités sont ailleurs à cette heure pour qu’on y songe.


Romulus Dorval KUESSIE, 237online.com

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