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Cameroun - Fichier solde de l'état: Comment comprendre le phénomène des salaires fictifs au MINFI

Cameroun - Fichier solde de l'état: Comment comprendre le phénomène des salaires fictifs au MINFI

Alors que le circuit de la solde au Cameroun fait intervenir de nombreux acteurs et surtout, le paiement de certains montants est assujetti à des autorisations de paiement parfois du ministre des Finances en personne.

L’affaire fait grand bruit au Cameroun depuis un certain temps. Emmanuel Leubou, chef de la Division de l’informatique au ministère des Finances et une dizaine d’autres fonctionnaires du même ministère traduits au Tribunal Criminel Spécial (TCS), puis déférés à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui pour des faits présumés de détournement des fonds publics, d’un montant d’environ 07 milliards de francs, par l’entremise des salaires fictifs. Un phénomène difficilement compréhensible au regard de la complexité du circuit de la solde de l’Etat, de nombreux acteurs qui y interviennent et des filtres placés au bout de la chaîne pour éviter de tels pratiques.
C’est la réforme de l’an 2000, à l’époque où Akame Mfoumou officiait comme ministre de l’économie et des Finances qui reste en vigueur pour l’organisation de la solde de l’Etat au Cameroun. Dans cette organisation, ce sont les départements ministériels et administrations publiques qui émettent des actes et des

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nouveaux dossiers comme des avancements. Ces actes sont ensuite transmis pour opérations de saisie et contrôles aux sousdirections des contrôles, de gestion des actes et celle des pensions au ministère des Finances.
Par la suite, ces actes sont validés avant traitement au contrôle du Trésor du ministère des Finances, puis transmis au Centre National de Développement de l'Informatique (CENADI) pour préparation, calcul de la solde et édition des résultats. Il faut noter que le CENADI à son niveau ne reçoit aucun document, mais des éléments mis sur le réseau informatique de la solde. Après le CENADI, les actes de la solde sont envoyés à la cellule informatique de la solde du MINFI pour contrôle des résultats. Puis, ils retournent au contrôle du Trésor pour validation du mandatement.
Après cette étape, ces actes sont retournés au CENADI pour ventilation des résultats. Au terme de ce processus, les actes de la solde retournent à la sous-direction des contrôles du MINFI pour archivage des dossiers. Au regard de cette architecture complexe du circuit de la solde de l’Etat, l’on voit mal des complicités se tisser entre ces nombreux acteurs à l’effet de détourner des fonds publics. Surtout qu’au bout de la chaine, des filtres ont été placés pour éviter ces complicités.
C’est ainsi que pour un paiement d’un montant compris entre un et cinq millions de francs, la banque exige une autorisation de paiement du directeur de la dépense des personnels et des pensions (DDPP) au MINFI. Et, pour les montants supérieurs à 5 millions de francs, cette autorisation de paiement doit être signée par le Secrétaire général du MINFI ou le ministre en personne. Les responsabilités des détournements actuels au MINFI pourraient ainsi se retrouver au sommet de ce département ministériel.


Blaise Nnang

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