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Cameroun - Présidentielle 2018 : Cette odeur d'argent qui gêne

Cameroun - Présidentielle 2018 : Cette odeur d'argent qui gêne

Alors que la polémique fait rage autour du financement présumé des Etats-Unis aux partis politiques de l’opposition, les dispositions légales en matière de réception des financements extérieurs restent floues.

C’est par une mise au point que l’ambassade des Etats-Unis dément catégoriquement les informations relayées par la presse et faisant état d’un financement octroyé à trois partis de l’opposition camerounaise par les Etats-Unis. Les services de la représentation diplomatique font savoir aux auteurs des articles et des différents supports que « le gouvernement des États-Unis n’a pas contribué et n’a pas l’intention d’octroyer une quelconque contribution financière à un ou plusieurs partis politiques, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition », a souligné Lee McManis, porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun.
Il poursuit en affirmant que « les États-Unis n’ont de préférence pour aucun candidat ni pour aucun parti. Notre position est claire, il appartient au peuple camerounais de décider sur son dirigeant et pour que cette volonté du peuple s’exprime, les élections doivent être libres, justes et crédibles. » Le Social democratic front est aussi monté au créneau

pour s’étonner à travers son ministre de l’information et des médias de son Shadow Cabinet Jean Pierre Wafo : « Il est évident que ces tirs groupés relèvent de la pure construction cousue de fil blanc. Le mensonge a décidément de très courtes jambes. Le Sdf dément catégoriquement cette odieuse rumeur et demande à l'opinion publique de redoubler de vigilance et surtout de ne pas prêter la moindre attention aux fausses informations contenues dans ces supports supposés médiatiques désormais bien identifiés qui servent en réalité des nébuleuses du régime de Yaoundé. »
Pour Jean Pierre Wafo, les journaux incriminés ne seront pas poursuivi en justice : « le candidat Joshua Osih ne saurait donner une suite judiciaire à ces jérémiades accusatrices qui se sont aussitôt transformées en pétard mouillé du fait de la maturité du peuple camerounais…» Entre la mise au point de l’ambassade et le démenti du SDF, un réel débat fait jour ; celui du financement des partis politiques. Au Cameroun, les partis politiques ont droit à des financements publics pour leurs activités, chaque année sur un budget voté à l’Assemblée nationale. L’argent public ainsi reçu sert au fonctionnement de l’administration courante du parti ; à la diffusion de son programme politique ; à la coordination de l’action politique de ses membres ; à la préparation aux consultations électorales ; à la participation du parti politique aux différentes commissions électorales prévues par la législation en vigueur.
Les partis politiques qui présentent des candidats aux élections bénéficient également d’un financement prévu par la loi à cet effet. Ce volet du financement est prévu à l’article 9 de la loi du 19 décembre 2000 portant financement des partis politiques. Cet article stipule que « l’Etat participe au financement des campagnes électorales par la prise en charge de certaines dépenses des partis politiques à l’occasion des consultations électorales. »
Ledit financement concerne les dépenses relatives à la confection, l'édition et l’impression des circulaires, des professions de foi et des affiches, l’organisation des meetings électoraux ; les moyens logistiques. Toutefois, tous les partis ne sont pas logés à la même enseigne. Les fonds publics destinés au financement des campagnes électorales sont répartis en deux tranches d'égal montant aux partis politiques qui participent aux élections : une première tranche est allouée aux partis ayant participé à la dernière élection législative proportionnellement au nombre de sièges obtenus, et une deuxième tranche est servie à tous les partis politiques au prorata des listes présentées et validées dans les différentes circonscriptions électorales. C’est à ce niveau que les disparités commencent.
Les partis qui n’ont pas participé à l’élection précédente reçoivent souvent des parts dérisoires et sont souvent enclin à rechercher d’autres types de financements dont on ignore tout des pourvoyeurs. Ce sont des financements dits occultes. Les présumés financements américains aux partis politiques de l’opposition s’apparentaient, à s’y méprendre à un coup de pouce déloyal face à d’autres partis politiques de l’opposition, tant l’enveloppe annoncée était importante : 2,6 milliards pour trois partis politiques au Cameroun.
Si les partis politiques ne doivent pas recevoir des financements de l’étranger, le législateur n’a pas suffisamment clarifié cet aspect d’où le vide qui ouvre une brèche par laquelle des financements illégaux peuvent entrer.


Christophe Mvondo

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