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Cameroun: L'Energie, facteur d'émergence

Cameroun: L'Energie, facteur d'émergence

Exercice normal en démocratie, le réaménagement du gouvernement peut permettre, au-delà des arrivées et départs, de créer une sorte d’électrochoc dans un ou plusieurs secteurs de la gouvernance étatique, en vue de donner une nouvelle impulsion à l’action gouvernementale en fonction des résultats attendus.

Celui de vendredi dernier a touché un département ministériel considéré comme névralgique : celui de l’eau et de l’énergie.
Son importance tient au fait qu’il impacte directement sur la vie des populations. Machinalement, chacun appuie sur un interrupteur ou tourne un robinet plusieurs fois par jour sans se rendre compte toujours de leur rôle indispensable.
Depuis l’aube des Temps anciens, l’eau est considérée comme source de vie. Les multiples usages de l’électricité dans tous les secteurs d’activité, en font une des plus grandes découvertes de l’histoire de l’humanité.
Parce qu’elles influent sur la santé, l’éducation ou l’habitat social, l’eau et de l’électricité sont des facteurs clés dans l’amélioration de l’indice du développement humain.
Les Camerounais bénéficient-ils pleinement de ces deux services essentiels ? Il est permis d’en douter pour l’instant. Chaque jour, les coupures intempestives d’eau et d’électricité font un peu désordre dans un pays qui aspire à l’émergence.

/>Des désagréments qui ne contribuent ni à l’amélioration des conditions de vie des populations, ni à l’attrait des investisseurs qui sont très sensibles au coût des facteurs de production.
Selon certaines sources, environ 67% des Camerounais n’ont pas accès à l’eau potable. Un paradoxe dans un pays qui possède l’un des premiers réservoirs d’eau souterraine et de surface en Afrique, selon la FAO.
L’accès à l’eau salubre concerne environ 75% de la population totale du pays, d’après une étude menée dans le cadre du Plan d‘action national de gestion intégrée des ressources en eau, mais ces chiffrent cachent de nombreuses disparités.
L’eau potable pour tous reste donc problématique, malgré des nombreuses réalisations dans ce domaine. On peut citer, entre autres, le Projet d'alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga, le projet d’alimentation en eau de Douala et des multiples autres visant à accroître les capacités de production à Ebolowa, Kribi, Foumban et d’autres localités de l’Adamaoua, du Littoral, de l’Ouest, le Sud-Ouest, du Centre, du Sud et du Nord.
La reprise en main des activités de la défunte CDE par les pouvoirs publics traduit la ferme volonté de faciliter l’accès du plus grand nombre à l’eau potable. Mais du chemin reste à faire comme à Yaoundé où les travaux d’adduction d’eau qui trainent en longueur ont besoin d’un coup d’accélérateur.
En qui concerne l’électricité, le Cameroun dispose du plus important potentiel de la sous-région et sa production est nettement supérieure à celle des pays voisins. Mais l’offre ne parvient pas encore à satisfaire une demande sans cesse croissante.
Pour résorber le déficit et réduire la fréquence des délestages, l’Etat et les partenaires privés ont consenti d’énormes moyens financiers dans la production au cours des dernières années.
De nombreuses projets sont achevés ou en cours ; Lom Pangar, Memve’ele, Mekin, centrales thermiques de Kribi et de Logbaba, plan thermique d’urgence, création de la Sonatrel pour le transport, relance de la campagne de branchement avec près de 100.000 nouveaux abonnés chaque année, etc. Malgré tous ces efforts, seuls 60 à 70% des populations ont accès à l’électricité, le taux étant encore plus faible en zone rurale.
Pour combler le fossé, il faudrait au bas mot un taux de desserte d’environ 80% avec une réduction de plus de 85% des interruptions de fourniture d’électricité à l’horizon 2025.
L’objectif étant de passer « du détestable délestage à un statut d’exportateur d’électricité en Afrique centrale » selon la belle formule utilisée récemment par le DG face aux membres du GICAM. Autant dire que le nouveau patron du MINEE a du grain à moudre.


Jean Marie NZEKOUE

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