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L'ONU en visite au Cameroun pour évaluer la situation humanitaire sous l'impact de Boko Haram

L'ONU en visite au Cameroun pour évaluer la situation humanitaire sous l'impact de Boko Haram

Un soutien constant de la communauté internationale est essentiel en plus de l'engagement permanent du gouvernement camerounais pour fournir l'assistance humanitaire et soulager les souffrances des victimes des violences commises par Boko Haram au Cameroun, selon Ursula Mueller, sous-secrétaire générale aux affaires humanitaires des Nations Unies.

"Je suis venue en visite officielle pour apprécier la situation humanitaire. La population du Cameroun souffre des impacts de crises multiples dues à la violence et aux attaques. La plus grave de ces crises est celle qui se déroule dans le bassin du lac du Tchad", a souligné Mme Mueller, également coordinatrice adjointe des secours d'urgence du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), dans un entretien avec Xinhua.
Cette visite, entamée jeudi soir en provenance de la République centrafricaine (RCA) avant d'être poursuivie lundi au Tchad, a conduit la haute responsable onusienne dans la région de l'Extrême-Nord, théâtre des attaques de Boko Haram ayant causé plus de 2.000 morts, des civils et des militaires, depuis 2014.
L'on dénombre aussi environ 90.000 réfugiés nigérians et près de 250.000 déplacés internes, des victimes d'une crise aux conséquences humanitaires préoccupantes pour laquelle une attention constante est requise de la part de

la communauté internationale pour éviter d'avoir affaire à crise oubliée, face à l'émergence d'autres crises plus critiques dans le monde, selon elle.
"J'ai constaté que dans l'Extrême-Nord les besoins humanitaires augmentent, en dépit des progrès enregistrés par les opérations militaires dans le cadre de la lutte contre Boko Haram. J'ai eu l'opportunité de rencontrer des réfugiés originaires du Nigeria, dans le camp de réfugiés de Minawao. J'ai rencontré des déplacés internes à Samaye", a-t-elle indiqué.
La visite de Mme Mueller intervient près d'un an après celle des ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU), début mars 2017.
La diplomate allemande s'est engagée à utiliser ses fonctions pour plaider la cause des victimes de la crise auprès de la communauté internationale, afin de "susciter une attention particulière sur la situation humanitaire au Cameroun".
"J'ai rencontré une femme nommée Sarah. Elle tenait un enfant dans ses bras, un enfant âgé d'un an peut-être. Elle m'a dit que son mari a été kidnappé par Boko Haram et qu'elle n'a plus eu de ses nouvelles. Elle a dit qu'elle ne sait pas s'il est encore en vie. Cette femme a besoin d'une assistance humanitaire, comme les quelques centaines de milliers d'autres déplacés", a-t-elle rappelé.
Dans le camp des réfugiés de Minawao, la sous-secrétaire générale a aussi pris note de l'ampleur des besoins des quelque 62.000 Nigérians qui y vivent sur un total d'environ 90.000 déclarés sur le territoire camerounais, selon les estimations.
Elle a salué l'hospitalité de la population camerounaise et l'action des agences des Nations Unies, des ONG locales et internationales, en appui des efforts du gouvernement pour la prise en compte de ces besoins.
"J'espère que ma visite permettra de susciter une plus grande attention sur cette crise et donc de mobiliser plus de financements. Parce que je me propose de présenter les récits des personnes que j'ai rencontrées auprès de la communauté des bailleurs de fonds humanitaires", a-t-elle affirmé.
Dans l'Extrême-Nord, les attaques de Boko Haram continuent de faire des victimes. Selon les Nations Unies, une trentaine d'incursions armées du mouvement hors-la-loi ont été enregistrées au cours du mois de janvier, causant une vingtaine de morts et entraînant la destruction de nombreuses habitations ainsi que le vol de bétail et de denrées.
A cause de ces actes terroristes, plus de 8.000 personnes ont fui leurs maisons, estime l'organisation. Fin janvier dernier, le gouvernement camerounais et ses partenaires humanitaires ont lancé un appel de fonds de 305 millions de dollars, dans le cadre du Plan de réponse humanitaire de 2018. Environ 1,3 million sur l'ensemble de 3,3 millions de personnes vivant dans le besoins sont concernées, englobant cette région et trois autres : le Nord, l'Adamaoua et l'Est.
Un montant de 189 millions de dollars lui est réservé, à cause du lourd impact de la crise de Boko Haram conjuguée à une grave crise alimentaire et une autre de dimension écologique.
Dans le cadre de son Fonds d'urgence, l'ONU a alloué dix millions de dollars au Cameroun. "Deux millions vont directement aux réfugiés dans l'Extrême-Nord", a précisé Mme Mueller, lors de l'entretien avec Xinhua.
"Tout le monde veut retourner chez lui. (..) Mais personne ne sait quand la situation sera favorable pour permettre les retours volontaires. Tant qu'ils vivent au Cameroun, les réfugiés nigérians méritent de recevoir l'assistance et l'éducation", a-t-elle répondu, interrogée sur l'éventualité des rapatriements en discussion entre le Cameroun et le Nigeria.

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