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Cameroun - Affaire Ahmed Abba: La défense négocie une peine privative de moins de 10 ans

Cameroun - Affaire Ahmed Abba: La défense négocie une peine privative de moins de 10 ans

Au cours de l’audience du 20 avril 2016 au tribunal militaire de Yaoundé, le Ministère public a requis la peine d’emprisonnement à vie.

Une nouvelle date pour le délibéré a encore été imposée par le tribunal dans l’affaire Ahmed Abba, correspondant de Radio France international (RFI) au Cameroun. Ce sera finalement le 24 avril prochain à Yaoundé que le collège dirigé par le magistrat Ewoutou va donner son verdict dans l’affaire Ministère public contre Ahmed Abba. Mais déjà, l’accusé a été reconnu coupable pour « non dénonciation » et pour blanchiment de biens terroristes. L’accusation a requis la peine privative à vie. Selon le Commissaire du gouvernement, Nzie Pierrot Narcisse, « l'accusé était en intelligence avec l'ennemi, la secte Boko Haram. C'est lui qui donnait les positions stratégiques de nos forces de défense à l'ennemi. D'où vient-il que l'accuse soit en contact avec la secte Boko Haram? Comment ils ont fait pour se communiquer les numéros de téléphones? On a trouvé dans l'ordinateur portable de M. ABBA des éléments qui prouvent sa

culpabilité. 237online.com On a retrouvé dans son ordinateur des messages codés. Ce qui constitue des actes de complicité avec les terroristes et de non dénonciation. Pour cela, le Ministère public requiert la peine à vie ». Pour la Défense Charles Tchoungang, déclare: « mon client est un délinquant primaire. Il a eu une tenue exemplaire tout au Long de ce procès. Il a un casier judiciaire vierge. L'accusation n'a pas pu démontrer que M. Abba a un quelconque lien avec les terroristes. Il s'est retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. En ces temps où le Cameroun subit les affres de terrorisme, le gouvernement est frileux. Et, c'est une erreur judiciaire dont est victime mon client qui faisait son travail de journaliste. Et la loi sur la communication sociale l'autorise à protéger ces sources. Nous demandons respectueusement à la Cour de tenir compte des circonstances atténuantes et de prononcer une peine inférieure à dix ans car notre client est innocent. » Au cours de l’audience du 20 avril, Ahmed Abba, il est calme mais il a l'air de quelqu'un qui a peur. Il est soutenu par une forte présence des représentants diplomatiques de l'ambassade de France. Emprisonné depuis juillet 2015, les autorités camerounaises l’accusent de connivence avec les jihadistes de Boko Haram. Ahmed Abba travaillait pour Radio France internationale (RFI) à Maroua, à l'Extrême-Nord du pays, à la frontière avec le Nigeria et le Tchad. Cette zone très sensible a subi de nombreuses attaques de Boko Haram. Le journaliste, qui parlait régulièrement de l'organisation jihadiste dans ses reportages pour la radio, était installé à Maroua depuis un an quand il a été arrêté. Ahmed Abba a été placé en détention pour complicité de terrorisme et maintenu au secret pendant plusieurs mois, « torturé » selon son avocat, qui dénonce « la vacuité du dossier ». D'ailleurs, les chefs d'accusation ont été changés en cours d'instruction. Aujourd'hui, Ahmed Abba est condamné pour apologie du terrorisme et de non dénonciation.

Sylvain Andzongo

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