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Cameroun - Crise anglophone: Le nouveau mode opératoire des sécessionnistes

Cameroun - Crise anglophone: Le nouveau mode opératoire des sécessionnistes

Jusqu’au samedi 17 mars 2018, ils n’avaient jamais demandé de rançons pour les personnalités qu’ils enlèvent.

En passant à la réclamation de celles-ci, le mouvement sécessionniste veut se donner les moyens de sa « politique ». Le Pca du GCE Board a donc été libéré le 19 mars dernier. Quand le gouverneur de la région du Sud-ouest, Bernard Okalia Bilaï confirme la nouvelle sur les antennes de la CRTV, c’est le soulagement pour les proches, amis et collègues du Pr Ivo Leke Tambo. C’est la première fois que les sécessionnistes libèrent de leur propre gré une personne enlevée dans le cadre de la crise anglophone. C’est aussi la première fois que les sécessionnistes demandent une rançon après l’enlèvement d’une personnalité. Deux thèses prospèrent suite à ce nouveau mode opératoire des sécessionnistes anglophones. La première soutient que le mouvement sécessionniste veut se transformer en une rébellion armée et veut se donner les moyens de son action avec à coup sûr le recrutement et l’entretien de ses

hommes et l’achat de la logistique de guerre. Si cette thèse est avérée, les sécessionnistes affichent là une réelle volonté d’en découdre avec les garants des institutions et de mettre à mal l’unité nationale. La seconde thèse parle des groupes isolés venant du Nigeria ou des groupuscules qui agissent de leur propre chef. Avec la crise actuelle, les régions anglophones sont en train de se transformer en zone de non droit. Un terreau favorable à la naissance des groupes armés indépendants qui opèrent pour leur propre compte et qui à chaque fois, essayeront de brouiller les pistes en se réclamant du mouvement sécessionniste anglophone. Dans le Sud-ouest, il n’est pas exclu que des groupes rebelles venant du Nigeria voisin, notamment les rebelles du Delta du Niger peuvent jouer les pêcheurs en eau trouble en perpétrant des attaques attribuables au sécessionnistes. Un déploiement plus dense des forces de défense et de sécurité s’impose dans cette zone pour éviter la multiplication de ces groupuscules qui pourront compliquer la recherche des solutions à cette crise s’ils prennent définitivement racine. Une information stratégique émerge de la déclaration du gouverneur de la région du Sud-ouest, « ...cette libération a été rendue possible par la collaboration des chefs traditionnels, des élites et des notables du Lebialem. » Quel que soit la nature et le degré d’implication des chefs traditionnels dans la libération du Pr Ivo Leke Tambo, la déclaration de Bernard Okalia Bilaï, démontre à suffisance que les autorités traditionnelles peuvent jouer un rôle central dans la résolution de ce conflit. Ils peuvent parler à certains membres de ce mouvement qu’ils peuvent contacter par d’autres voies. Aux autorités administratives la charge de mettre véritablement à contribution les gardiens de la tradition dans le Nord-ouest et le Sud-ouest pour une sortie de crise.


Christophe Mvondo

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