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Cameroun: Les couturiers camerounais filent le mauvais coton

Cameroun: Les couturiers camerounais filent le mauvais coton

Ils présentent pourtant des produits très appréciés par les visiteurs mais, l’acte d’achat ou de partenariat demeurent timide. Les prix très élevés pratiqués par ces derniers, en sont un frein.

Le « made in Cameroon » peine à se vendre à Promote. Venus de toutes les régions, les stylistes, couturiers camerounais exposent leur savoir-faire à Promote depuis le samedi 11 février 2017. Les stands de textile sont pris d’assaut par les visiteurs visiblement séduits par la beauté des vêtements. Seulement voilà, les ventes se font au compte-goutte et la signature d’éventuelle contrat de partenariats se fait toujours attendre: « le made in Cameroon attire, mais les Camerounais ont du mal à s’adapter aux prix pratiqués » lance Paul Djeng, le gérant du stand du Groupe YVY de Nemale Mireille. Dans son espace de 09 m2, le gérant, son hôtesse et toute sa collection sont à l’étroit. Les créations mixtes de Mireille Nemale Styliste, modéliste couturière, occupent toute l’étendue du stand. Des modèles tout aussi originaux qu’innovants se côtoient. Ici le plus petit prix s’élève à 8000 FCFA. « Les

Camerounais boudent les prix. Ils disent qu’ils ne comprennent pas pourquoi, un produit fabriqué au Cameroun doit coûter aussi cher » relate le gérant du stand, avant de tenter une justification: « les tissus utilisés sont de qualité, le travail est de qualité, les finitions sont excellentes. Nous faisons du haut de gamme et du sur mesure!». En attendant les clients eux, apprécient des yeux et font ailleurs. Même son de cloche chez Claudette Djou. Installée sur le même alignement, la jeune couturière venue du Nord-ouest présente au public de Promote des vêtements traditionnels de sa zone d’origine. Ce tissu-là, s’appelle le « Torom ». Autrefois, il était exclusivement destiné aux patriarches de la localité de Bamenda. Les stylistes l’ont modernisé et mis au goût du jour. Dans son stand, quatre clients marchandent. Ils veulent des vêtements « Torom » mais les prix pratiqués sont élevés : « on vend un mini boubou à 30.000 FCFA, c’est trop cher pour moi » se désespère une cliente trouvée dans le stand. Pour la couturière, les prix sont proportionnels au travail abattu : « la broderie sur ce tissu n’est pas du tout facile à faire. Un petit boubou peut nous prendre plus d’une semaine à confectionner » justifie-elle. Les prix qu’elle pratique vont de 30.000 à 150.000 FCFA. Installée depuis 05 jours déjà, elle dresse un bilan à mi-parcours mitigé dû au fait qu’elle n’accueille pas assez de clients. La navette de transport est indexée: « cette navette transporte les clients du bas vers le haut et ne s’arrête pas à mi-chemin. Du coup, nos clients ont la paresse de redescendre » se plaint-elle. Toutefois, elle a réussi à écouler quelques pièces. Le groupe YVY quand à lui, fonde un grand espoir sur les fiches de rencontres partenariales qui les seront distribuées aujourd’hui.

Ruth Estelle Belinga

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