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Le courant électrique tue. Faisons-y attention

Cameroun: la maladie du vendredi dans les services publics camerounais

Cameroun: la maladie du vendredi dans les services publics camerounais

Fonctionnaires et autres travailleurs ont pris l’habitude de se donner quartier libre ce jour de la semaine, au grand dam des usagers.

Libre le vendredi seulement, à cause de la nature de son travail, cela fait des semaines que ce journaliste court après les occupants d’un certain bureau dans un ministère de la place. Ce 13 juillet 2018, il se présente dès 7h30 dans l’espoir de retirer enfin le document dont il a besoin. Le regard en biais que lui jette le vigile en faction en dit long sur la suite de son séjour en ces lieux.
Effectivement, la première personne à pointer le bout de son nez le fait aux environs de 9h30. « Pff… Les gens ne sont pas assidus au travail dans ce ministère. Vous allez voir qu’à peine arrivés, ceux qui ont daigné se présenter aujourd’hui vont repartir aux environs de midi, après avoir fait le tour des quelques bureaux ouverts pour taper les divers », lâche le vigile avec assurance.
L’infortuné journaliste lui donne raison lorsqu’à 15h30,

Le courant électrique tue. Faisons-y attention
la journée de travail s’achève cet autre vendredi sans aucune évolution dans son dossier. « J’ai passé toute la journée dans ce département ministériel sans qu’aucune personne en charge de mon dossier ne se manifeste. Leur bureau est resté désespérément clos », assure l’usager, frustré.
Il est aléatoire de trouver certains fonctionnaires et autres agents de l’Etat à leur poste de travail le vendredi. Le phénomène tend d’ailleurs à devenir une tradition. Ainsi chez d’aucuns, le week-end démarre le jeudi soir.
« Beaucoup ne se cachent pas pour déclarer que leur journée du vendredi est réservée aux cérémonies de mise en bière dans les morgues de la place, aux cérémonies de mariage à l’état civil, aux voyagex en direction de leurs villages où ils ont d’autres chats à fouetter, si ce n’est tout simplement au repos », dénonce un observateur averti.
« Pendant cette période de vacances, la situation est encore plus préoccupante. Certains fonctionnaires vont carrément en congé avec leurs enfants. Les plus consciencieux apparaissent deux ou trois fois par semaine, entre deux portes, le temps de s’assurer que leurs intérêts ne sont pas menacés», relève un directeur d’administration centrale.
Dans les localités reculées, le week-end s’étend même de vendredi à lundi inclus. Les fonctionnaires en poste dans le département de l’Océan sont connus pour ces écarts.
Ce comportement provoque de nombreux dysfonctionnements au niveau des services publics, sans compter le tort aux usagers. Conscients de cela, les responsables des ressources humaines ne se croisent pas les bras face à ce serpent de mer.
Ainsi, le délégué départemental du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) pour l’Océan, Ayissi Mbida Annanie, vient de voir son bureau scellé par le préfet, sur instruction du ministre Laurent Serge Etoundi Ngoa.
« Après 23 mois passés hors de la ville, le délégué n’est revenu que mercredi 11 juillet dernier pour accueillir son ministre en visite de travail à Kribi. Après le départ du ministre, il a repris la direction de Yaoundé, promettant revenir en novembre pour l’organisation d’un séminaire atelier » assure une source introduite.


Yvette MBASSI-BIKELE

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