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Cameroun: Aller jusqu'au bout de la reforme des manuels scolaires

Cameroun: Aller jusqu'au bout de la reforme des manuels scolaires

L’impulsion donnée par le Premier ministre, chef du gouvernement, à la politique nationale du livre et des manuels scolaires mérite d’être saluée.

L’avis à manifestation d’intérêt que vient de publier le ministre de l’Education de Base vient matérialiser la décision d’un livre unique par matière dès la rentrée prochaine. Le retour à un seul livre par matière et ce pour une validité de six ans est une courageuse décision quand on connaît le mercantilisme qui entoure le marché du livre scolaire au Cameroun.
Les connexions mafieuses entre les divers acteurs de la filière avaient fini de transformer le manuel scolaire en un « deal juteux ». Les batailles auxquelles se livrent les acteurs pour le contrôle de ce marché ont galvaudé le contenu du livre scolaire. Dans une récente circulaire, le PM dressait un violent réquisitoire de l’environnement de ce secteur caractérisé par les conflits d’intérêt, les délits d’initié et l’amateurisme.
La multiplicité des manuels scolaires par matière et leurs fréquents changements ont provoqué un relèvement du coût d’accès à l’éducation

pour les familles et des risques de santé sur les apprenants, du fait du poids de plus en plus élevé des cartables. Il faut dire que le problème se pose avec acuité depuis la fin des années 90.
Pendant plusieurs décennies, le nombre de manuels scolaires au programme n’a cessé d’augmenter et de se diversifier. Les contenus des programmes, les méthodes d’enseignement et d’apprentissage en ont pris un sérieux coup.
A travers ces mesures, le gouvernement veut certainement corriger les dérives qui ont longtemps pris un ancrage dans ce secteur névralgique. La réorganisation du Conseil national d’agrément des manuels scolaires désormais placé désormais sous l’autorité directe du PM et la création de la Commission nationale chargée du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre de la politique nationale du livre nouvellement créée et coiffée par le SG des services du PM montrent que les pouvoirs publics veulent « dératiser » ce milieu.
Le gouvernement va plus loin dans cette politique volontariste. La gratuité des livres scolaires dans les zones d’éducation prioritaire dès la rentrée prochaine et les abattements fiscaux accordés aux entreprises du secteur traduisent le souci du gouvernement d’offrir les chances d’éducation à tous les enfants camerounais.
Il reste que l’Etat aille jusqu’au bout de cette réforme. En s’assurant de la production des livres et manuels scolaires de qualité, du point de vue de leur valeur scientifique, de l’approche pédagogique appliquée, et de leur présentation matérielle. Mais les anciennes pratiques ne seront pas tout de suite et facilement conjurées.
Des acteurs véreux qui ont longtemps pris cette filière en otage vont tenter de ramer à contre-courant de cette révolution. Les instances chargées d’implémenter cette nouvelle politique devront donc se monter proactives en veillant au respect scrupuleux de ces nouvelles mesures.


Grégoire DJARMAILA

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