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Le courant électrique tue. Faisons-y attention

Cameroun - Crise anglophone : Yaoundé réduit la marge de manœuvre des diplomates

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Au groupe des ambassadeurs africains accrédités au Cameroun, les autorités locales ont, le 30 mai dernier, dévoilé la « bonne » approche vis-à-vis de certains sujets d’actualité.

La maxime est bien connue : «En diplomatie, parfois les mises en garde sont habillées comme des moments de convivialité». On l’a expérimenté le 30 mai 2018 au ministère des Relations extérieures (Minrex) à Yaoundé. Où ce jour-là, Adoum Gargoum, ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, chargé de la coopération avec le monde islamique, préside une rencontre avec le groupe des ambassadeurs africains accrédités au Cameroun.
Le prétexte de la clôture des activités relatives à la 55e Journée de l’Afrique permet aux deux parties de faire, à huis clos, le point sur trois sujets d’actualité. A l’ordre du jour : la politique du gouvernement camerounais en matière de lutte contre la corruption, la situation sécuritaire dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest et l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations en 2019.
Selon nos informations, le rapport de ladite réunion est produit, mais n’est pas toujours rendu

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public. Une source ayant pris part aux discussions explique que «dans ce type de huis clos, les autorités imposent deux choses : une terminologie et le profil des participants ». Sous anonymat, la même source souffle qu’au départ, l’ordre du jour évoqué plus haut ne contenait qu’un seul point décliné en «marge diplomatique de la gestion de la situation sécuritaire dans les régions du Nord-ouest et du Sudouest ».
Ce libellé résonnait, insistet-on, en écho «aux dérives langagières» de Peter Henry Barlerin, ambassadeur des États-Unis au Cameroun, sur le sujet. Suffisant pour expliquer la présence à cette rencontre de Galax Yves Landry Etoga, le secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la gendarmerie nationale.


Com’ verticale
Suffisant également pour comprendre la verticalité de la communication de la partie camerounaise. «Cette occasion était un mélange de libéralisme teinté d'un brin de dirigisme sur fond de foi absolue dans le credo de l’option gouvernementale», théorise notre source. Et comme stratégie d’évitement, le groupe des ambassadeurs africains accrédités au Cameroun a eu l'intelligence de s'éjecter subrepticement sans grande déclaration. On le ressent d’ailleurs dans la posture de leur doyen, Martial Beti Marce.
Au terme de la réunion, l’ambassadeur de la République centrafricaine (RCA) a clairement dit que, s’agissant de la situation sécuritaire dans le Nord-ouest et le Sud-ouest du Cameroun, «il est important de tenir compte exclusivement des communications officielles qui donnent des éléments objectifs ainsi que la position du gouvernement que les ambassadeurs relaient par la suite à leurs gouvernements ».


Jean-René Meva’a Amougou

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