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Sécurisation des titres identitaires camerounais : Les services de l'état-civil indexés

Sécurisation des titres identitaires camerounais : Les services de l'état-civil indexés

Environ trois millions de Camerounais privés de CNI et de passeports authentiques. A l’origine, leur double identité. Le contrôle des services de l’état-civil remis en question.

Il y’a quelques semaines, des individus sans foi ni loi ont fait courir des rumeurs alarmantes sur une prétendue rupture du stock de certains titres identitaires camerounais, notamment les carnets de passeports et les Cartes nationales d’identité. Cette information a aussitôt été démentie par la Délégation Générale à la Sûreté Nationale. Les journalistes, qui ont pu visiter le Centre national de production des passeports à la Délégation Générale à la Sûreté Nationale, se sont ainsi rendus compte d’eux-mêmes qu’il n’y a aucune pénurie des carnets de passeport, le stock actuellement disponible pouvant couvrir une période de plus d’un an. En conséquence, il n’y a aucun blocage, ni dans la production des passeports, ni dans la production des Cartes nationales d’identité, ceux des usagers ayant déposé leurs dossiers faisant des retraits à date dans les dix commissariats de l’émi-immigration à travers les dix régions du Cameroun.


Double identité
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/>Ceux des usagers ne pouvant pas entrer en possession de leurs passeports, encore moins de leurs Cartes nationales d’identité, sont tout simplement victimes du passage à la validation du nouveau système d’identification du simple fait de leur double identité. Il est en effet important de relever que dans le cadre de la sécurisation des titres identitaires camerounais, les données du passeport doivent désormais concorder avec la base des données de la Carte nationale d’identité. Or beaucoup de citoyens ont des informations erronées, voire contradictoires contenues dans leurs bases de données identitaires. Du coup, on ne peut pas délivrer le passeport et la Carte nationale d’identité dans de telles conditions à ceux-là. Toute chose qui donne l’impression d’un quelconque blocage. Et pourtant, il n’en est rien. Lancée en août 2016, la nouvelle Carte nationale d’identité du Cameroun et la refonte totale du système d’identification et de fabrication des nouveaux titres identitaires illustrent la volonté des autorités policières de renforcer la sécurité sur le territoire en luttant en particulier contre l’usurpation d’identité et la fraude documentaire.


Services de l’etat-civil
A l’origine de la double identité chez certaines personnes, la défaillance des services de l’état-civil à travers les dix régions du pays. Le contrôle insuffisant desdits services au Cameroun a pour corollaire, entre autres, le développement de ce qu’on appelle généralement la fraude documentaire qui affecte les actes de naissance, les actes de mariage et les actes de décès. Il est difficile d’indiquer, chiffres à l’appui, l’ampleur du phénomène, mais on sait qu’à côté des documents authentiques dressés conformément à la loi, circulent d’autres qui ne sont que le fruit de l’imagination sans limite de certains compatriotes malhonnêtes. Les anecdotes, fondées sur des faits réels, sont légion à ce sujet. C’est ainsi qu’il n’est pas rare de rencontrer des individus possédant plusieurs actes de naissance, l’objectif étant généralement de rajeunir de plusieurs années pour pouvoir se présenter à un concours administratif ou intégrer une équipe de football où il y a des exigences liées à la limite d’âge.
En fouillant un peu, on trouvera également dans notre entourage des personnes munies de faux actes de mariage, parfois des individus issus des mêmes parents mais unis par les liens du mariage, afin de pouvoir négocier favorablement une affectation ou se rendre à l’étranger dans le cadre du regroupement familial. De faux actes de décès existent également, dressés par des « ayants-droit » sans foi ni loi et aux motivations inavouées.


Nationalité Camerounaise
Du fait de ces pratiques, des soupçons de faux entourent les actes d’état-civil présentés par les Camerounais qui sollicitent une Carte nationale d’identité, un passeport ou encore un visa pour se rendre à l’étranger. Si bien qu’aujourd’hui, les services compétents de la Délégation Générale à la Sûreté Nationale, en optant pour le choix de l’innovation technologique pour lutter contre la contrefaçon, ont positionné le Cameroun à la pointe des pays d’Afrique. Plusieurs ambassades, elles, se donnent désormais du temps pour vérifier l’authenticité des actes présentés par les requérants. Au bout de l’enquête, plusieurs documents non authentiques sont détectés et le visa refusé, à juste titre.


Richard BONDOL, L'Equation

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