Next

Cameroun: Retrait de la licence de Vodafone en cours

Cameroun: Retrait de la licence de Vodafone en cours

Depuis le 31 août, le DG de l’Art a reçu l’autorisation de la ministre des Postes et télécommunications de signifier à cette entreprise qu'elle n’a plus le droit d’opérer au Cameroun.

La ministre des Postes et télécommunications estime que le temps des conciliabules est terminé dans le dossier Vodafone. Mme Minette Libom Li Likeng a adressé le 31 août une correspondance au directeur général de l’Agence de régulation des télécommunications (ART) dont les termes sont sans équivoque. Elle demande instamment au régulateur de procéder au retrait de la licence octroyée le 3 mai 2010 à Northwave sur laquelle fonctionne Vodafone, nom commercial utilisé par Afrimax pour fournir des services de 4G LTE sur le marché camerounais. La Minpostel accuse Vodafone d’exercer dans l’illégalité depuis le lancement de ses activités le 23 septembre 2016 à Douala. Selon Mme Libom Li Likeng, il n’existe plus de licence Northwave car en rachetant 100% des parts de cette entreprise, Afrimax a ipso facto éteint sa licence délivrée par son prédécesseur Jean-Pierre Biyiti bi Essam. En effet, en vertu de l’article 30 du décret du

PM du 6 avril 2017 fixant les modalités d’établissement et d’exploitation des réseaux et de fourniture des services de communication électronique soumis à l’autorisation, une licence est « personnelle, incessible et ne confère aucun droit d’exclusivité ». Le titre provisoire d’exploitation délivré par l’ancien directeur général de l’ART, Jean-Louis Beh Mengue, à Vodafone le 8 janvier 2015 est lui-même devenu nul et non avenu à la suite de la mise en demeure publiée par la ministre des Postes et télécommunications. Selon les termes d’un communiqué signé le 18 janvier 2017, Mme Libom Li Likeng demandait à tous les 22 opérateurs détenteurs d’un titre provisoire à déposer à ses services les demandes de titres d’exploitation pour une régularisation de leur situation au plus tard le 14 février. Certains opérateurs s’y sont conformés, mais pas Vodafone. D’après nos informations, la Minpostel est disposée à aller jusqu’à la pose des scellés au siège de Vodafone et ses succursales au Cameroun si cette entreprise s’obstine à ne pas se conformer à la règlementation. Le courroux de Mme Libom Li Likeng est assis sur ce qu’elle perçoit comme une défiance de Vodafone-Afrimax, qui concentre son énergie à engager une opération d’extension de ses activités dans les autres villes au Cameroun après Yaoundé et Douala, alors qu’elle se sait en marge de la réglementation. Pis encore : la Minpostel redoute que l’extension de activités d’une société qui a mal à la loi ne provoque de graves problèmes de sécurité au regard de la sensibilité des télécommunications. Bien avant les parlementaires, les autres opérateurs du secteur des télécoms, notamment Orange Cameroun, MTN Cameroon et Nexttel, avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur cette entreprise qui a lancé des services avec la technologie LTE (4G) sans avoir payé de licence spécifique. Ils regrettaient que malgré ce handicap, Vodafone s’attaque aux mêmes segments de marché que les opérateurs mobiles. « Cela fait peser un grave risque sur le développement de ce secteur et la préservation des intérêts des investisseurs existants », se plaint un opérateur. D’autre part, les sénateurs ont participé à la décision de Mme Libom Li Likeng. Au cours d’une séance des questions orales aux membres du gouvernement, le sénateur Pierre Flambeau Ngayap s’était interrogé sur le statut de Vodafone dans des termes sans nuance : « Avez-vous délivré une licence à Vodafone ? », avait-il asséné. Réponse sans ambages de la Minpostel : « Vodafone Cameroun ne dispose d’aucun type de licence (première et deuxième catégories) pour exercer au Cameroun en qualité d’opérateur de communication électronique ». Au moment de cet exercice parlementaire, qui a eu lieu le 14 juin dernier, Mme Libom Li Likeng avait déjà engagé des discussions avec les représentants de Vodafone Cameroun. Selon des confidences recueillies auprès des responsables du ministère des Postes et télécommunications, Vodafone s’est révélée réfractaire à se conformer à la réglementation, mettant en avant les dizaines d’emplois créées et les impôts à payer. Depuis le 2 août, le dialogue est bien rompu entre les responsables de Vodafone et la tutelle.

Parfait N. Siki

Laisser un commentaire

Les champs marqués d'un astérisque (*) sont obligatoires.

Validez votre Email une unique fois. Pas de commentaire tribal, violent, injurieux, diffamatoire, raciste, antisémite, négationniste, obscène ou publicitaire ici. Merci!

Haut de page

Partenaires

Habari-cemac