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Cameroun - Patrimoine culturel : L'impératif de la valorisation de la médecine traditionnelle

Cameroun - Patrimoine culturel : L'impératif de la valorisation de la médecine traditionnelle

La problématique était au centre de «la causerie africaine» organisée par Ama Tutu Muna, ministre des Arts et de la Culture (Minac) dans les jardins du Musée national à Yaoundé, le 07 août.

Partant de la sagesse selon laquelle la plus complète des pharmacies de l’homme c’est la nature qui produit des aliments qu’il consomme, les professionnels de la pharmacopée traditionnelle, réunis autour de la ministre Ama Tutu Muna, sont parvenus à la conclusion qu’il faille identifier, répertorier, sauvegarder et surtout pérenniser les savoir-faire de la médecine traditionnelle. En d’autres termes, la science occidentale ayant échoué en Afrique, il est impératif de faire l’inventaire des connaissances avérées des tradi-praticiens ou «sorciers» locaux, à l’effet d’élaborer au bout du processus des codes et références, capables d’en être transmis de génération en génération. Mais, ce domaine étant transversal, tout processus de valorisation passe, selon la Minac, par l’implication de nombre de départements ministériels concernés : «la Culture, la Santé, l’Environnement, l’Agriculture, la Recherche scientifique…». S’agissant du volet culturel, Ama Tutu Muna a, après avoir écouté les propositions des uns et des autres, prescrit des séances

de travail entre les tradi-praticiens et la directrice du patrimoine culturel au Minac. Ce sera ainsi l’occasion, à l’image des pays asiatiques, de redorer le blason de la riche culture camerounaise, «Afrique en miniature». La finalité même de l’indicamétrie du professeur Moustapha Diabaté (Ivoirien) : une science qui invite l’Afrique à se prendre en main, à partir de ses nombreux atouts culturels. Notamment, en matière de santé publique : la conciliation de l’invisible au visible, les méthodes culinaires ancestrales, la production des aliments bios riches en micronutriments…

L’Agrothérapie en vitrine
Au cours de «la causerie africaine», placée sous le thème «Agrothérapie et Indicametrie : l’autopropulsion culturelle, énergie pour la vie», et modérée par l’anthropologue François Bingono Bingono, l’Ivoirien Gabré Siékouet, de passage à Yaoundé, a présenté son expérience et les prouesses de l’Agrothérapie : médecine causative naturelle et universelle, basée sur le culinaire, c’est-à-dire les aliments bios que l’homme consomme et indispensable pour sa santé. D’après M. Siékouet, «l’Afrique est capable d’impulser son propre développement». Et partant de cette logique, l’agrothérapeute ivoirien soutient que «les Africains doivent se soigner à partir des aliments de la terre». Mais pour bénéficier de toutes les vertus que présentent les végétaux (bios), le médecin traditionnel conseille de «consommer crus des aliments». L’inventeur de l’Agrothérapie a présenté aux professionnels de la médecine traditionnelle camerounaise des produits thérapeutiques à base du cacao et du café. Notamment, le Café tribiologique Dyno qui est une boisson ayant des pouvoirs à la fois bio-nutritif, bio-préventif et bio-traitant. Une originalité africaine qui n’a rien à envier à la médecine moderne et occidentale.

D’après l’inventeur, «Dyno restitue à l’organisme sa capacité naturelle à résister aux pathologies». Notamment, des maladies dites de la civilisation que sont le diabète, l’hypo/hypertension artérielle, le cholestérol, la colopathie fonctionnelle, les hémorroïdes, les insuffisances rénale et cardiaque, les dysfonctionnements sexuels, ainsi que des maladies cardiovasculaires et métaboliques. Contrairement à la pensée occidentale, selon l’expert traditionnaliste, les outils de mesure intervenant dans la pharmacopée traditionnelle ne sont aucunement pas archaïques et aléatoires. Bref, le conférencier du jour a insisté sur la nécessité du recours à une hygiène alimentaire basée sur le naturel, la modération et le bon usage des denrées, tout en exhortant son auditoire à être son propre médecin. «Il faut que nous puissions nous approprier notre santé», a-t-il renchéri.

Pierre Amougou

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