Cameroun-Israël : l’ambassadeur Amnon Kalmar quitte Yaoundé

Ambassadeur Israël Cameroun – audience de départ Mbella Mbella

Amnon Kalmar est venu dire au revoir. Après un peu plus de deux ans passés à Yaoundé, l’ambassadeur d’Israël au Cameroun a été reçu ce jeudi par le ministre des Relations extérieures, Mbella Mbella, en présence du ministre délégué chargé de la Coopération avec le Commonwealth, Félix Mbayu. Une audience protocolaire, presque banale sur le papier. Sauf que ce départ intervient dans un climat où beaucoup de Camerounais n’ont clairement pas digéré certaines prises de position d’Israël ces derniers mois.

Un bilan diplomatique que Yaoundé veut retenir

Arrivé en juin 2024, Kalmar aura passé son mandat à muscler une coopération qui existe depuis des décennies entre les deux pays. Le secteur sécuritaire arrive en tête. Israël forme les forces camerounaises à la lutte antiterroriste, un appui que le pays juge stratégique face à Boko Haram et aux groupes armés dans certaines zones frontalières.

Mais la coopération dépasse largement le volet militaire. Le centre hi-tech de l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé, inauguré en 2012, est né de cette collaboration. Un département d’impression 3D a suivi en 2017. Et la santé n’a pas été oubliée. En 2019, dix chirurgiens israéliens de haut niveau sont venus former une cinquantaine de spécialistes camerounais à la chirurgie d’urgence, une opération réitérée l’année suivante et saluée par le corps médical local.

L’agriculture complète ce tableau. Un accord signé en mars 2026 avec l’entreprise israélienne Ekobell prévoit un investissement d’environ 98 milliards de francs CFA pour exploiter 10 000 hectares de riziculture dans plusieurs localités du pays. Un projet d’envergure, à condition qu’il tienne ses promesses dans la durée.

Ce que la diplomatie ne dit pas

Le truc c’est que cette coopération technique, aussi solide soit-elle, s’est heurtée à un mur d’incompréhension chez une partie de l’opinion camerounaise. La guerre menée par Israël contre l’Iran, puis les tensions persistantes avec certains voisins de l’État hébreu, ont nourri une colère visible sur les réseaux sociaux et dans la rue. « On ne peut pas fermer les yeux sur ce qui se passe là-bas et applaudir les projets agricoles ici », lâcherait facilement un confrère en salle de rédaction.

Cette contradiction, Yaoundé la gère avec prudence. Officiellement, rien ne change dans le partenariat. Officieusement, le malaise est palpable chez une partie de la population, qui reproche à Israël une politique étrangère jugée agressive envers ses voisins. Difficile de ne pas y voir un décalage entre les intérêts d’État, tournés vers la sécurité et l’économie, et le ressenti populaire, marqué par les images de conflits à des milliers de kilomètres de Yaoundé.

Le nom du successeur de Kalmar n’a pas encore été communiqué. Une chose reste sûre : il héritera d’un partenariat solide sur le papier, mais d’une opinion publique nettement plus méfiante qu’il y a deux ans.

Ne manquez aucune actualite !

Google Suivez-nous sur Google Actualites

Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop

✍️ À propos de l'auteur
Christiane Tamoura Engo
Christiane Tamoura Engo

Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.

📰 Voir tous ses articles →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *