l y a, sur le sujet du transport urbain au Cameroun, plus que matière à réflexion. Les nostalgiques soutiennent non sans raisons que depuis la fin de l??ère de la « SOTUC » et le désengagement direct de l??Etat, c??est la galère. A Yaoundé comme ailleurs, il est triste, le quotidien du citoyen ordinaire qui doit faire preuve de pragmatisme, de patience et de « philosophie » pour se déplacer en ville avec aisance et à moindre coût. Les essais de remise en route d??un système de transport urbain fiable et compétitif, se sont souvent jusqu??ici soldés par des demi-mesures et pourquoi ne pas le dire des échecs et beaucoup de querelles qui taisent à peine
les batailles pour la recherche d??intérêts inavoués. Comment comprendre en effet que le débat ne porte jamais vraiment sur l??essentiel : l??outil de production. Rien d??autre d??abord que le choix d??un partenaire ayant déjà fait ses preuves et disposé à mettre avant tout des autobus, de vrais, neufs fiables, avec des pièces de rechanges disponibles à temps au vu du poids de l??exploitation ? Pas le débat creux servi sur le nombre de lignes et autres sujets de distraction. La tête du gérant intéresse si peu l??usager dès lors qu??est assuré une bonne qualité d??un service efficace et régulier. Il y à peine cinq ans, avec l??arrivée du service actuel et ses congénères, on annonçait une ère nouvelle dans les transports urbains. Douloureusement pourtant, nous avons découvert en arpentant à coup de grèves et de promesses non tenues, le champ de ruine d??un système plus que défaillant. Nous avons appris comme souvent, à nous contenter du définitivement provisoire. D??abord les fameux « américains », ont curieusement débarqués avec des « bus chintok », sans aucune réserve de pièces de rechanges. Les nombreuses épaves qui meublent les parkings d??un siège qu??il n??on jamais construit attestent de l??incurie! Puis à coup de grasses subventions, ils ont allégé les bourses du contribuable avant de nous annoncer le déficit ! Ciel ! Comment s??en sortir quand à la faveur du lancement de bon droit par la communauté urbaine de Yaoundé d??un nouvel appel d??offres pour le réseau de transport urbain, des voix de l??immobilisme s??élèvent pour maintenir le statu quo? A l??échelle des grandes agglomérations du Cameroun, la question du transport urbain est une clé essentielle du développement et non un phénomène marginal. Pourquoi n??envisage-t-on pas à l??échelle nationale une vraie concession avec un partenaire solide au lieu des approches timides actuelles?Est-il encore possible d??éviter de rester dans l??errance du définitivement provisoire et des solutions plâtrées à la petite semaine ? Non si l??on s??acharne toujours à garder l??option actuelle qui aidera plus que jamais l??informel sans lendemains des « clandos », moto-taxi et autre vélo-taxi à fleurir. Oui si on va à l??essentiel en attaquant le mal à la racine. La problématique des transports urbains dans les pays en développement, la complexité des problèmes recommande de rechercher des options durables et multilatérales avec de solides partenaires qui ont des exigences parfois au dessus du pouvoir des collectivités.Laurent ABAH, CT
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