Le président de l??Union internationale de la presse francophone (Upf) fait le bilan des 41èmes assises, qui se sont achevées jeudi dernier à Yaoundé.Quel bilan faites-vous des 41èmes assises de l??Union internationale de la presse francophone ?Le premier élément du bilan est relatif à l??organisation parfaite de ces assises. Il y a eu souci, de bout en bout, d??offrir aux participants une rencontre internationale de haut niveau. Je pense que le Cameroun aura montré qu??il attendait, qu??il a voulu de ses assises et qu??il les a eu. Les participants s??en sont rendus compte, de leur arrivée à leur départ. On peut se féliciter de ce que tout a été mis en ??uvre au plan technique, moral, matériel pour que tout se déroule dans
de bonnes conditions. En ce qui concerne les travaux du colloque, il y a eu une grande participation de ceux qui sont arrivés des quatre coins de l??espace francophone et aussi des nationaux. ??a été exceptionnel, du début à la fin des concertations, la salle n??a pas désempli. Les gens sont restés tard. Quelque fois, les participants ne voulaient pas que les travaux s??arrêtent, alors que l??heure avait sonné. Sur ce plan, les débats ont été enrichissants.Pensez-vous avoir atteint les objectifs visés en organisant ces 41èmes assises? Oui. D??abord, il s??agissait de tenir parole. Ce qui a été faite, aussi bien par les organisateurs, qui ont lancé l??invitation, que par les participants qui ont répondu à celle-ci. Les 41èmes assises ont été l??occasion pour l??Upf de revenir sur le débat relatif à la suppression de la peine privative des libertés communément appelé, dépénalisation des délits de presse. La rencontre a permis à l??Upf de lancer une fois de plus un appel à l??endroit des pays francophones, afin qu??ils aillent dans le sens de la dépénalisation. Des pays s??y sont déjà mis comme la Côte d??Ivoire, le Togo. Il est bon que dans tout l??espace francophone, les différents gouvernements suivent cet exemple.Une dépénalisation des délits de presse n??amènera-t-elle pas les journalistes à croire qu??ils sont au-dessus de la loi ? Non. En dépénalisant les délits de presse, on met les journalistes devant leur responsabilité. Il est vrai qu??on peut reprocher des manquements à l??éthique et à la déontologie à certaines rédactions, à certains journalistes. Mais, on doit se dire qu??en définitive, sans passer par l??emprisonnement, les journaux, les radios, les télévisions vont se disqualifier eux-mêmes. Ils peuvent tromper les lecteurs, les auditeurs, les téléspectateurs, une fois, plusieurs fois. Mais, ils ne peuvent pas les tromper tout le temps. Dès que l??opinion publique va se rendre compte qu??on l??induit en erreur, elle va commencer à sanctionner les médias fautifs. Ces derniers perdront du lectorat ou de l??audience, selon le cas de figure. Par conséquent, les annonceurs vont se retirer ou baisser le montant de leur enveloppe par rapport à ces titres. Je pense que chaque média doit chercher à faire preuve de crédibilité, pour faire un travail avec sérieux et rigueur afin de mériter la confiance des lecteurs et des annonceurs.Quelle attitude le journaliste doit-il avoir avec la source d??information qu??est internet ? Une rédaction qui ne peut pas se rendre au bout du monde, pour vérifier une information ; une rédaction qui n??a pas les moyens d??avoir les correspondants à travers le monde entier a des sources d??information à ses pieds, à travers internet. Il suffit seulement qu??elle veuille redoubler de vigilance pour distinguer les sources crédibles de celles qui ne le sont pas. C??est important de le faire. Il y a un certain nombre d??informations qui sont jetées comme déchets sur la toile. Ensuite, les journalistes doivent se dire que rien ne peut justifier les manquements à l??éthique et à la déontologie. La question de la mise en ligne, qu??on soit dans les médias traditionnels ou Tic, les questions d??heure de bouclage, ne doivent nullement justifier qu??on ne puisse pas vérifier une information, la diversification de ses sources. C??est ça qui fait le journaliste.Propos recueillis par Priscille G. Moadougou Résolutions 1- Résolution relative à la suppression de la peine privative de libertéLa presse est l??outil essentiel de la démocratie. La liberté de l??information est un droit fondamental de l??homme.C??est la première de toutes les libertés?: si l??on l??étouffe, on peut étrangler toutes les autres, mais désormais dans le silence.Le journaliste n??est certainement pas au dessus des lois, mais son rôle social spécifique au service de la démocratie exige qu??aucune autorité politique, judiciaire ou administrative, n??entrave sa liberté de mouvement.C??est pourquoi les participants aux 41èmes Assises de la Presse Francophone réunis à Yaoundé, réclament à nouveau avec insistance la suppression de la peine privative en matière de délit de presse supposé.Ils demandent aux gouvernements francophones la levée des interdictions arbitraires de parution, d??émission et de vente qui frappent certains médias.2- Résolution relative à la protection du droit d??auteurLes participants aux 41èmes Assises der la Presse Francophone réunis à Yaoundé sur le thème?: «Ethique et déontologie à l??heure d??Internet», – Considérant que l??un des problèmes résultant de la mise en ligne des contenus des médias est celui du non respect des droits d??auteur et d??éditeur,- Considérant qu??un tel non respect peut causer un préjudice considérable aux auteurs légitimes de ces concurrents,- Considérant que les victimes de ces pratiques sont souvent des journalistes et des médias ne disposant que de moyens financiers limités,Engageant l??Upf à entreprendre une démarche officielle auprès des organisations compétentes et à leur demander de prendre toutes mesures pouvant mettre un terme aux violations des droits d??auteur et d??éditeur en matière de débat sur le support Internet. 3- Résolution relative aux instances d??autorégulationLa liberté de la presse et le droit des citoyens à recevoir une information indépendante de qualité impliquent d??abord un engagement personnel de chaque journaliste et de chaque éditeur de média à respecter l??éthique et la déontologie professionnelle. Mais les conditions socio-économiques de la production de l??information nécessitent aussi une régulation, de préférence la mise en ??uvre dans chaque pays, par les professionnels eux-mêmes, des dispositifs d??autorégulation destinés à garantir au public une information exacte, honnête et respectueuse des personnes et des groupes.Ces instances d??autorégulation, s??appuyant sur des codes de bonnes pratiques reconnues par tous doivent associer des représentants des publics pour éviter tout corporatisme et tenir compte de l??aspiration citoyenne que renforce le développement d??Internet.Les participants aux 41èmes Assises internationale de la presse francophone à Yaoundé appellent à renforcer et à vivifier de telles instances là ou elles font défaut. La liberté des journalistes et des médias, le respect des droits des citoyens, le développement d??une information de qualité ont tout à y gagner.
Ne manquez aucune actualite !
Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop



