Société

8e contingent Minusca : Pas d´état de grâce pour les militaires acteurs de vidéos

Le Mindef promet des sanctions sévères contre les indisciplinés. Il l’a réitéré lors de la remise de l’étendard aux 1070 éléments en route pour la Rca, occasion pour Joseph Beti Assomo de condamner les agressions sur le Forces de sécurité.

Aucun écart de comportement ne sera toléré, pour les soldats camerounais du 8e contingent de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) d´un total de 1070 hommes, dont militaires et 320 gendarmes. Avis aux éventuels auteurs de vidéos sur le théâtre des opérations, ceux-ci n´ont qu´à bien se tenir. Le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense met un point d´honneur sur la discipline, indiquant la présence de la Sécurité militaire (Semil), introduite pour traquer les militaires ne respectant pas les consignes prescrites par le haut commandement.

Contrairement au rendement opérationnel qui est grandement satisfaisant, il a été donné de constater des comportements déviants attribués à certains hommes, qui aujourd’hui font l´objet de procédures, actuellement pendantes et suivies de près et par le haut commandement militaire camerounais, et par les autorités onusiennes. Pas d´état de grâce pour les militaires indisciplinés du 8e contingent, ceux-ci sont avertis. « Vous allez en Rca en mission, et non pas sur un champ de spectacle, pour tourner des films, des vidéos et inonder les réseaux sociaux sur les moindres faits ou difficultés que vous auriez par là. La Semil a été introduite par nos soins pour combattre avec fermeté ce mode de diffusion des faits militaires dans les réseaux sociaux par les militaires eux-mêmes. Les cas établis, repérés et avérés seront sanctionnés comme cela se doit. Vous vous croyez seuls mais vous ne l´êtes pas, la Semil a été introduite dans les rangs et doit faire son travail », indique Joseph Beti Assomo.

Sur ce, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, les engage à prendre conscience de leur nouvel environnement opérationnel, lequel est désormais marqué par la présence de nouveaux acteurs bilatéraux du pays hôte, et dont les missions peuvent être tout à fait différentes des leurs. Ils les invitent à coopérer avec les habitants, en prenant en compte leur état d´esprit et à faire preuve de professionnalisme. « Vous devez également prendre en compte l´état d´esprit des populations locales, de certains acteurs officiels du pays voisin dans lequel semble se répandre une appréciation quelque peu mitigée des Forces internationales. Focalisez-vous sur vos missions, soyez vigilants, et ne cédez à aucune provocation d´où qu´elle vienne. Restés profondément attachés aux idéaux tels quel, soyez professionnels dans l ́accomplissement des tâches qui vous seront assignées, cultiver la solidarité, la camaraderie d ́armes à toute épreuve dans vos rangs et soyez les dignes promoteurs du rayonnement du Cameroun », invite Joseph Beti Assomo.

Des instructions fermes sont données aux encadreurs du 8e contingent de la Minusca en partance pour la Rca, à être des leaders dans l´encadrement des hommes. Ils devront être proactifs, en rendant compte dans les délais possibles à la hiérarchie, de toute situation pouvant porter atteinte à la crédibilité du Cameroun, ou entraver la bonne exécution des missions qui leur sont confiées.

La défiance des civils

Sortant de l´enjeu de cette cérémonie, le Mindef saisit cette occasion pour dénoncer l´insidieuse campagne de défiance menée par certains compatriotes civils sur les forces de défense et de sécurité. « Je saisis de cette opportunité pour m´adresser à l´ensemble des personnels des forces de défense et de sécurité ici rassemblés et aux quatre coins du Cameroun, et qui sont l´objet d´une intense et insidieuse campagne de défiance par certains de nos compatriotes civils, manifestement mobilisés. Tous les facteurs semblent indiquer une nouvelle entreprise de désacralisation, de dégradation de l´image et de confrontation organisés contre les représentants de la puissance publique arborant fièrement leurs attributs officiels. Loin de nous, de donner licence à nos hommes pour des comportements contraires à leur éthique professionnelle, aux droits de l´homme et droits humains dont les violations avérées donnent lieu à des sanctions par le haut commandement. Il s´agit de rappeler clairement aux citoyens civils leurs obligations vis-à-vis de la loi, des institutions et de ceux qui les incarnent ».

Le Mindef a précisé que les cas d’agressions seront punis. « Ordre vient d’être donné à tous les chefs des forces de défense et de sécurité, notamment à ceux des officiers de police judiciaire, d´ouvrir immédiatement et sans complaisance, les procédures judiciaires sous la houlette des procureurs de la République, tout nouveau cas d´agression ou d´outrage a fonctionnaire suivant les dispositions des articles 154, pour outrage de corps constitué et fonctionnaire, 156 sur les violences a fonctionnaires , 157 sur la rébellion et 185 sur les troubles dans le service. En tout état de cause, force reviendra à la loi », rappelle Joseph Beti Assomo.

Moïse Moundi

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