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| Est-Cameroun: QUAND LES FEMMES SE DECHIRENT POUR L’ACCES A L’EAU… |
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| Écrit par 237online.com |
| Mercredi, 08 Février 2012 20:58 |
La scène semble au départ très comique. Deux jeunes fillettes s’efforcent de séparer une bagarre rude entre deux femmes qui se déchirent les vêtements sous les regards très amusés des passants (des hommes en général). Nous sommes à Batouri, dans l’Arrondissement de la Kadey Département du même nom, province de l’Est au Cameroun. Les rires vont s’estomper immédiatement quand la cause de la bagarre est révélée à tous : « elles se battent pour l’eau du puits». Ceci n’est pourtant pas le propre de Batouri. Près de 3 milliards de personnes n'ont pas accès à l'eau potable dans le monde. Premières victimes comme le montre les acteurs de la bagarre, les femmes et de plus en plus les jeunes filles. En plus des occupations ménagères classiques, il leur revient les taches liées à l'hygiène et à l'alimentation. Obligées, elles le sont en quelque sorte car c’est vers elle qu’il faudra se tourner en cas de maladie dans la famille. Ces corvées d'eau tel que le relèvent Action Contre la Faim (ONG), « les exposent à des risques en termes de santé (portage de charges lourdes dès leur plus jeune âge) et de sécurité (viol ou vol sur le chemin). » L’eau qui est la vie devient donc pour elles non seulement un calvaire, mais pire encore, une source de frustration et de stigmatisation. Et pourtant, la femme reste et demeure le nœud central de la bonne santé de toute la famille et du dispositif d'eau et d'assainissement.
L’eau, oui mais a quel prix ? Pour aller chercher de l’eau dans les pays en voie de développement, l’habillement des femmes manifestent déjà d’un environnement difficile et de bataille. En dessous du pagne qui est nouée a plusieurs tours se cachent un petit short pour parer a toutes éventualités. Les femmes se parent de plus en plus et veillent a ce que le message aille jusqu'à leur jeunes progénitures. L’apprentissage par l’exemple. Non seulement la distance (avec ce que cela peut comporter comme surprises sur le chemin) est le premier obstacle, mais aussi la longue file et régulièrement ces accrochages qui surviennent lorsqu’une maligne souhaite sauter les étapes. « La loi c’est à chacun son tour, chacun a sa marmite à surveiller ». Et nul ne peut se dire au dessus de la loi. Même pas les femmes enceintes. Les charges tout comme les contraintes sont les identiques chez toutes. Pas étonnant de retrouver au registre des causes de mortalité infantile voire maternelle, dans ces zones rurales, la diarrhée, l'hépatite E, et quelques accidents physiques. Selon l'OMS et l'UNICEF en 2010, « l’Afrique Subsaharienne enregistre plus de 2 millions de décès chaque année des conséquences de diarrhées attribuées à la consommation d'eau non potable, au manque d'hygiène et d'accès à des structures d'assainissement, dont 1,2 millions d'enfants de moins de 5 ans ». Les maladies hydriques outre le fait qu'elles représentent une cause prépondérante de mortalité infantile (22% des causes de décès des moins de 5 ans, OMS 2010) sont également des facteurs aggravants de la sous-nutrition, notamment pour les populations les plus vulnérables, les femmes enceintes et allaitantes et les enfants de moins de 5 ans. L’accès a l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement permet ainsi de relever tous ces défis. Les populations généralement s’organisent pour faire face à ces défis. Mais seulement les efforts sont insignifiants devant la demande qui est toujours croissante. Elles concernent en général la gestion des points d’eaux aménagées, quelques toilettes publiques payantes mis en place par les commune rurale, pour ne citer que ceux-là. Cependant, mettre en œuvre des pratiques d'hygiène adaptées pour les soins aux nouveaux nés et aux enfants en bas âge nécessite d'avoir accès à l'eau en qualité et en quantité suffisante, à un environnement sanitaire acceptable et à des produits d'hygiène de base. Concernant les femmes et les fillettes, leurs besoins sont plus spécifiques. Ils incluent indirectement l’accès a l’emploi des hommes, des campagnes accélérées d’information et d’éducation à l'hygiène corporelle et environnementale. Il serait également à envisager la mise en place des mutuelles coopératives pour la distribution d’eau, des poubelles hygiéniques. Dans les écoles, les organisations internationales seraient d’un grand appui par la mise à disposition des toilettes modernes adaptées pour les filles en particuliers. Eddy Patrick DONKENG, 237online.com
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La scène semble au départ très comique. Deux jeunes fillettes s’efforcent de séparer une bagarre rude entre deux femmes qui se déchirent les vêtements sous les regards très amusés des passants (des hommes en général). Nous sommes à Batouri, dans l’Arrondissement de la Kadey Département du même nom, province de l’Est au Cameroun. Les rires vont s’estomper immédiatement quand la cause de la bagarre est révélée à tous : « elles se battent pour l’eau du puits». 