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| Afrique : Qu'est-ce qu'une élection réussie ? |
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| Écrit par Gabonews |
| Mercredi, 01 Février 2012 09:17 |
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Dans une analyse récente, nous écrivions que des élections réussies n'existent pas, ni en Afrique ni ailleurs dans le monde. Tout se joue dans l'état d'esprit qui anime les acteurs du scrutin, selon qu'ils sont animés par la volonté de construire, ou celle d'obstruer. Certes, des mécanismes sont prévus pour déterminer objectivement le vainqueur d'une élection, mais si un des protagonistes ne veut pas faire preuve de fair play, alors c'est le début d'un interminable marathon.
L'Union Africaine vient de nous en faire la preuve magistrale, à l'occasion de l'élection du Président de la ladite Commission. C'est une allégorie des maux qui minent le continent qui ont été dévoilés de manière brutale à la face du monde. Au premier tour, Jean Ping, a obtenu 28 voix et Nkosazana Dlamini-Zuma 25. Au deuxième tour, il a conservé son avance avec 27 voix contre 26 pour Madame Dlamini-Zuma. Au troisième tour, l'ancien Ministre des Affaires Etrangères gabonais a rassemblé 29 voix contre 24 pour la Sud-Africaine. Les statuts de l'organisation indiquent que cette dernière doit retirer sa candidature, afin qu'à l'issue du quatrième tour, le candidat restant obtienne la majorité des deux tiers indispensable à son élection. L'Afrique a besoin d'unité et de coopération, dans des temps difficiles et cruciaux à tout point de vue. Après la disparition du Grand Guide libyen, l'espoir était légitime de voir l'organisation panafricaine entrer dans une ère moins folklorique et moins instrumentalisée, mais plus consciente de sa responsabilité et de son rôle à jouer, en Afrique et dans le monde. Il est paradoxal que l'UA, dont la mission consiste à intervenir afin de débloquer des situations électorales compromises soit, à son tour, l'objet d'une crise électorale. Comment sortir de cette impasse ? Au-delà du nécessaire changement du mode de scrutin, il s'agit, une fois de plus pour le perdant à une élection, de transcender son ego, devant la réalité de l'élection : à tous les tours de l'élection, la majorité des Etats africains a prouvé qu'ils ne veulent pas d'une puissance à la tête de l'UA. C'est une loi non écrite au sein des organisations internationales que l'on retrouve, par exemple, aux Nations Unies : il ne viendra pas à l'idée des pays membres du Conseil de Sécurité de présenter des candidats au poste de Secrétaire Général. Quelque chose de plus grand qu'un statut de super puissance africaine ou un siège au Conseil de Sécurité est au centre des débats : c'est le sort de plusieurs millions de malgaches dont la situation politique n'a pas été évoquée qui se joue, c'est la mémoire des victimes d'Hissein Habré qu'il faut réhabiliter et dont la question a été éludée, c'est le commerce intra africain qu'il faut valoriser pour faire sortir des millions d'Africains de la pauvreté qui est en jeu. |






