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| Afrique: La Cemac multiplie les projets énergétiques |
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| Écrit par Le Quorum |
| Mardi, 31 Janvier 2012 13:20 |
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Du fait de la vétusté des infrastructures existantes et de la rareté des investissements consentis, les pays de l'Afrique centrale souffrent d'une crise énergétique qui freine la croissance. Aujourd'hui, la Cemac multiplie les projets.
Difficile de séjourner dans une capitale de l'Afrique centrale sans devoir faire face à une coupure d'électricité. Cette récurrence révèle une réalité simple : depuis les années de crise économique, les pays de la zone ont peu investi dans la production et le transport d'énergie. Conséquence, tous connaissent des crises énergétiques qui causent des désagréments aux ménages, mais surtout qui plombent la croissance économique, du fait de leur impact sur le fonctionnement des entreprises.
En tête des priorités Cette réalité commune à tous les Etats de l'Afrique centrale a provoqué une prise de conscience générale au sein des gouvernements de la région. Désormais, dans chaque pays, des programmes énergétiques ambitieux sont élaborés et leur mise en œuvre apparaît en tête des priorités. Plusieurs de ces projets, considérés comme intégrateurs, sont pilotés dans le cadre du Pool énergétique de l'Afrique centrale (PEAC), organisme spécialisé de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC), qui regroupe dix pays (Angola, Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, RDC, Sao Tomé et Principe et Tchad). Les pays de la Cemac entendent tirer avantage de la mise en place, depuis 2003, de ce PEAC, qui vise à valoriser l'énorme potentiel hydroélectrique de l'Afrique centrale « pour satisfaire, à l'horizon 2025, toutes les formes de demandes en électricité au sein et en dehors de l'espace CEEAC via des boulevards énergétiques interconnectés et des marchés libres d'échange d'énergie électrique efficaces et prospères. » Avenir hydroélectrique Tout de même, précise-t-il, « il y a quatorze projets d'électrification transfrontalière ». Il y a aussi une dizaine de projets de construction de centrales hydroélectriques et de lignes d'interconnexion associées qui sont en cours d'étude. « Les Etats sont en train de construire des infrastructures au niveau national qui ont un impact régional. C'est notamment le cas au Cameroun, avec la construction du barrage hydroélectrique Memve'ele, qui va être interconnecté avec le barrage hydroélectrique des Singes, de même qu'avec un deuxième en Guinée équatoriale. Tous ces projets à fortes capacités de production qui se réalisent aux niveaux nationaux vont donc être interconnectés », déclare le responsable du PEAC. De son côté, la Guinée équatoriale mise sur la construction d'une centrale hydroélectrique de 100 MW sur le Rio Wele, pour participer à la fourniture d'énergie commune avec notamment le Gabon et le Cameroun. Plan vert pour le Tchad La région veut exploiter son potentiel d'énergie pour accroître substantiellement le taux de pénétration de l'électricité, qui plafonne à moins de 3%. Déjà, indique la Banque mondiale, qui appuie le Tchad dans son programme énergétique notamment en matière de gestion et de transport, la STEE (Société tchadienne de l'eau et de l'électricité) a pu porter sa capacité de production thermique de 9 à près de 30 MW, en réhabilitant les groupes de l'ancienne centrale et en achetant des groupes thermiques comme cette centrale diesel flambant neuve de 21 MW installée à Farcha, sur financement de la Banque islamique de développement (BID). Monter en puissance L'autre projet phare d'infrastructure énergétique au Congo est assurément celui de Chollet, au nord du pays, dans la Sangha, à la frontière avec le Cameroun. La réalisation de ce barrage de 600 MW, pour un coût de 700 millions de dollars, pourrait se faire avec le concours de la coopération chinoise, qui a déjà signé les premiers accords. « Le Congo voudrait construire un barrage hydroélectrique de 400 à 600 mégawatts. Les amis chinois se proposent de nous aider à trouver des financements et, également, à réaliser la construction de cet ouvrage. Il y a une forte volonté politique du gouvernement congolais pour que les financements soient rapidement mobilisés pour ce projet », a indiqué le directeur général de l'énergie, Jean-Marie Iwandza. C'est également un projet qui profitera à plusieurs Etats de la région. D'ores et déjà, un accord a été signé par le ministère congolais de l'Energie et de l'Hydraulique, et le ministère camerounais de l'Energie et de l'Eau, en vue de la mise en synergie des moyens pour la production et le transport de cette énergie dont devraient également profiter le Gabon et la République centrafricaine. Le lancement des travaux est prévu pour le mois de juin prochain. L'interconnexion électrique des barrages hydroélectriques d'Inga (RDC), de Cabinda (Angola) et de Pointe-Noire (Congo) devrait également aider à accroître la production énergétique congolaise, en appoint à la centrale à gaz récemment mise en place dans la région. Sur le plan de la production thermique, le gouvernement a mis en place une société à capitaux mixtes baptisée « la centrale électrique du Congo », détenue à 80% par l'Etat et 20% par la filiale ENI-Congo. Cette société développera une centrale électrique à gaz de 300 mégawatts pour un investissement total de 462 millions $. Avec la Chine Parer au plus pressé Ce plan de développement prévoit des investissements de 5853 milliards Fcfa dans les dix prochaines années. Il comporte des projets de production et de construction de réseaux qui vont porter la production à 3000 MW en 2020. Pour parer au plus pressé, les solutions à court terme ont été retenues : la construction d'une centrale thermique à fioul lourd de 86 MW à Yassa, près de la Dibamba, entrée en service en décembre dernier, la construction à Kribi d'une centrale à gaz de 216 MW dont la mise en service est projetée pour 2012, et la réhabilitation du barrage de Lagdo. Financements bouclés Par ailleurs, cette année, les tables rondes d'investisseurs devraient s'enchaîner pour le financement des barrages hydroélectriques de 280 MW à Nachtigal, 900 MW à Song Mbengé, 12 MW à Colomines, 75 MW sur la Birni à Warak. La « politique de l'émergence » Dans chacun de ces pays, l'intensification de la construction d'infrastructures énergétiques s'accompagne d'une politique de desserte des zones rurales. Les coûts de transport et les pertes techniques en ligne restant importants, la tendance générale est au développement des microcentrales de production ou de vulgarisation de l'énergie solaire. Une approche saluée, mais qui bute encore sur un obstacle majeur : le coût d'accès aux équipements photovoltaïques reste prohibitif, faute d'usines de fabrication sur place. |






