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| La guerre à la minijupe est déclarée au Malawi |
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| Écrit par Slate Africa |
| Lundi, 30 Janvier 2012 12:34 |
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Certains Malawites rêvent de revenir au temps de la dictature et imposer une tenue « décente » aux femmes. Celles-ci sont harcelées depuis des mois par des bandes de vendeurs de rues et de jeunes désoeuvrés. Le 19 janvier l'affaire a pris un ton plus grave quand une dizaine de femmes ont été publiquement déshabillées, sous prétexte qu'elles étaient en minijupes ou pantalons, rapporte le site d'informations locales, Bulawayo News.
Les femmes ont immédiatement riposté. Le 20 janvier, elles étaient plusieurs centaines à descendre dans les rues de Lilongwe, la capitale administrative et de Blantyre la capitale économique, pour protester contre ces agissements. Elles avaient pour l'occasion revêtues minijupe ou pantalon et brandissaient des pancartes dénonçant le harcèlement dont elles sont l'objet. Dansant et chantant elles ont aussi écouté les politiciens et les militantes des droits des femmes qui s'étaient joints à la manifestation. « Il est choquant qu'en 2012, on en soir encore à discuter de ce sujet, comme nous le faisions il y a dix huit ans, quand une loi sur les tenues vestimentaires nous était imposée », a notamment souligné Ngeyi Kanyongolo, professeur de droit à l'université du Malawi. L'affaire qui rappelle de très mauvais souvenirs à nombre de Malawites fait beaucoup de bruit dans ce petit pays d'Afrique australe, indépendant depuis 1964 et majoritairement chrétien. La président dictateur de l'époque, Hastings Kamuzu Banda, qui a gouverné pendant trente ans le pays d'une main de fer jusqu'à sa chute et l'instauration de la démocratie en 1994, avait imposé une loi interdisant aux femmes le port du pantalon ou de la minijupe et aux hommes le port du pantalon à pattes d'éléphant et des dreadlocks. Quant aux « touristes ou expatriés, portant de telles tenues, ils étaient immédiatement reconduits à la frontière », raconte le site d'informations Afrique jet. « Nous nous sommes battues pour la suppression de cette loi, s'habiller comme bon nous semble, fait partie d'une liberté d'expression chèrement acquise », a ajouté Konyongolo. Ceux qui ont mis le feu au poudre, les vendeurs à la sauvette, ont défendu leur position en arguant que le port de la minijupe bafouait les lois du pays et surtout que ce type de vêtement, signe d'amoralité, ouvrait la voie à la prostitution. Les femmes ont toutefois reçu un soutien de poids, «Vous êtes libres de porter ce que vous voulez », a déclaré à la radio nationale le président Bingu wa Mutherika, prenant ainsi fait et cause pour les elles. Dans la foulée, il a ordonné l'arrestation de tous les fauteurs de trouble ainsi que ceux qui plus généralement harcèlent les femmes. A ce jour, quinze suspects ont déjà été arrêtés. « Le pantalon protège les femmes des agressions » a en outre ajouté le président. Aussitôt après les faits, les organisations féminines se sont mobilisées. « Notre message est très clair, nous ne reviendrons pas en arrière», a déclaré la directrice exécutive, de l'association Women in law in Southern Africa (Wlsa) , Seodi White. De son côté la directrice de l'organisation des infirmières et des sages femmes du Malawi, Dorothy Ngoma, a menacé de boycotter les vendeurs de rues qui continueraient de les harceler. En attendant, le débat sur le sujet gagne du terrain dans le reste du Malawi. Certain défenseurs du vêtement traditionnel ont en effet déclaré que les filles qui portaient une minijupe étaient responsables de l'épidémie de sida qui continue de faires des ravages dans le pays. Rien de moins. Ironie de l'histoire, « les vendeurs de rues proposent eux-mêmes sur leurs étals, les pantalons et les jupes qu'ils détestent tant ! », note le journaliste Leonard Sharra, cité par le Media Institute of Southern Africa (Misa). |






