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| Dette européenne: Le gouvernement camerounais fuit les propositions de la société civile |
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| Écrit par Le Messager |
| Lundi, 30 Janvier 2012 12:17 |
Alors qu’ils étaient invités à une conférence débat au sujet des conséquences de la crise de la dette européenne sur le Cameroun, ils étaient aux abonnés absents. Cela n’a cependant pas empêché le riche panel de faire des propositions de sorte que le pays se prémunisse. La salle de conférence de la Chambre de Commerce, de l’Industrie, des Mines et de l’Artisanat (Ccima) de Yaoundé était presque vide dans la journée du jeudi 26 janvier 2012. Le public n’avait en effet pas répondu massivement à l’invitation à assister à la conférence-débat organisée par la plateforme d’information et d’action sur la dette du Cameroun (Pfiad). Mais c’est l’absence prononcée des membres du gouvernement invités qui semblait le plus remarquée. Car, le sujet est d’une haute importance pour l’économie du pays. Le débat portait sur la crise de la dette souveraine en Europe et ses effets sur les économies des pays en développement, en se basant sur le cas spécifique du Cameroun.
Selon les explications de Jean Marc Bikoko, coordinateur de la plateforme, des invitations ont été faites au ministre des Finances, à celui de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, ainsi qu’à plusieurs autres responsables des institutions impliquées dans la gestion des finances et de l’économie du pays. « Les invitations leurs sont parvenues une semaine avant le débat », précise Jean Marc Bikoko. Qui se désole de ce que ces personnes ne se soient pas au moins fait représentées. Ajoutant au passage qu’à l’observation « ces questions ne semblent pas les concerner au plus haut point. Sinon on ne comprendrait pas cette absence ». Conséquences identiques qu’en 2008 Quoi qu’il en soit, les gouvernants camerounais auraient certainement profité des propositions qui ont été faites par le riche panel rassemblé par le Pfiad pour discuter d’un sujet aussi délicat pour l’économie camerounaise. Les trois principaux orateurs s’accordent en effet sur le fait que la crise de la dette européenne aura forcément des impacts en Afrique, notamment au Cameroun. Pr. Jean Claude Asso’o Emane, expert international de la finance, estime dans un premier temps que des risques pèsent sur l’économie extérieure, notamment avec une balance de paiement qui pourrait être de plus en plus déficitaire, une diminution des investissements directs étrangers, et le ralentissement du commerce entre le Cameroun et la zone euro. Cela devrait normalement entraîner, au plan intérieur, l’accroissement de l’effort fiscal pour servir la dette publique. « Le Cameroun va aussi éprouver des difficultés à financer son économie et il y aura une reconfiguration du profil du bailleur ainsi que des types d’instruments de financement », explique cet expert en service à la Caisse autonome d’amortissement, Caa. Cet argumentaire est vite rejoint par Raju Jan Singh, économiste en chef de la banque mondiale pour l’Afrique centrale. Selon lui, les conséquences de la crise de la dette européenne vont passer par les mêmes canaux de transmission pour influencer négativement l’économie camerounaise comme lors de la crise de 2008-2009. Au cours de cette période, l’on avait constaté le ralentissement de la demande mondiale de certaines matières premières comme le pétrole, le bois, le caoutchouc, le coton, etc. Ce qui avait entraîné une contraction de 4,8% du volume des exportations. Un cas grave lorsque l’on sait que 45% des exportations du Cameroun vont vers l’Europe. Autre risque : la détérioration des termes de l’échange, soit 15% il y a trois ans. Mais, plus important encore, l’on pourrait assister au durcissement des conditions d’accès aux financements internationaux avec pour conséquence la diminution des entrées de capitaux et le report de certains investissements. Sans compter le risque d’une baisse des envois de fonds. Ce qui est préoccupant puisque la zone euro est, avec 55%, la première source d’envoi de fonds vers le Cameroun. Comment Sortir de là Pour les panélistes, il faut certainement sonner l’alerte dès maintenant. Mais, il existe des solutions idoines pour minimiser les effets « pervers » de la crise de la dette européenne au Cameroun. Selon l’ingénieur économiste Babissakana, les gouvernants camerounais et africains doivent saisir au vol les opportunités qui s’offrent à leurs pays face à la situation actuelle de l’Europe. Il en cite trois principales. Premièrement, le Cameroun (avec les autres pays de la zone franc), devrait profiter de la situation pour lever les contraintes historiques de dépendance vis-à-vis de l’euro (via le franc français). « Il faut mettre fin aux accords de partenariat monétaire avec la France qui consacrent un modèle criminel d’aide liée », propose Babissakana. Cette aide liée verrouille en effet un ensemble d’éléments qui empêchent les pays de la zone franc de prendre un certain nombre de décisions autonomes. Secundo, l’expert propose de restructurer profondément les accords de partenariat avec l’Union européenne tout en supprimant l’esprit et la lettre du traité de Rome « qui vise à maintenir nos pays comme des sources de matières premières et débouchés des produits industriels européens ». Enfin, comme troisième opportunité : il y a la possibilité d’accélérer l’industrialisation du pays en se rapprochant davantage de nouveaux partenaires comme la Chine, l’Inde ou encore le Brésil. Il s’agirait alors d’acquérir et de maîtriser la technologie. Le Cameroun pourrait signer des accords bilatéraux sur les investissements directs étrangers. Ou encore négocier des accords de financement qui impliquent la sous-traitance des Pme locales. Et enfin, on pourrait développer davantage les exportations des produits élaborés. Tout cela est possible, à une seule condition, fait savoir Babissakana : « que nos gouvernants prennent conscience que la balle est dans notre camp ». En espérant déjà que ces derniers prennent conscience que ce type de débat pourrait les aider à mieux penser l’avenir du pays.
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Alors qu’ils étaient invités à une conférence débat au sujet des conséquences de la crise de la dette européenne sur le Cameroun, ils étaient aux abonnés absents. Cela n’a cependant pas empêché le riche panel de faire des propositions de sorte que le pays se prémunisse. 