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| Tracteurs d’Ebolowa: Le gouvernement prescrit la distribution gratuite aux agriculteurs |
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| Écrit par Le Messager |
| Mardi, 24 Janvier 2012 13:07 |
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Un peu comme un sapeur-pompier, le Minader va diligenter l'affectation des tracteurs aux producteurs, conformément à une instruction donnée depuis plusieurs mois à son prédécesseur, Jean Nkueté.
Le chef de l'Etat, serait sorti de ses gongs, suite à la dénonciation la semaine dernière, par certains médias parmi lesquels Le Messager, de l'abandon par le gouvernement de près de 750 tracteurs et autres engins dans la broussaille à Ebolowa. D'où la descente sur le site du complexe industriel d'Akak-Essatolo, vendredi 20 janvier 2012, du ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire, Emmanuel Nganou Djoumessi, accompagné du secrétaire général du ministère de l'Agriculture et du Développement rural, Jean-Claude Eko'o Akouafane. Ce pour s'enquérir de l'ampleur des dégâts, afin de mettre fin à l'imposture.
Sur place la délégation interministérielle dépêchée par la présidence de la République, a vu des tracteurs, moissonneuses batteuses de riz, motopompes, semoirs, charrues à disques et des pièces détachées, à la merci des intempéries. Pourtant, ce projet de 18 milliards de francs cfa, fruit de la coopération entre les gouvernements indien et camerounais, visait une plus rapide mécanisation de l'agriculture camerounaise, à travers l'implantation, à Ebolowa, d'un complexe industriel composé, entre autres, d'une chaîne de montage de ces équipements agricoles et d'un magasin de stockage de leurs pièces de rechange. Plus d'un an après son inauguration en grande pompe par Paul Biya, le 17 janvier 2011, pour donner un certain éclat au comice agropastoral, l'usine d'assemblage est toujours inachevée. Paul Bernard Moukouri Soppo, responsable de la construction de cette usine parle de 75% de travaux réalisés à ce jour. Conséquence, faute de parking, les tracteurs qui y sont montés sont parqués sur le site du comice déjà envahi par de hautes herbes. Genèse du laxisme Et pourtant, selon certains indiscrétions, c'est début septembre 2011 que l'actuel secrétaire général des services du Premier ministre, Louis Paul Motaze, alors ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire, suggère à Jean Nkuété, à l'époque vice-Premier ministre, ministre de l'Agriculture et du Développement rural, d'organiser la rétrocession solennelle, au cours du même mois de septembre 2011, de ces tracteurs et équipements aux producteurs susceptibles de booster la production de riz et de maïs. Ceci conformément aux termes de la convention signée entre les gouvernements camerounais et indiens. Il est alors exigé au Minader la prise en compte des critères d'éligibilité (voir encadré) définis dans le document du projet d'amélioration de la production de maïs et de riz à travers la mécanisation agricole (Papma) ; projet élaboré par le secrétariat technique placé sous la coordination du directeur des études, des programmes et de la coopération du Minader. En réponse à cette recommandation urgente, Jean Nkuété attendra deux mois pour créer, le 2 novembre 2011, un comité de sélection et de suivi de la gestion des tracteurs indiens. Ce comité constitué de onze membres, et présidé par Jean Nkuété lui-même, est composé d'un représentant du Minepat, du ministère de l'Industrie, des Mines et du Développement technologique, du ministère des Pme, du Minfi, du ministère de l'Elevage, des directeurs du Ceneema, du développement de l'agriculture du Minader, des ressources financières du Minader, du génie rural et de l'amélioration du cadre de vie en milieu rural et du directeur des études, des programmes et de la coopération du Minader. Après la mise sur pied de ce fameux comité, rien de concret n'est toujours fait en vue de la distribution desdits tracteurs, jusqu'à ce qu'éclate, grâce à la vigilance de l'ong Acdic (l'Association citoyenne de défense des intérêts collectifs), le scandale de l'abandon de ces engins dans la broussaille à Ebolowa. Vendredi dernier, Emmanuel Nganou Djoumessi, l'actuel Minepat, a réitéré les instructions de son prédécesseur à ce poste. D'après une source bien introduite, il a écrit hier, 23 janvier 2012, à Essimi Menye, qui remplace Jean Nkuété à la tête du Minader depuis le remaniement ministériel du 9 décembre 2011, pour lui demander de prendre les mesures destinées à faire usage des tracteurs, moissonneuses-batteuses et autres motopompes qui seront mis à sa disposition. Il s'agira pour ce dernier, apprend-on, d'identifier dans l'urgence les potentiels bénéficiaires, personnes physiques ou morales, exploitants agricoles ; d'inviter le directeur du Ceneema à s'assurer de la fonctionnalité des équipements concernés, d'arrêter un cahier de charges, etc. La cession proprement dite est envisagée en faveur des exploitants agricoles avant l'ouverture de la prochaine campagne agricole qui démarre en mars 2012. En attendant, sur le site, Emmanuel Nganou Djoumessi avait déjà ordonné vendredi, la suspension de la production des tracteurs, l'établissement d'un inventaire des quantités montées, le renforcement de la sécurisation des pièces détachées. L'issue de cette affaire est certainement très attendue, et par Paul Biya, à l'ère des grandes réalisations.
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