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| Cameroun : Les feuilles ministeriels tiendront-elles la route ? |
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| Écrit par Mutations |
| Vendredi, 20 Janvier 2012 10:33 |
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Les chefs de départements ministériels exigent des mémos réalistes et exécutables à leurs collaborateurs.
Le 14 décembre 2011, au cours du premier conseil ministériel de la nouvelle équipe gouvernementale, le chef de l'Etat a invité ses ministres à lui faire tenir dans un délai de 45 jours des feuilles de route qui seraient évaluées dans six mois. Ainsi, pour y parvenir, l'Institut supérieur de management public (Ismp) a organisé un séminaire de deux jours au Palais des congrès de Yaoundé les 4 et 5 janvier derniers. Il était question, selon des sources dans cette institution, d'outiller les fonctionnaires chargés de l'élaboration de ces documents afin de produire des feuilles de route qui ne souffriraient d'aucune contestation. A l'aide du Promogar qui est une structure logée à l'Immeuble étoile, les experts de l'Ismp ont inculqué les pré requis aux responsables invités à cette session de formation.
«Les premières feuilles de route de 2004 ont eu un problème parce qu'elles étaient l'émanation de la Primature ; ce qui fait que les administrations ne s'y reconnaissaient pas et leur application était rendue difficile ; or celles-ci doivent, selon l'instruction présidentielle, être produite par les chefs de départements ministériels qui vont les soumettre à la Primature qui, à son tour, se chargera de les acheminer à la présidence de la République», précise une source à l'Ismp. D'après l'Ismp qui assurait la transmission de la technique d'élaboration, le Promogar qui s'est invité au séminaire voulait s'assurer que toutes les données techniques seraient prises en compte dans cette élaboration, question de ne rien perdre de vue. Etaient invités les chefs de cellule de suivi, les responsables chargés des corps de métiers et des responsables de la direction des affaires générales (Dag). Depuis ce conseil ministériel, 34 jours se sont déjà écoulés. A onze jours du deadline, les administrations fonctionnent au rythme de la préparation de ces documents dont dépend certainement la survie au gouvernement de plusieurs membres de l'équipe actuelle. Au ministère de la Communication, des fonctionnaires rencontrés à des heures inhabituelles se disent sous-pression.«Depuis que le président a parlé de cette affaire, le ministre nous met une pression intenable ; chaque directeur doit préparer un mémo avec des objectifs, les résultats attendus, des stratégies et un chronogramme d'exécution cohérent. Ce qui fait qu'on est obligé de travailler parfois très tard pour produire des documents vendables devant le ministre», raconte ce fonctionnaire sous anonymat. Un cadre de la Primature indique que cette fois-ci, question de prendre au dépourvu ceux qui veulent tourner en dérision les feuilles de route, «l'heure n'est pas à la blague. A moins que ce ne soit le président lui-même qui veuille dévoyer ses feuilles de route, cette fois, il y a un enjeu de taille : c'est la survie au gouvernement parce que, comme vous le savez, on est en année électorale, donc les ministres ont hâte de produire des résultats avant les évaluations présidentielles». Aussi, certains responsables deviennent difficiles à rencontrer parce qu'enchaînant réunion sur réunion avec leur hiérarchie.«On rentre parfois à 20h parce que ce n'est pas facile surtout que tout le monde sait qu'après les élections municipales et législatives, les choses vont bouger dans un sens comme dans l'autre et l'avenir au gouvernement de certains risque d'être compromis si les résultats ne suivent pas», renchérit un responsable du ministère de l'Agriculture et du Développement rural. |






