Soutenez-nous!
Newsletter Subscription
google+1
Dans la même rubrique Actu
- Bakassi Peninsula: Development Projects Compete For Space
- 20 mai 2012 : l’apothéose
- Une cimenterie marocaine s'implante au Cameroun
- Yaounde 20th May: Defence Forces Exhibit Innovations
- Hillary Clinton: Le Cameroun partenaire et ami des Etats-Unis
- Lancement des travaux d’une route entre le Congo et le Cameroun
| Affaire Albatros: Gérôme Mendouga parle |
|
|
|
| Écrit par 237online.com |
| Jeudi, 19 Janvier 2012 09:56 |
|
Déclaration de l'accusé Gérôme Mendouga, l'ex-ambassadeur du Cameroun à Washington DC a longuement déposé hier devant le TGi du Mfoundi à Yaoundé dans le cadre de ce qu'il convient d'appeler Affaire Albatros, relative à l'achat d'un avion présidentiel au Cameroun.
Votre honneur, honorables membres de la collégialité! C'est, littéralement effondré,et les yeux en larmes que l'ex-ambassadeur Gérôme Mendouga a parachevé hier, mercredi 18 janvier 2012, sa déclaration de près de 3 heures d'horloge devant le Tgi du Mfoundi siégeant en matières criminelles dans l'affaire de détournement de deniers publics de la somme de 720 millions Fcfa reprochée à l'accusé Mendouga. Trois heures pendant lesquelles le vieillard de 73 ans, debout sur ses jambes est revenu sur les péripéties qui ont jalonné ses 48 ans d'une carrière diplomatique riche. Indiquant au passage qu'il avait agi en toute bonne foi et utilisé les fonds reçus dans l'intérêt de l'Etat camerounais. De même qu'il déplore tout le mensonge qui a précédé son interpellation et son incarcération à la prison de Kondengui. Une audience marquée par l'absence remarquée de l'accusé Atangana Mebara. Une absence qui, à en croire son conseil Me Assira, ne serait pas étrangère aux incidents dont l'audience du 04 janvier dernier avait été le théâtre. Ce jour là, rappelle l'avocat, le tribunal avait refusé la parole à l'ex-Sgpr et ses conseils qui entendaient formuler une demande de mise en liberté provisoire. Le tribunal avait estimé qu'une telle demande était inappropriée, parce que intervenant en fin d'audience. De plus, relève l'avocat, l'ex-Sgpr avait été brutalisé au sortir de l'audience par le lieutenant de gendarmerie en charge de son escorte, au moment où l'ex-Sgpr s'apprêtait à faire quelques dédicaces de son livre présenté au public quelques jours plutôt chez l'Harmattan à Yaoundé,en son absence. Ce sont ces deux incidents couplés à l'état de santé précaire de l'accusé qui, selon Me Assira, pourraient expliquer cette absence devant le tribunal. Substance et extraits d'une de la Déclaration fleuve de l'ex-ambassadeur, Gérôme Mendouga.. Me voici devant votre tribunal, inculpé de détournements de deniers publics d'un montant de 243162,78 dollars, soit 121 581 180 Fcfa. Cette somme a été utilisée à suppléer au paiement des dépenses de fonctionnement de notre ambassade à Washington. Rien, à ma connaissance, n'avait interdit cette opération. J'étais alors ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Cameroun aux Etats-Unis d'Amérique, chef de notre mission diplomatique, représentant personnel du Chef de l'Etat, investi de toute l'autorité nécessaire pour pouvoir assumer ses devoirs et responsabilités dans l'accomplissement des missions qui m'étaient assignées au service de notre pays. En fait, cette somme de 121 millions Fcfa constituait le reliquat d'un crédit de 720 millions Fcfa que le gouvernement m'a délégué en janvier/février 2004, par l'entremise du percepteur de l'ambassade, M. François Ngoubene. Effectivement, le percepteur m'a remis en deux chèques qu'il a établis en mon nom propre, un total de 1 262 289,14 dollars. Ce reliquat de 121 millions Fcfa représente ce qui reste du crédit global initial, lorsqu'en est soustraite la somme de 1 019 126,78 dollars que j'ai consacrée aux dépenses liées à l'avion pris en leasing de la compagnie Boeing pour les déplacements du chef de l'Etat, et qui a été baptisé « Albatros ». Le message-fax convoyant les fonds ainsi envoyés, adressé au percepteur qui m'en a remis copie, et que je vous dépose comme pièce à conviction, porte notamment les phrases que je cite : « crédit destiné aux dépenses à effectuer par l'ambassadeur sur indication de la présidence de la République » et « vous en autorise utilisation en attendant arrivée titre autorisation de dépense correspondant »...Le fait constant est que, en ce qui me concerne, je n'ai reçu ni instruction, ni indication spécifique quant à l'utilisation dudit crédit, et ce à aucun moment, ni avant, ni après, ni au moment de la réception des fonds. Mvog-Belinga Attaché d'ambassade à Washington en mars 1961, je suis par la suite nommé Premier secrétaire, puis Consul général chargé, en 1964, de créer notre nouvelle ambassade au Canada, à l'âge de 26 ans. Par la suite, j'occuperai, tour à tour, différents postes de responsabilité dans l'administration centrale du ministère des affaires étrangères, puis de Conseiller d'ambassade dans divers pays européens et africains, avant d'être Chef de la Mission économique du Cameroun à Bruxelles en 1981. En culmination de ce parcours, je suis ambassadeur en 1984, Chef de Mission diplomatique d'abord à Dakar où je crée, là aussi, notre nouvelle ambassade, puis en 1989 à Kinshasa, et enfin, en 1993, revenant ainsi en poste pour la deuxième fois là où j'avais commencé ma carrière diplomatique et où je l'ai conclue, à Washington DC. Là j'aurais servi pendant environ 15 ans, sur un total de près d'un quart de siècle comme chef de Mission diplomatique, et j'y aurai été vice doyen de tout le Corps diplomatique. Monsieur le président, honorables membres de la collégialité, j'ai passé 48 ans de ma vie service actif de notre pays, ce pays qui m'a tant donné. Oui, ayant même choisi de décliner de mirobolantes offres vers d'autres horizons, j'ai passé 47 ans de ces 48 ans à aller à travers le monde défendre, dire, clamer et témoigner en paroles et en actions que : oui le Cameroun, il est beau ! Il est grand ! Il est bien ! Les camerounais sont des grands ! Ils sont sérieux, ils sont bien ! Pendant tout ce temps je n'ai u pour soucis constants, pour seuls soucis, que d'assurer, promouvoir et de défendre l'image, la dignité et l'honneur du Cameroun, notre pays et faire triompher nos intérêts au mieux de mes capacités et ressources..... Oui, j'ai effectivement reçu du percepteur de l'ambassade une somme de 1 262 289, 14 dollars correspondant à 720 millions Fcfa pour, est-il écrit à l'adresse dudit Percepteur, «dépenses à effectuer par l'ambassadeur sur indication de la Présidence». Lorsque les fonds me sont remis en février 2004, nous sommes entrain de poursuivre, laborieusement, le point d'achèvement dans notre relation avec le Fmi qui a son siège à Washington. Nos gestes étaient généralement suivis, épiés et scrutés, et plus particulièrement au regard des rumeurs qui circulaient. Nous étions, murmurait-on, dans une affaire d'acquisition d'avion sans le feu vert des Institutions qui veillaient à ce que notre programme en vue d'atteindre le point d'achèvement, ne fût d'une quelconque manière, entaché de délinquance financière ou administrative. C'est dire que la période de 2004 à 2006 y revêtait pour nous une importance stratégique de grande intensité. Boutade L'ambassadeur a payé des charges incombant à l'Etat, pour le bien de l'Etat qu'il servait et dont il oeuvrait à voir réussir les objectifs. C'est le mandat qui lui a été confié par l'Etat, propriétaire des fonds en cause. Et tout a été pour l'Etat. L'ambassadeur a géré comme on dit «en bon père de famille», pour le bien de la famille, pour le bien de l'Etat, en bon haut commis de l'Etat. On a vu et entendu les mêmes autorités pérorer et clamer que l'ambassadeur Mendouga , faisant partie du même collectif des interpellés, et de ceux qui ont détourné des milliards qu'on ne retrouve pas simplement parce qu'il a su les planquer. On a vu et entendu des trompettistes et thuriféraires de la démolition, de la destruction des victimes, se charger de casser l'auréole de cet ambassadeur Mendouga «voleur» en le jetant en pâture à l'opinion par cette belle expression de dénigrement entre autres : «un patriarche ne vole pas!» On a même vu la police judiciaire, dans sa lettre du 4 août 2008 transmettant le dossier à la justice, et portant en objet : «détournement de deniers publics en coaction et complicité», déclarer que le suspect Mendouga était en fuite. Drôle de façon d'être en fuite, de se cacher, pour quelqu'un qui a accumulé mon peu d'expérience et de connaissances des relations internationales, de leurs réalités et de leurs mécanismes. En tout cas, je suis revenu au Cameroun normalement, en annonçant le jour et le vol d'avion de mon arrivée comme il est de tradition en fin de mission pour un ambassadeur, par messages fax et autres moyens de communication. Et l'interrogation est là : qu'ya-t-il de contraire aux intérêts de l'Etat ? Qu'ya-t-il d'inopportun, d'irrégulier, d'immoral, d'illégal, de criminel dans le fait que des fonds de l'Etat, à disposition sans interdit ni réserve, soient utilisés pour payer les charges incombant à cet Etat et ce par l'ambassadeur, dans la libre appréciation de gestionnaire qui lui revenait, en tant qu'autorité dûment habilitée, dûment mandatée pour le faire ? Et cette interrogation qui m'habite. Elle ne me quitte jamais, que ce soit lorsque seul, je considère mon âge, 74 ans, pensant à la vie que j'ai eue, à toute la rigueur, la rectitude morale, l'amour du service public que j'ai érigés en règle de vie tant pour moi-même que pour tous mes enfants, et pensant à la retraite de rêve que j'ai pensé m'être préparé, et avoir méritée. |






