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| Remaniement du 9 décembre 2011 : Paul Biya a changé là où le changement s’imposait |
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| Écrit par 237online.com |
| Vendredi, 13 Janvier 2012 22:23 |
ENTRE REALISME, PRAGMATISME ET ICONOCLASMEContrairement aux jugements néfastes portés sur le dernier remaniement ministériel signé par le chef de l'Etat, une analyse en profondeur des décrets portant organisation du gouvernement et du remaniement y relatif permettent d'y voir un acte judicieux et positif. Depuis la publication du remaniement ministériel postélectoral survenu le soir du 9 décembre 2011, une certaine opinion qui militait pour le changement brutal des hommes devant animer la politique des Grandes Réalisations impulsée par le Président Paul Biya s'est dite déçue par ledit remaniement. Certains journaux privés dont on connaît par ailleurs la proximité et les accointances avec l'opposition ne sont pas passés par quatre chemins pour vilipender la formation du nouveau gouvernement. Dans un condensé de qualificatifs négatifs, des plumes qui nous ont habitué à des positions extrémistes font feu de tout bois, pour discréditer les décrets présidentiels en question : « un remaniement sans objet et sans changement », « le gouvernement monocratique », « le mépris de la volonté du peuple », « en fait de remaniement, c'était plutôt un réaménagement ministériel », entend-on épiloguer ça et là. L'essentiel de leurs récriminations porte sur le peu de changement contenu dans le décret corrélatif à la nomination du nouveau gouvernement. Bien plus, nombre de citoyens adeptes du sensationnalisme politique glosent leur amertume devant la reconduction de plusieurs ministres transfuges du précédant gouvernement. Dans la même envolée de déception sous-tendue par un lyrisme mélancolique, d'autres sont allés jusqu'à parler d'une « timide ouverture, d'immobilisme » et s'interroger sur le faible dosage de juvénilisation des membres dudit gouvernement, de même que sur le retour en grâce de certains ex-ministres longtemps restés à la touche. En gros, pour eux, tout est mauvais dans ce remaniement qu'ils attendaient avec une overdose de retentissement spectaculaire. Voire, un séisme de mutation rébarbatif qui sonnerait le glas des « anciens », si ce n'est une révolution iconoclaste balayant les ministres dits itinérants. L'apocalypse gouvernemental, quoi ! Et pourtant !
Les adeptes d'un remaniement fadasse donnent l'impression de s'être limités à une critique en surface de la nouvelle donne géopolitique que revêt l'acte posé par le chef de l'Etat le 9 décembre 2011. Une analyse en profondeur et un examen délesté des humeurs idéologiques permet cependant de mesurer l'immensité du travail accompli par le Président Biya, lui-même, tout à son honneur, adepte d'une praxis efficace mais discrète. Faut-il, toutefois, rappeler à nos critiques que l'importance d'un remaniement se mesure moins dans le changement numérique des portefeuilles que par l'importance des mutations opérées dans les postes-clés du gouvernement, autrement dit, la dose de révolution réalisée dans la fourmilière du Système. Que personne ne se leurre sur une prétendue équité ministérielle. Il existe des ministères de souveraineté et des départements périphériques. Les ministères de souveraineté constituent la clé de voûte d'un système. C'est ce noyau dur que le politologue américain John Berkman appelle le « cœur du système ». Or, à bien regarder les abysses dudit remaniement, il va sans dire que le Chef de l'Etat a bel et bien frappé là où il fallait : au cœur du système, dans la mécanique de la locomotive devant conduire le Cameroun vers le long sentier de l'émergence. Les postes-clés du Système ont effectivement été « boulversés » et redynamisés en termes de sang neuf, qu'importe que les promus soient des habitués du gouvernement ou des hommes nouveaux. Toujours est-il que ce sont des acteurs neufs qui dirigent dorénavant les ministères dits de souveraineté. On peut citer le cas de René Sadi, pur produit de la Présidence de la République qui trône désormais au MINATD. Le volume du dossier relatif à la décentralisation apparait comme un chantier prioritaire dans la nouvelle configuration politique et économique du Cameroun. Le fonctionnement des collectivités et la répartition de la manne de l'Etat, région par région est un processus fort harassant pour reléguer le travail du nouveau ministre au rang subsidiaire. Dans le paradigme financier, c'est le banquier Alamine Ousmane Mey, maillon significatif du secteur privé qui atterrit aux Finances. Une grande première. Quoi de plus judicieux qu'un banquier tienne les caisses de l'Etat dont l'émergence passe aussi et surtout par le financement exponentiel des entreprises ? L'arrivée d'un opérateur privé dans un ministère aussi sensible signifie une chose : l'Etat va fonctionner comme une entreprise privée, avec des contrats de performance, et c'est bien pour cette raison que le ministre Louis-Paul Motazé, habitué à bâtir les projets économiques, va les superviser au secrétariat général du Premier Ministre. Il sera dorénavant la tour de contrôle et d'évaluation des avancées des projets structurants. Un autre homme à poigne de la haute finance est sollicité pour moderniser et surtout mécaniser notre agriculture. Il s'git du ministre Essimi Menye. Il connaît les disponibilités financières de notre pays. Son embarquement pour le département de l'Agriculture et le Développement rural, notre secteur primaire, est une aubaine, tant le Cameroun dépense abusivement plus de 500 milliards par an pour l'importation des denrées alimentaire qu'il peut produire sur place. Le Cameroun étant un pays agricole par essence, l'ancien responsable entre les institutions de Bretton Wood et le Cameroun saura pouvoir trouver les ressources et autres subvention à l'essor de notre agriculture, à l'instar du projet de culture du riz et de l'oignon dont le montant est de l'ordre de 11, 9 milliards FCFA. En plus, le ministre Essimi Menye n'est-il pas l'un des inspirateurs de l'institut agricole d'Obala ? C'est dire si ce secteur qui est le gage de notre autosuffisance et de notre sécurité alimentaire a grand besoin des enseignements spécialisés et des investissements.
Paul Biya a changé là où le changement s'imposait Autres ministères-clés, autres innovations, il y a les ministères de l'Eau et de l'Energie, les Mines, de l'industrie et du développement technologique qui ont reçu des bouffées d'oxygène avec les arrivées des technocrates de la trempe de Basile Atangana Kouna, et Emmanuel Bondé qui sont respectivement ancien administrateur provisoire de la SNEC, DG de Camwater, et ancien ministre de la Fonction publique dont le fait d'arme est la réussite du recrutement inédit de 25 000 jeunes dans les rangs de l'Etat. Pour sa part, Atangana Kouna a pour mission principale de lutter contre les délestages maintenant que le Cameroun va s'offrir de nouveaux barrages hydroélectriques à Memve'ele et Lom Pangar. L'intensification des industries de fonte passe par de fortes disponibilités énergétiques, tout comme dans le social, les pénuries d'eau embarrassent les populations. La lutte contre la pauvreté ne peut se faire sans eau potable. L'eau et l'électricité, il en faut à profusion pour booster le secteur minier : l'exploitation du fer, du cobalt, du nickel, de la bauxite nécessite ces deux agrégats pour une compétitivité exponentielle. Comme on peut aisément l'observer, les ministères-clés ont connu des mutations expressives. Et pas des moindres. Ceux en charge des problèmes économiques et sociaux, à l'instar de l'habitat, ont connu un second souffle. Le président de la République a fait des logements sociaux son cheval de bataille. Un vaste et coûteux projet de 10 000 logements sociaux est piloté dans les grandes métropoles du Cameroun depuis quelques années. Le nouveau ministre de l'Habitat et du Développement urbain, Jean-Claude Mbwentchou sera jugé, comme le maçon, au pied du mur. Sa secrétaire d'Etat, Marie-Rose Dibong, ex-Dga du Crédit foncier tiendra la truelle devant permettre aux Camerounais de se loger décemment. Dans le même sillage de la propriété foncière, le Président Paul Biya a donné du sang neuf à une vielle problématique longtemps demeurée le casse-tête des citoyens camerounais : la gestion transparente et l'obtention du titre foncier. Une femme de poigne va désormais jouer les géomètres. Il s'agit de Jacqueline Koung à Bisseké, réputée rigoureuse et intransigeante. Comment peut-on parler d'un remaniement au rabais lorsque le secteur de la programmation des investissements qui est le cadre d'émancipation des projets structurants connait un lifting significatif avec l'arrivée à sa tête d'un technocrate rompu aux questions économiques ? Le coup de fouet qui vient d'avoir lieu au sein du département ministériel lié aux investissements publics via l'Aménagement du territoire laisse envisager la priorité accordée à l'économie dans le septennat qui s'ouvre sous des airs d'optimisme. À juste titre, la nomination d'Emmanuel Nganou Djoumessi au ministère de l'Economie, du Plan et de l'aménagement du territoire apparait opportune pour la dynamisation efficiente des projets structurants. C'est le socle sur lequel compte le Chef de l'Etat pour créer des emplois, amenuiser le chômage et relancer la croissance qui a été cette année 2011 de l'ordre de 4 %. En plus de son énorme potentiel naturel, le Cameroun devra compter sur la coopération bilatérale et multilatérale pour dessine les sillons de son émergence. M. Djoumessi connait bien les dossiers de notre croissance. Le ministère des Forêts et de la Faune qui est également un des secteurs-clé de notre patrimoine administratif a lui-aussi connu une mutation essentielle avec l'arrivée de Philip Ngole Ngwesse. Il sera le gendarme de nos forets et des aires protégées, tout comme il sera question pour ce jeune technocrate, de ordre le coup à la corruption et autres abus qui boise le secteur des exploitations forestières. La lutte contre la déforestation dans la partie septentrionale du pays est une des priorités du nouveau ministre outre la préservation de la réserve du Dja, vaste bosquet qui fait partie du bassin du fleuve Congo, le poumon de la chlorophylle africaine. Que dire du sensible ministère des Sports quand on sait l'intérêt que les Camerounais accordent à la chose sportive, en général et au football en particulier. Ce département ministériel a été confié à un sportif de renom sur la sphère nationale. Adoum Garoua, pour ne pas le nommer, est l'ancien capitaine de l'équipe nationale de volley des années 80. Il n'est donc pas en terrain étranger. Bien au contraire. Puisse enfin la gestion des fédérations sportives rentrer dans le paradigme de la modernisation ! Les stades sont à construire et le sport camerounais à rebâtir, pour tourner le dos à l'amateurisme et renouer avec l'air des succès. Les femmes et les jeunes sont en hausse Comme on peut l'observer à travers l'exposé qui précède, le Président Paul Biya a effectué le remaniement qu'il fallait, à l'heure qu'il fallait, en ce lendemain de la Présidentielle d'octobre 2011. Le consensus a prévalu avec la formation d'un gouvernement ouvert aux alliés de l'opposition. Ceux qui parlent d'une ouverture fermée n'en voudront pas au chef de l'Etat de n'avoir pas hissé, au gouvernement, des gens à qui le peuple a récemment refusé ses suffrages. Les alliés du RDPC ont été reconduits. Normal. Les autres opposants ont les prochaine élections législatives et municipales pour occuper le terrain, faire des résultats, afin d'espérer une entrée au gouvernement. Souvenez-vous du MDR en 1991... il ne suffit donc pas de créer un parti politique et de se faire remarquer dans des agitations de rue pour prétendre au gouvernement. Le gouvernement se mérite. Au prorata des efforts consentis sur le terrain et dans la confiance du peuple. Pour l'instant, ceux qui ont travaillé ont eu droit à la reconnaissance du pouvoir discrétionnaire du chef de l'Etat. Il faut se féliciter de la juvénilisation amorcée au cours de ce remaniement. Une juvénilisation méthodique et non brutale, tout comme, dans le même sillage, on doit se féliciter de l'augmentation du pourcentage des femmes à ce gouvernement. Elles passent non seulement de six à neuf, mais ce progrès n'est pas seulement quantitatif. Il est aussi qualitatif, tant il est que les femmes occupent des portefeuilles-clés (six ministres, une ministre déléguée et deux secrétaires d'Etat). Deux innovations majeures couronnent la formation du gouvernement du 9 décembre 2011 : la création opportune du poste inédit de ministre délégué en charge des Marchés publics. Ce volet est sans commentaires. Au sujet du flou et de l'opacité qui caractérisent généralement le secteur des marchés publics, le Président Biya a frappé dans le mille. Touché ! Ce portefeuille stratégique placé sous la haute autorité du Président de la République est très attendu en termes de gestion, de passation, et d'exécution des marchés publics, mais il servira surtout de tampon entre les ministères et les opérateurs économiques dans la lutte contre la corruption et certaines pratiques naguère décriées. Last and not the least, il faut se féliciter de la nomination inattendue d'un jeune dont la particularité est d'être inconnu des réseaux au poste stratégique de SG/PRC. Le changement survenu au secrétariat général de la Présidence de la république est perçu comme un signal fort dans le processus de rajeunissement que connaitront certainement les prochains gouvernements mis en place par le chef de l'Etat. Le changement est en marche. Méthodiquement. Sûrement. Vincent Toundi, politologue |






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