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| Dans la république des mototaxis : Avancées et reculades d’une règlementation inefficace |
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| Écrit par Mutations |
| Mercredi, 11 Janvier 2012 10:43 |
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Douala, la capitale économique du Cameroun vit un début d'année (comme chaque jour qui passe), des plus appréhendés. Et pour cause, l'armée qui tient la rue de par son mode de transport urbain dans cette ville, vient d'être au coeur d'un bain de sang. Une activité dont toutes les tentatives d'organisation depuis son avènement au début des années 90, ont toutes globalement échouées. Au point de lasser croire à la faille de l'autorité de l'Etat. En revisitant les
différents textes pris, il se lit que leur application aurait pu mettre de l'ordre dans cette troupe de plus en plus sans foi ni loi.
Trois morts, des dizaines de motos incendiées de nombreuses maisons et boutiques brûlées et vandalisées, la ville de Douala coupée en deux, la population plongée dans la peur et l'horreur, la ville paralysée... Le chapelet des conséquences liées aux émeutes qui ont secouées la ville de Douala pendant cinq jours est loin d'être égrainé. A l'origine de cette émeute, l'assassinat d'Eugène Moni, un jeune du quartier Deido poignardé mortellement par deux individus à bord d'une moto. Les présumées assassins qui ont pris la fuite n'ont pu être identifiées. La moto à bord de laquelle les deux hommes ont opéré n'ayant aucun élément pouvant permettre son identification. Conséquence, on a assisté pendant cinq jours à un affrontement entre «Deido boys» et conducteurs de mototaxis. Des dérapages que visait pourtant à éviter le décret rendu par le Premier ministre (Pm), le 31 décembre 2008. Le présent décret «fixe les conditions et les modalités d'exploitation à titre onéreux des motocycles appelés «mototaxi» affectés au transport public des personnes dans les zones périphériques et rurales». Le décret signé par Inoni Ephraim alors Pm fixait également les conditions d'exploitation des mototaxi. L'article 4 stipule que l'accès à la profession de moto taxi est subordonnée à «l'obtention d'une licence spéciale de transport de catégorie S2 et d'une carte de transport public routier ; l'inscription au registre des transporteurs par moto; la détention d'un certificat de visite technique en cours de validité; la détention d'une police d'assurance en cours de validité délivrée par une compagnie d'assurance agréée; l'acquittement du droit de timbre automobile (vignette); l'acquittement de l'impôt libératoire».
L'article 13 poursuit. «Toute mototaxi doit disposer des équipements et accessoires ci après : un réservoir de carburant peint en jaune; un siège à deux places y compris celle du conducteur; deux paires de pose pied, deux rétroviseurs; un dispositif complet d'éclairage et de signalisation; un dispositif de freinage fonctionnel; un avertisseur sonore, un casque pour le conducteur; un casque pour le passager; un pare-choc avant et arrière». Blocus Ntonè Ntonè sera plus précis. «L'application de ce décret reste encore un long processus. Aucun changement n'est possible tant que les problèmes de signalisation, de parking, de délimitation des rues ne sont pas résolus. Avant de délimiter leurs zones de circulation, il faut s'assurer que les autres zones seront couvertes par d'autres modes alternatifs de transport». Du coté des conducteurs de mototaxi, l'on se plaint de ce que l'entrée en vigueur de cette mesure va entrainer la réduction des recettes. D'où la réticence à appliquer ce décret. Pourtant, la date du 1er juillet 2009 arrêtée par le préfet comme date d'application du décret ne sera pas respectée. Les contrôles systématiques de police annoncés le 21 juin 2010 par le préfet n'a pas porté ses fruits. Et depuis lors, plus rien. Jusqu'à ce que surviennent les émeutes de Deido. |






