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| Hospitalisation au Cameroun : La facture rend malade |
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| Écrit par Mutations |
| Mercredi, 11 Janvier 2012 10:05 |
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Des ex-patients sont séquestrés ou utilisés comme main d'oeuvre pour frais médicaux impayés.
Le 11 juin 2011, Victorine Nké, 14 ans, crée l'évènement au carrefour Mvog-Mbi à Yaoundé. Maman de triplés dont un garçon, l'adolescente sollicite l'aide du couple présidentiel pour la survie de ses rejetons. L'accouchement de Victorine Nké à l'hôpital de la Caisse à ruiné ses proches. Après deux mois d'hospitalisation suite à un accouchement prématuré et difficile, la jeune fille est invitée à solder une facture d'un million de Fcfa à l'hôpital de la Caisse sis au quartier Essos. Le père des triplés, un jeune élève de 19 ans, n'a pas pointé son nez depuis la tombée de la facture. Sous la pression de l'hôpital, la famille du géniteur des triplés parvient à réunir 800.000 Fcfa. Et le reste alors ? Après sollicitation, la ministre des Affaires sociales, Catherine Bakang Mbock, retire Victorine et ses triplés des griffes de la direction de l'hôpital de la Caisse. Une faveur dont ne bénéficie pas tous les patients dont la facture s'est allongée à mesure des prescriptions des médecins. «Très souvent, tu entres à l'hôpital pour un mal de cheveu, tu en ressors avec un mal de crâne», déclare une victime, pince sans rire. Florence O. se souvient ainsi d'avoir été témoin d'une expérience similaire durant son hospitalisation à l'hôpital Laquintinie à Douala. «Flore Moussinga a été admise à Laquintinie pour un accouchement, raconte Florence. Finalement, elle accouché par césarienne et les médecins l'ont gardée pour une semaine, le temps que la blessure se cicatrise.» Insolvables A l'hôpital central de Yaoundé, un séjour en chambre individuelle équivaut à payer 12.000 Fcfa par jour. A l'hôpital de la Caisse, la caution est de 20.000 Fcfa avant de prétendre retrouver la salle d'accouchement. «Il faut également penser à la nutrition, carnet de santé, entre autres dépenses», assure Roger Tchouakeu. Et lorsque s'amoncellent les frais médicaux, qu'advient-il aux insolvables ? «Pour les patients qui ne peuvent solder leur dette, nous avons une cellule d'action sociale qui s'assure du fait qu'ils sont vraiment indigents», renseigne Jean Abada Ayong, responsable de la communication de l'hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (Hgoy). «Après une enquête fouillée, le patient indigent peut bénéficier d'une remise du directeur général de l'hôpital ou d'un moratoire», rajoute-t-il. La procédure est quelque peu semblable à la Fondation Chantal Biya, se souvient un proche d'un ancien patient de cet établissement hospitalier. «Un de mes proches y a séjourné pour un abcès à la tête. Il a bénéficié de soins médicaux dont la facture s'élevait à 60.000 Fcfa. Dans l'impossibilité de solder sa dette, il s'est dirigé vers le service de l'action sociale», raconte Valérie K. «Mais on lui a demandé de documents personnels qu'il n'a pas pu présenter étant un enfant de la rue. L'hôpital l'a par la suite soumis aux tâches ménagères en guise d'indemnisation. Il a été tenté de fuir, avant que je ne paye sa facture», affirme la jeune femme. Il faut ainsi compter sur la providence, notamment sur un potentiel bienfaiteur pour que la santé se paye cash. Dans un article de l'agence de presse Syfia, on apprend par ailleurs que les patients insolvables en République démocratique du Congo y héritent d'un curieux surnom. Ils se font appelés «démob», un diminutif du mot «démobilisés». Ces ex-malades, selon Syfia, «sont contraints de rester dans l'hôpital, de céder leurs biens de valeur ou de travailler dans les champs de l'établissement pour payer les soins». «Ce sont pour la plupart des femmes qui viennent d'accoucher, surtout celles qui ont subi une césarienne qui sont ainsi enfermées avec leurs bébés», conclut Syfia. |






