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| Le chef Bangou ne veut pas mourir: La dépouille de Paul Bernard Kemayou flotte en surface depuis 26 ans |
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| Écrit par Africavoxcameroun |
| Mardi, 10 Janvier 2012 19:59 |
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A la veille des années 60, plusieurs villages camerounais n’ont pas pu échapper aux attaques des maquisards, initiateurs d’une résistance farouche contre le pouvoir légué par le colon. Ainsi, la contestation atteint Bangou et quelques groupements voisins dans la zone des Hauts-Plateaux à l’Ouest-Cameroun, tels que Bamendjou, Bandenkop et Baham. Les contestataires y trouvent un champ fertile, favorisé par l’adhésion des tenants du pouvoir traditionnel à l’idée d’une indépendance totale. Un choix qui se fait au détriment du parti au pouvoir à l’époque, l’Union camerounaise (Uc), dirigé par Ahmadou Ahidjo. De successions en successions Les chefs traditionnels, étant plus ou moins d’accord avec les revendications, ont deux choix à faire : soit prendre le chemin de l’exil, soit rallier le camp gouvernemental. Sa majesté Paul Bernard Kemayou opte pour la première solution. Il atterrit en Chine, avant de se retrouver en Guinée Conakry. La chefferie Bangou est incendiée par des maquisards. La cour du roi est donc déserte. Pas de reine, de prince ou de princesse, encore moins de notable : la crise s’installe. En 1967, l’autorité administrative locale signe un arrêté destituant S.M Kemayou. Il faut alors mettre fin aux vacances observées sur le trône à Bangou. Des consultations sont organisées afin de trouver un successeur au roi en exil. On n’ira pas chercher loin, puisque Christophe Djomo, fils de Charles Sinkam (l’oncle de Paul Bernard Kemayou), accède au trône, au terme d’une concertation entre des notables. La décision est validée par l’autorité administrative. Mais le règne de Christophe Djomo ne dure que douze ans. Il décède en 1979. La succession est une fois de plus ouverte. Vint Marcel Tayo, qui y est depuis 32 ans. Le 6 novembre 1982, le pouvoir politique change de main au Cameroun. Paul Biya succède à Ahmadou Ahidjo et demande aux exilés de retourner au pays, afin de contribuer à la construction nationale. Depuis la Guinée, Paul Bernard Kemayou ne réagit pas à cet appel. Le temps passe, et, sans que l’on sache pourquoi, il en veut au nouveau chef de l’Etat. En 1985, Paul Bernard Kemayou meurt sans avoir été réhabilité sur son trône. Profanation Au début des années 90, on parle davantage du rapatriement de ses restes. Inhumer Paul Bernard Kemayou à Bangou signifierait la recherche d’un héritier parmi ses enfants. Cela provoquerait la destitution de Marcel Tayo, considéré par certains comme un usurpateur grâce aux manœuvres de l’administration publique. Des tentatives d’inhumation se succèdent, avec un affrontement parfois violent entre les pro-Kemayou d’un côté, l’administration territoriale et Marcel Tayo de l’autre. La bataille s’installe. Le 11 mai 1995, le rituel d’inhumation de Sa Majesté Kemayou tourne au spectacle. Le cercueil est enlevé par des prisonniers accompagnés des forces du maintien de l’ordre, car l’autorité administrative croit en la fidélité de Sa Majesté Tayo. Ils l’ouvrent et l’inspectent. On parle désormais de profanation de corps. Pour la justice, ce cercueil était vide. Aujourd’hui, Marcel Tayo propose à ses frères et cousins, qui lui en veulent, de se rapprocher pour trouver une solution. Surtout qu’il pense qu’en région bamiléké, il n’est pas aisé de vivre sans savoir où est-ce qu’on a gardé les crânes de ses parents !
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Paul Bernard Kemayou, le 12ème de la dynastie, est décédé en 1985 en Guinée Conakry. Son village ne lui a toujours pas rendu hommage, en organisant des obsèques dignes de ce nom.