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| Douala : Affrontement sanglant à Déïdo |
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| Écrit par Le Messager |
| Mardi, 03 Janvier 2012 08:22 |
En représailles à l’assassinat de l’un des leurs, les jeunes de Déïdo ont décidé d’interdire la circulation des mototaxis dans ce canton le 31 décembre 2011. Au final, de nombreuses motos incendiées, des blessés graves et trois morts sur le carreau.«Une Saint Sylvestre noire». C’est en ces termes que s’est exclamée une autorité de la ville de Douala le 31 décembre 2011 à Déïdo plage à Douala. En ce jour traditionnellement dédié aux réjouissances populaires, les populations de ce canton sont sorties dans la rue, en représailles à l’assassinat de Monney Eric, un jeune du canton. De sources concordantes affirment qu’il a succombé à des coups de poignard, alors qu’il revenait d’une virée nocturne en compagnie de sa petite amie. Son frère cadet raconte que «l’incident est survenu aux environs de 4 heures 30. Sous insistance de sa petite amie qui se sentait fatiguée, mon frère a laissé les autres gars du quartier dans le snack-bar où il se trouvait non loin du rond point Déïdo.» Selon Manfred Monney, le défunt Monney Eric, âgé de 37 ans, aurait toqué sur le portail de la concession familiale, non loin du carrefour Eyenguè à « Déïdo plage », sans succès.
Des sources diverses, qui s’inspirent de la version de la nommée Francine, petite amie du défunt, laissent entendre que le jeune couple se serait résolu à retourner au Snack-bar. «Ils se trouvaient au (carrefour Eyenguè, ndlr) quand une moto a garé.» Henri, un riverain, précise que «le passager de la moto est descendu et a demandé à la copine de Eric de donner tous ce qu’elle avait ». La même source indique qu’après avoir dépouillé la victime, son bourreau lui aurait intimé l’ordre de partir en courant. Resté sur les lieux, le défunt Eric Monney engagera un échange vif avec son agresseur. «Mon frère a réussi à maîtriser l’agresseur qu’il a d’ailleurs mis au sol.» C’est en ce moment, précise notre source, que «le conducteur de la moto est descendu pour asséner le coup de poignard fatal à Eric Monney ». Des sources ayant requis l’anonymat affirment que «c’est en ce moment que Popo (surnom de la compagne de Monney Eric) est repartie au snack pour alerter les autres jeunes du quartier.» Resté sur le carreau pendant quelques minutes, Monney Eric aurait alors pris l’initiative d’aller s’enquérir de la situation de sa compagne à quelques dizaines de mètres du lieu de l’agression. Selon un habitant de la maison «nous avons entendu des coups à la porte et un bruit de chute.» Après quelques moments d’hésitation, un habitant de la maison ouvrira la porte pour découvrir le corps de Monney Eric baignant dans le sang. Une découverte qui provoquera la furie de tous les habitants du quartier aux premières heures de ce matin du 31 janvier 2011. Chasse aux «benskineurs» Rond point Déïdo, il est 8 heures 30, des groupes de jeunes occupent les différentes entrées du quartier interdisant toute circulation aux conducteurs de mototaxis à destination des différents quartiers du canton. A l’endroit des passants et autres passagers des véhicules, eux autorisés à circuler, le message est clair : «Allez dire aux autorités que les benskineurs ne vont plus rouler à Déïdo.» Plus d’une heure plus tard, au « carrefour Déïdo plage », d’autres groupes de jeunes s’activent à interdire la circulation des mototaxis dans les artères du canton. Un cortège s’immobilise. Le sous-préfet de l’arrondissement de Douala 1er, Ekoa Mbarga Jean-Marc, le maire de Douala 1er, Lengué Malapa, le député Jean-Jacques Ekindi, ainsi qu’un notable (Nestor Ekaboma) «dépêché par le chef supérieur Déïdo, (absent du canton)», se rapprochent d’un groupe de jeunes. Des invectives seront lancées à l’endroit du maire. La tension sera atténuée par l’envoyé du chef qui, prenant la parole, précisera d’entrée de jeu que «je vous transmets le message de compassion de la chefferie.» Nestor Ekaboma dira aussi que «nous comprenons votre décision d’interdire les mototaxis dans le canton Déïdo, ne serait-ce que pour cette journée parce que Déïdo reste malgré tout un village et nous ne pouvons accepter que ce genre de chose commence à se produire ici.» S’ensuivra une ovation des populations. Pour sa part, le sous-préfet de Douala 1er transmetra les condoléances de l’Etat aux populations de Déïdo. Tout en appelant au calme et à la raison dans la circonscription, Ekoa Mbarga invitera les conducteurs de mototaxis à surseoir à leur activité dans la zone de Déïdo «le temps que les esprits se calment». Un avis partagé par le président des jeunes de Déïdo et représentant du chef supérieur auprès des jeunes. Toutefois, précise Charly Manga Esso, «il faut remarquer que, selon les témoignages que nous avons à la chefferie, ça n’était pas une moto personnelle. C’est pour cela que nous voulons voir plus clair dans cette affaire» Affrontement tribal Adjoint au maire de l’arrondissement de Douala 1er et parent du défunt, Monney Mbédi Henri appelle les populations au calme, mais reconnaît que «si les Déïdo sont dans la rue, c’est normal.» Cette autorité administrative et politique explique par le fait qu’ «ils ont perdu un frère ». Au sujet de son absence, Monney Mbedi explique que « je suis à la fois parent du défunt et autorité politique dans cette circonscription. Si je ne me présente pas devant eux, les gens risquent de se saisir de cela pour faire plus de désordre. Ce que nous ne souhaitons pas» malgré la forte présence des forces de maintien de l’ordre ici. Jusqu’au matin du 1er janvier 2012, le quartier Déïdo a vécu au rythme des casses et autres violences meurtrières. Au total, une quinzaine de motos brûlées ; une vingtaine selon d’autres sources et deux conducteurs de mototaxis tués lors des violences. Au final, l’assassinat du jeune Eric Monney aura provoqué des tensions entre jeunes du canton Déïdo et les conducteurs de mototaxis étiquetés comme étant de la région de l’Ouest.
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En représailles à l’assassinat de l’un des leurs, les jeunes de Déïdo ont décidé d’interdire la circulation des mototaxis dans ce canton le 31 décembre 2011. Au final, de nombreuses motos incendiées, des blessés graves et trois morts sur le carreau.