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| Discours de fin d’année: Paul Biya disserte sur le vague |
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| Écrit par Le Messager |
| Mardi, 03 Janvier 2012 07:56 |
Alors qu'on s'attendait à du concret sur les mesures à prendre pour mettre en route la politique « Des grandes réalisations » qui a soutenu sa campagne électorale, le chef de l'Etat a plutôt eu le temps de dessiner des probabilités.Décidément, Paul Biya continue de faire de la paix et de la stabilité du Cameroun un impressionnant outil de « chantage politique ». C'est en tout cas le sens de cette phrase que l'on retrouve juste à l'introduction de son message à la nation du 31 décembre 2011, lorsqu'il est revenu sur l'élection présidentielle du 9 octobre dernier. «Vous avez fait le choix de la stabilité et de la paix, apportant ainsi la preuve de votre intelligence de la situation et de votre sens de responsabilités». Autrement dit, si le 9 octobre dernier, le peuple camerounais avait choisi un autre homme que lui, pour diriger le Cameroun, peut-être que le pays serait à feu et à sang en ce moment.... Le chef de l'Etat a aussi rejeté toutes les critiques qui ont été formulées, aussi bien sur le plan national qu'international sur la crédibilité du scrutin du 9 octobre 2011 qui a vu sa réélection pour un autre mandat de sept ans, après près de 30 ans de pouvoir. Paul Biya a promis, comme à son habitude un processus électoral meilleur. «Quoi que certains aient pu en dire, ce scrutin a été honnête et a traduit la volonté de la majorité de notre peuple, lequel – je le souligne – n'a pas suivi les appels à protester dans la rue. Je saisis cette occasion pour réaffirmer que les dysfonctionnements qui ont été constatés et qui, de toute façon, n'étaient pas de nature à remettre en cause les résultats de la consultation, seront corrigés avant les prochaines échéances électorales. » Juste des constats Par la suite, le chef de l'Etat va scruter les causes des mauvaises performances économiques du Cameroun. «Je pense que dans le passé l'action gouvernementale a souffert d'un déficit d'esprit d'entreprise et que l'administration a péché par immobilisme ». Une fois de plus la corruption est identifiée par Paul Biya comme l'un des grands ennemis de la relance économique. «Elle est non seulement coupable de prélever une part importante de la fortune publique, mais également responsable du retard dans la réalisation des projets indispensables au redressement économique de notre pays. » Alors comment combattre efficacement cette principale faiblesse de son régime et qui semble devenue une vertu cardinale pour la plupart des cadres du Renouveau ? Réponse de Paul Biya : « J'ai dit à plusieurs reprises que nous continuerons sans relâche le combat contre ce fléau. La création du Tribunal criminel spécial dont on peut attendre une accélération des procédures en cours et, on peut l'espérer, le reversement des sommes détournées, illustre notre détermination en la matière. » La vieille rangaine Comme à son habitude toujours, Paul Biya mets sur le dos de la communauté internationale les causes des difficultés à pouvoir relancer l'économie de son pays. Comme si les simples citoyens, nombreux ceux-ci anéantis par les dures conditions de vie pouvaient le comprendre et l'appréhender, le chef de l'Etat cite ainsi comme l'une des causes de la non croissance économique tant espérée par les Camerounais, « la lenteur des progrès des négociations qui se poursuivent au sein d'instances comme la G8, le G20 et l'Omc... » Mais Paul Biya pense alors que « nous devrons de plus en plus compter sur nos propres efforts, nous inspirer de l'expérience des pays émergents ». Aussi propose-t-il de faire de la relance économique « une véritable cause nationale ». En écoutant le chef de l'Etat parler de la relance économique comme « une véritable cause nationale », on s'attend logiquement à ce qu'il dise à ses concitoyens comment il va s'y prendre pour installer dans les institutions camerounaises une telle notion. Paul Biya reste encore absolument indéterminé : « Tous les acteurs de notre économie devraient se mobiliser, avec l'aide des pouvoirs publics, pour que leurs efforts convergent vers un seul et unique objectif : faire décoller le Cameroun, comme l'ont fait il y a une trentaine d'années les nouveaux « dragons » asiatiques. Ce « patriotisme » économique pourrait rassembler toutes les forces vives du pays. En disant cela, je pense en particulier aux femmes camerounaises dont le dynamisme est unanimement reconnu, mais aussi aux jeunes générations qui ont du mal, en dépit de leurs compétences, à se hisser aux postes de responsabilité ». Au final, dans son message de fin d'année et voeux de nouvel an 2012, le président a surfé sur des probabilités. Alors que, au lendemain de sa réélection, les camerounais attendent qu'il définisse avec la plus grande efficacité un programme concret de « la politique des Grandes réalisations », Paul Biya revient plutôt sur la notion de « nouvelle dynamique », structuré quelques mois avant, lors du dernier congrès ordinaire du Rdpc, et qui était en fait perçu comme un état d'esprit à inculquer aux militants de son parti. Personne n'a pourtant oublié que Paul Biya a dit que « dès janvier 2012, le Cameroun sera transformé en un vaste chantier.. » En se contentant dans son message de vœux de nouvel an 2012 d'évoquer les atouts bien connus du Cameroun aussi bien sur le plan physique que naturel, ou encore en rappelant aux Camerounais et davantage à son gouvernement, de faire du Document de Stratégie pour la Croissance et l'Emploi la feuille de route essentielle, Paul Biya ne dit rien de nouveau. Jean François CHANNON |






Alors qu'on s'attendait à du concret sur les mesures à prendre pour mettre en route la politique « Des grandes réalisations » qui a soutenu sa campagne électorale, le chef de l'Etat a plutôt eu le temps de dessiner des probabilités.