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L'ouverture sur le Cameroun::La Cobac passe, les établissements de microfinance trépassent | Economie

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La Cobac passe, les établissements de microfinance trépassent PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Messager   
Mercredi, 21 Décembre 2011 23:47

Trois administrateurs provisoires se sont succédés à la tête de la Cofinest de fin 2007 à février 2011. Mais ils n’ont pas trouvé de solution de relance d’une machine qui était pourtant seulement à "l’arrêt vidange". Le 14 décembre 2007, la Cobac met la Cofinest sous administration provisoire et désigne M. Calvin Bikoko aux fonctions d’administrateur provisoire. Cette grave décision survient à la suite des manquements observés dans la gestion du directeur général de Cofinest par des missions de contrôles de la Cobac et d’une audition disciplinaire du président du conseil d’administration M. Michel Zuko et du directeur général, M. Michel Kamdem. Il est reproché à ces
deux responsables une série de manquements :

-          Le portefeuille de crédits de cet Emf est compromis à hauteur de 59% et  les dirigeants n’ont pas procédé depuis plusieurs années aux dotations aux provisions sur lesdites créances
-          Les crédits aux actionnaires, administrateurs et au personnel atteignent des montants excessifs de 2,4 Mds et ont été accordés de manière laxiste.
-          La situation financière est critique que cet établissement n’est ni rentable ni solvable du fait du poids important des charges sous-évaluées depuis plusieurs années et de l’ampleur du portefeuille de crédits improductifs
-          Les organes de décision de l’établissement sont inefficaces et laissent le directeur général sans contrôle et sans deuxième dirigeant, en violation de la règlementation.
Pour expliquer ces griefs, MM Zuko et Kamdem reconnaissent avoir commis un certain nombre d’erreurs et sollicitent la clémence de la Cobac eu égard à la jeunesse de Cofinest Sa et demandent à ce titre qu’il leur soit accordé un certain délai pour les corriger. Ils ne sont pas entendus. Alors que la commission bancaire dispose d’une palette de sanctions disciplinaires comprenant l’avertissement, le blâme, l’interdiction d’effectuer certaines opérations ou l’exercice de certaines activités, la suspension ou la démission d’office du directeur ou du gérant, elle choisit la plus sévère, le retrait d’agrément du directeur général et la mise de la Cofinest sous administration provisoire. Tous les connaisseurs du secteur estiment aujourd’hui que cette décision lourde de menace, était inappropriée parce qu’elle touchait une entreprise dont les fondamentaux restaient sains en dépit de tout, et de surcroit les reproches faites à Cofinest étaient communes à tous les établissements de microfinance en raison de la supervision lacunaire de la Cobac. A l’annonce de la mise sous administration provisoire et du retrait d’agrément du directeur général, les épargnants s’étaient rués aux guichets de l’institution et en trois semaines, on a assisté au retrait de quelque 3 milliards de Fcfa en espèces. Et dès lors, les rumeurs ont commencé à courir sur la fermeture très prochaine de l’institution.
Recapitalisation de l’entreprise
Au moment de son installation, l’administrateur provisoire M. Calvin Bikoko avait trouvé 13 milliards de Fcfa dans la trésorerie. Après avoir fait l’état des lieux, il avait mis en œuvre un plan de restructuration, auquel avaient adhéré les actionnaires en souscrivant au processus de recapitalisation, à savoir deux milliards de Fcfa en trois ans et le quart, soit cinq cent millions de Fcfa pendant la première année, suivant les dispositions de l’Ohada. Ils ont fait mieux en libérant de suite la somme d’un milliard cent trente millions de Fcfa. Ils ont aussi trouvé un partenaire technique, Afriland First Bank qui s’était engagé à apporter trois milliards de Fcfa. A la suite de ce processus de recapitalisation, l’administrateur provisoire a convoqué une assemblée générale mixte le 16 octobre 2009, pour mettre un terme à l’administration provisoire et procéder à la désignation d’une nouvelle direction générale à Cofinest S.a. Le 3 décembre 2009, alors que les actionnaires et le partenaire technique attendaient la reprise en main de leur entreprise, ils ont été surpris de voir la Cobac nommer un autre administrateur provisoire en la personne de M. Guy Bertrand Kamdem. Un actionnaire qui a souscrit pour 550 millions de Fcfa dans le cadre de la recapitalisation. De son passage à la tête de Cofinest, son plus haut fait d’armes est d’avoir réussi à se faire rembourser par lui-même (en tant que dirigeant de la structure), son apport au capital d’une valeur d’un demi-milliard de Fcfa. Voilà un cas typique de délit d’initié ou d’abus de position dominante. Le 7 Janvier 2010, moins d’un mois seulement après sa nomination, et à l’insu des autres souscripteurs, M. Guy Bertrand Kamdem  pourtant administrateur provisoire et actionnaire a engagé une démarche auprès du Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo. Il a fait croire aux magistrats à l’annulation de la recapitalisation et demandé de recouvrer sa souscription à la recapitalisation ouverte à Nfc Bank. Le 29 mars 2010, il obtint une ordonnance portant désignation d’un mandataire  devant récupérer les fonds mis dans le compte de recapitalisation de Cofinest pour les  distribuer à tous les souscripteurs. Jusqu’à ce jour, alors qu’elle a effectivement récupéré cet argent, Me Evineba, désignée mandataire détient encore une importante partie de cette somme parce qu’elle ne connaît pas les autres souscripteurs en dehors de M. Guy Bertrand Kamdem à qui elle a rétrocédé sa souscription sans retirer ses honoraires.
D’après une note d’information des actionnaires protestataires, «des missions et procédures disciplinaires de la Cobac démontrent les fautes lourdes des deux premiers administrateurs provisoires, notamment des distractions d’importantes sommes d’argent, la création sur la base de Cofinest d’une  autre micro finance dénommée Africet  S.a.  Un projet piloté par les deux premiers administrateurs provisoires.  Le 19 juillet 2010, bien que les commissaires d’enquêtes et séances de travail avec le secrétaire général de la Cobac ont prouvé les actes douteux des administrateurs provisoires, contre toute attente, la Cobac désigne M. François Xavier Zinga comme administrateur provisoire.  Son acte de nomination ne comporte aucune précision sur ses attributions et la durée de son mandat ». Il exerce cette attribution jusqu’au 19 février 2011, soit pendant sept mois. Le même 19 juillet 2010, le même F. Xavier Zinga est nommé liquidateur bancaire dans la même décision qui retire l’agrément de Cofinest. Une décision qui sera dissimulée
 

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