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| Voici comment la mort de Cofinest est survenue |
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| Écrit par Le Messager |
| Mercredi, 21 Décembre 2011 23:47 |
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Il y a dix mois, le fleuron des établissements de microfinance du Cameroun a fermé les portes de ses 27 agences à travers le pays. Même placée sous administration provisoire depuis 2007, Cofinest Sa restait la référence. Et pour cause ! Même s’il enregistrait dans ses livres seulement 76763 clients, dans la réalité ceux-ci se comptaient par millions, les 3/4 de ceux qui lui avaient fait confiance étant des associations, des Pme et d’autres structures organisées. Cofinest damait le pion aux grandes banques assurant les opérations de transfert d’argent au titre de Western Union. A un moment donné, il a contrôlé jusqu’à 45% des parts du marché camerounais du géant américain.
C’est aussi Cofinest qui a imposé le dimanche comme jour ordinaire de travail aux autres institutions financières. Cofinest a fait œuvre de pionnier en ouvrant des guichets dans des stations-service. C’est ce joyau qu’on a sciemment assassiné, en lui brisant les ailes, sans lui laisser aucune chance de se relever. On dira certes que c’est la faute de ses dirigeants historiques qui ont pris quelques libertés avec les règles de gestion. Mais pourquoi les avoir éliminés du circuit comme des malpropres, sans leur donner la possibilité de se racheter ? Les administrateurs provisoires et autres liquidateurs bancaire et judiciaire nommés pour les remplacer ont fait pire.
De toute façon, on ne pouvait pas en attendre mieux : ils étaient, ils sont toujours en mission commandée pour porter la dernière estocade à la bête. Qui sont les commanditaires de cette mise à mort ! La Cobac qui, au lieu d’accompagner les acteurs d’un secteur naissant, ne sait que prononcer des sanctions faciles à prendre, sans tenir compte des réalités sociologiques du peuple camerounais. Mais le ministre des Finances, l’autorité monétaire, s’est révélé encore plus coupable, en laissant appliquer, sans sourciller, des décisions initiées par la Cobac, des avis conformes qui en temps normal auraient dû revêtir sa signature, pour avoir force de loi. Le retrait d’agrément de la Société coopérative d’épargne et de crédit de microfinancement du Cameroun (Coopemif ) en qualité d’établissement de microfinance fait bien l’objet de l’arrêté du 25 octobre 2010 signé par le ministre des Finances Essimi Menye, et visé le 14 du même mois par les services du Premier ministre. Mais dans le cas de Cofinest, c’est fortuitement que ses actionnaires vont apprendre que leur établissement est hors la loi sur simple décision de la Cobac. Dieu seul sait si dans ce pays, le gouvernement a tendu une main secourable à des institutions financières en difficulté ! La fermeture/ restructuration de près de 12 banques entre 1990 et1999 a coûté aux contribuables camerounais la somme de 700 milliards de Fcfa destinés à sauver ces banques pour la plupart étrangères ! Depuis l’Etat de droit a décidément foutu le camp. Le dossier que Le Messager ouvre sur le drame de Cofinest par une analyse fine et non partisane des faits et des documents, étale «des atteintes volontaires à la loi, des abus, des faux, des arnaques, des manipulations et des distractions des fonds d’autrui perpétrés avec une désinvolture inqualifiable par des personnes investies de l’autorité publique contre les intérêts des citoyens ordinaires et des opérateurs économiques ». Il n’y a aucun doute. Le nouveau ministre des Finances a hérité de son prédécesseur une patate chaude dont il faudra qu’il se débarrasse très vite. Sa capacité à régler cette douloureuse question comptera dans les lauriers que le public et les médias vont lui tresser…s’il le mérite !
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