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L'ouverture sur le Cameroun::Banque agricole du Cameroun: Entre inquiétude et espoir | Economie

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Banque agricole du Cameroun: Entre inquiétude et espoir PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mutations   
Mercredi, 21 Décembre 2011 17:39

Banque agricole du Cameroun: Entre inquiétude et espoir Il faut bien se souvenir des espoirs placés, au milieu des années 80, en la Banque agricole du Cameroun pour mieux apprécier la déception qui a résulté de sa banqueroute, et du départ précipité des partenaires allemands dans cette opération, pourtant réputés pour leur rigueur et leur sérieux. Mise sur pied pour aider au décollage et à la modernisation du monde rural, cette banque avait finalement aidé quelques barons du régime et des grosses familles à faire des emprunts fantaisistes en milliards de francs Cfa, qui n’avaient rien à voir avec des projets agricoles, et surtout qui ne furent pas remboursés. Dans ce contexte, on parla alors beaucoup, à l’époque, de la famille de Gilbert Andze
Tsoungui (de regrettée mémoire) et les révélations faites alors dans ce même journal nous valurent l’ire du «duc de Nkolondom» qui se matérialisa plus tard par une interdiction pure et simple du journal, interdiction certes annulée par une décision de justice. Il faut également rappeler que ces assemblées générales constitutives, simple hasard ou troublante coïncidence, sont intervenues au lendemain d’une une marche avortée des paysans, qui a été réprimée par les forces de l'ordre camerounaises.

On peut donc comprendre les appréhensions des uns et le scepticisme des autres à l’annonce de la création d’une nouvelle banque agricole, et surtout au lendemain des assemblées générales constitutives des deux établissements financiers cités plus haut : la banque agricole du Cameroun, baptisée Carfic (Cameroon Rural Finance Corporation) et la banque des petites et moyennes entreprises du Cameroun. Appréhensions et scepticisme que Essimi Menye tenta de balayer en indiquant que «pour assurer une bonne gestion de ces établissements et éviter de tomber dans les travers connus par le passé par les établissements de crédit à capitaux publics, les statuts ont été adoptés et prévoient des dispositions pour permettre à ces structures d’être bien gérées et de produire les effets attendues par la population».
A ces doutes s’ajoutent désormais l’attente et le questionnement. Attente parce que, six mois après les Assemblées générales constitutives et malgré quelques informations données sous anonymat par des cadres du ministère des Finances, le dossier ne semble pas avoir bougé. Comme d’habitude, la bureaucratie et l’inertie ont choisi de se hâter lentement et à ce jour, sans aucune communication officielle, bien malin est celui qui indiquerait une date de démarrage effectif des activités.

Quand bien même les activités seront lancées, ce qui est l’un des tout premiers challenges de Essimi Menye, il faudra rassurer tous ceux qui ont encore plusieurs questions sur l’opérationnalité effective de cette nouvelle institution bancaire, dans un environnement où le boom du secteur de la microfinace a permis à quelques agriculteurs de trouver des financements. Questions sur le regard que va porter notre éternel gendarme financier, le Fonds monétaire international (Fmi), logiquement inquiet de ce retour de l’Etat dans le secteur bancaire, avec les risques de dérives constatées par le passé.
En attendant donc que cette banque voit effectivement le jour, l’espoir réside dans cette réflexion de l’ingénieur financier Babissakana : «Dans les cas où l'Etat va impulser la création des banques comme la banque agricole et où il sera dans la posture d'entrepreneur, rien ne garantit en effet que les dérives qui ont conduit à la crise de 1990 se reproduisent. Heureusement quand même, il y a un régulateur sous régional, la Cobac, qui a élaboré des ratios prudentiels de prise de risques. Dès qu'un opérateur, que ce soit l'Etat ou n'importe qui les enfreint, ce régulateur tire la sonnette d'alarme. Mais ce qu'il faut de façon définitive, c'est de relever la fonction d'administrateur de banques. Donc, l'Etat doit apprendre à gérer».

 

 

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