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L'ouverture sur le Cameroun::Samuel Eto’o suspendu: Un couteau à double tranchant | Football

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La Constitution camerounaise

La Constitution de la Republique du Cameroun
Samuel Eto’o suspendu: Un couteau à double tranchant PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Messager   
Lundi, 19 Décembre 2011 23:13

Samuel Eto’o suspendu: Un couteau à double tranchantLa fédération camerounaise de football est dans la tourmente. De mémoire de journaliste et de féru de sport, jamais fédération sportive ne s’est trouvée au centre d’un tumulte aussi affligeant.
Il eut certes qu’en 1970, le football camerounais fut plus ou moins secoué par la tentative de détribalisation engagée par un certain Michel Njiensi, ministre de la Jeunesse et des Sports d’alors, mais l’autorité politique qui se rendit compte de l’inopportunité de son action ne trouva d’autre forme de procès que de l’abandonner. Et le fait que son initiative n’ait pas rencontré l’adhésion populaire, le ministre Njiensi
sera tout simplement révoqué par le président Ahidjo. Dès lors, le football camerounais apparaîtra comme un long fleuve tranquille, au sein d’une fédération ayant elle-même fière allure et se posant de plus en plus comme une institution de valeur et digne de considération aux yeux du public sportif. On se situe dans les années 70-80.

Enormes fissures
Le départ de la Fécafoot en 1988 pour la Caf de Issa Hayatou (le jeune dernier) a-t-il enclenché la déchéance de la Fécafoot ? On pourrait répondre par l’affirmative, au vu de la réputation et de l’image que traîne aujourd’hui l’instance faîtière du football camerounais. L’édifice est menacé d’effondrement et « l’affaire Eto’o » pourrait bien être la fissure de trop qui conduirait, inéluctablement, à cet effondrement. Au fil des ans, la Fédération camerounaise de football a cessé d’être cet endroit contenant des valeurs réelles qui rendent l’homme meilleur, plus apte à prendre conscience et à jouer son rôle de citoyen responsable dans la société, pour se transformer en une sorte de caverne avec des gens qui essaiment plutôt notre football. La dernière randonnée de l’équipe nationale au Maroc a achevé de dévoiler, s’il en était encore besoin, le fait que des individus dont l’amour pour le football est sujet à caution, en ont fait la vache à traire à tout prix. L’on est davantage préoccupé des frais de mission que des résultats probants.

Fuite en avant
On s’accapare des chambres au détriment souvent des joueurs qui doivent nicher deux si ce n’est trois par chambre. Et comme si ça ne suffisait pas, on distrait les primes de ces derniers qui doivent plutôt réclamer ce qui leur revient de droit. Samuel Eto’o, il y a quelques mois de cela, s’était fendu d’une déclaration qui avait résonné, tel un coup de tonnerre, sous le ciel du football de chez nous. « Je paie moi-même mon billet d’avion quand je viens jouer. Je n’ai jamais eu mes primes ». Emoi partout ; à la Fécafoot et au ministère. L’enquête ordonnée pour savoir dans quelles poches se sont fondues les primes du capitaine est demeurée sans suite. Désabusés, sans doute par la manœuvre récurrente dont ils sont l’objet, les joueurs se sont résolus à crever l’abcès, à mettre le doigt dans la  plaie. D’un commun accord, Samuel Eto’o et ses coéquipiers ont déclaré forfait au match d’Algérie. Ces derniers auraient-ils voulu exprimer leur ras-le-bol qu’ils n’auraient pas réagi autrement. Auraient-ils voulu attirer une fois pour toutes l’attention de la plus haute hiérarchie de la République sur cette question qui commence à trop durer, qu’ils n’auraient pas procédé autrement.
S’étant pratiquement retrouvés dos au mur, les responsables de la Fécafoot, aveuglés par l’appât du gain et comme pris de panique, ont voulu faire diversion. En prenant une décision aussi farfelue ( 15 matches de suspension), ces derniers qui pourtant sont à l’origine de la situation, veulent se disculper en jetant l’anathème sur le capitaine des Lions Indomptables.
Qu’adviendrait-il si à la suite d’une  décision aussi impopulaire qu’incongrue l’ensemble de l’équipe, solidaire de son capitaine, décidait que la sanction devrait concerner aussi chaque élément de l’équipe ? Qu’adviendrait-il si la firme Puma, sponsor des Lions Indomptables et dont Samuel Eto’o est l’égérie, se retirait du fait de la suspension du capitaine des Lions Indomptables. Qu’adviendrait-il si, face à une situation aussi confuse qui traduit, à n’en point douter, une gestion à l’emporte-pièce, l’Etat trouvait la nécessité de dissoudre une Fécafoot dont la réputation aujourd’hui n’est pas sans mettre à mal la crédibilité du football camerounais, afin de rebâtir une fédération nouvelle dépouillée de toutes carences et tares ? En prenant une décision falote, qui cache mal une certaine rancœur pour des raisons imaginables, la chambre de discipline de la Fécafoot semble tenir un couteau à double tranchant.

Cas Isolés
Tout compte fait, une sanction comme celle dont Samuel Eto’o a été l’objet, on n’en connaît pas beaucoup dans l’histoire du football mondial. Qui plus est à l’encontre d’un joueur de haute valeur.
Joseph Antoine Bell pour avoir déclaré que l’équipe du Cameroun ne prendrait pas moins de 4 buts lors du match d’ouverture contre l’Argentine du Mondial 1990 en Italie et « incitation à la rébellion », est suspendu de la compétition et devra son séjour en Italie que grâce à ses coéquipiers qui durent supplier le ministre Joseph Fofé de ne pas le renvoyer au pays.
Paul Bahoken est radié des Lions Indomptables après un match livré et gagné à Abidjan (Côte d’Ivoire) pour avoir eu l’outre-cuidance de dire au médecin de l’équipe qu’il aurait d’abord dû s’occuper des cas de joueurs blessés avant d’aller faire ses emplettes. On est en 1984.
Simon Tchobang (feu) est radié des Lions Indomptables en 1986 pour des raisons de primes
Cantona (France) est suspendu de l’Equipe tricolore pour inconduite vis-à-vis de l’arbitre.
Samuel Eto’o vient compléter le tableau de ces sanctions on ne peut plus spectaculaires.
 

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