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| Recadrage : Les universités camerounaises soignent leur tenue |
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| Écrit par Mutations |
| Lundi, 19 Décembre 2011 16:06 |
Une note signée de certains recteurs imposent aux étudiants de se vêtir correctement.Adepte des tenues qui attirent l’attention, Marcelle ne se préoccupait jamais du regard des autres, encore moins celui du vigile de l’université de Yaoundé 1 où elle est inscrite. Ce vendredi, cette étudiante en deuxième année de Lettres Bilingues a cours à 7h30 à l’amphi 300 de l’université de Yaoundé I, à Ngoa-EKelle. Il est 7h20 lorsqu’elle franchit le portail rouillé de l’université. Elle est de suite interpellée par les vigiles qui y sont postés. «Mademoiselle ce n’est pas une tenue appropriée pour aller faire cours». Ne faisant pas attention, elle continue de marcher. «Ce n’est pas une blague, vous ne pouvez pas entrer dans cette tenue. C’est interdit. Allez- vous changer» lui dit un vigile, lequel lui barre la route. Surprise et stupéfaite, Marcelle n’a d’autre choix que de rebrousser chemin. Mais elle ne compte pas rentrer chez elle, elle semble décidée à aller suivre les enseignements. Elle remonte dans un taxi qui la dépose au «château» où se trouve l’entrée principale de l’université. Là aussi, elle est interpellée par un vigile. «Mademoiselle vous ne pouvez pas entrer. Désolé!» lui annonce ce dernier. Lisez la note, lui suggère-il en lui indiquant l’extérieur du campus.
Décolletés Ladite note est une lettre circulaire signée de Dorothy Njeuma, ancien recteur de l’université de Yaoundé 1 (l’actuel recteur est Oumarou Bouba). Après un rapide coup d’œil dessus, Marcelle comprend pourquoi l’accès du campus lui est refusé. Elle est en effet vêtue d’une robe moulante, qui fait découvrir ses cuisses. Comme elle, depuis deux semaines, des étudiantes se sont vues refuser l’entrée de l’université à cause de leur tenue jugée dépravante. Visiblement très attentifs, des vigiles pistent collants, jupes et robes à mi-cuisses, ou vêtements au décolleté plongeant. Selon les précisions de la note du recteur, ces «tenues ultra-moulantes, vêtements très courts ou beaucoup trop décolletés […] ternissent l’image de marque de l’université […] et donnent la fâcheuse impression que le campus est envahi par des vagues déferlantes de prostituées en lieu et place des vrais étudiants». Dans cette lutte contre ceux qui « nuisent à l’image de marque universitaire», le campus de Yaoundé II, à Soa n’est pas en reste. «Police Campus» y fait respecter les instructions du rectorat. Les étudiants estiment que ces mesures restrictives ne servent à rien, étant donné que l’université a des portes d’entrée qui ne sont pas sécurisées par «campus police.» «Ce sont des foutaises !», estime une étudiante qui a requis l’anonymat. «C’est en 2011 qu’ils viennent appliquer une lettre signée en 2008 ?! Dorothy Njeuma n’est plus notre recteur depuis longtemps!», se plaint cette dernière. En effet, la note signée en 2008 ne prend effet que depuis quelques semaines et elle est signée d’un ancien recteur. Une source proche du rectorat de l’université de Yaoundé I affirme que cet intérêt soudain pour la tenue vestimentaire, découle de la rencontre des recteurs des écoles supérieures d’Etat qui s’est tenue jeudi 28 juillet dans la salle des actes de l’université de Soa, à Yaoundé.
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Une note signée de certains recteurs imposent aux étudiants de se vêtir correctement.